Câbles et branchements d'un ordinateur dans un data center. - © Frank van Biemen / EvoSwitch / Greenpeace

Climat

Quels sont les dangers de l’intelligence artificielle ?

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Disclaimer : les technologies liées aux IA évoluent très rapidement. Cette page sera mise à jour dans la mesure de nos moyens pour partager des informations les plus récentes possibles. Dernière mise à jour : octobre 2026.

L’intelligence artificielle (IA) est partout dans nos vies. Pourtant, l’ardoise est salée lorsqu’on fait le compte de tous les coûts environnementaux et sociaux que son utilisation fait reposer sur la planète et ses habitant·es. Concrètement, quels sont les dangers de l’intelligence artificielle ?

Les coûts cachés de l’entraînement de l’IA

Quel est l’impact environnemental de l’entraînement des données ?

Pour répondre aux requêtes des utilisateurs, les modèles d’IA génératives nécessitent d’être “entraînés”. On parle de “machine learning” : il s’agit de fournir des données à un algorithme afin qu’il puisse effectuer les calculs nécessaires pour formuler des prédictions. Pour optimiser la précision des IA,  des volumes de données massifs sont nécessaires. Ce qui entraîne une consommation énergétique gigantesque.

Si peu d’entreprises leaders de l’IA font preuve de transparence sur l’impact environnemental de leurs activités, le français Mistral a choisi de communiquer sur le coût énergétique de ses modèles. Ainsi, 86 % de l’impact carbone de l’entraînement de Mistral Large 2 est lié à l’électricité nécessaire à cette phase. L’entreprise l’évalue à 20,4 kilotonnes équivalent CO2 (ktCO2e),  comme si vous faisiez 3375 trajets en avion autour de la terre, ou que vous conduisiez 95 millions de kilomètres en voiture.

L’entraînement nécessite également beaucoup d’eau, indispensable pour refroidir les supercalculateurs qui produisent énormément de chaleur lors de leurs opérations. Mistral AI évalue sa consommation à 281 000 m3 d’eau rien que pour cette phase (soit l’équivalent de plus de 8 millions de douches de 5 minutes !). En sachant que même après leur lancement, les modèles continuent d’apprendre, et donc de consommer de l’énergie :  après dix-huit mois d’utilisation, l’entraînement représentait toujours 95 % des émissions de Large 2.

Quels sont les impacts culturels, sociaux et sociétaux de l’entraînement de l’IA ?

En plus des impacts environnementaux générés par l’entraînement de l’IA, perfectionner les algorithmes présente d’autres enjeux : 

  • Des biais sont largement documentés, selon les sélections effectuées lors de la collecte des données d’entraînement. En effet, il est impossible de fournir aux algorithmes l’intégralité des données existantes dans le monde ! Discriminations, racisme, invisibilisation, sexisme, la liste est longue !
  • Les robots qui parcourent le web pour fournir des données aux algorithmes ne se soucient pas de respecter la propriété intellectuelle des images, textes ou autres contenus. Pire, une entreprise comme Amazon a été prise la main dans le sac : pour scanner des livres anciens, elle les détruit sans état d’âme. Seules les grosses structures comme les grands médias ou des organismes comme Wikimedia sont en mesure de négocier des licences pour percevoir une rétribution en échange de leurs données.
  • De plus en plus d’applications ou de sites utilisent vos données pour entraîner leurs IA, et il est parfois difficile de le savoir. Pour assurer la confidentialité de vos données, la CNIL a publié ce guide.
  • Des humains restent indispensables pour permettre aux modèles d’IA de se perfectionner toujours plus, et leurs conditions de travail désastreuses font souvent l’objet d’enquêtes journalistiques inquiétantes. Des témoignages qui nous viennent d’Inde ou de Madagascar rapportent une terrible précarité et des conditions de travail indécentes.

Quel est l’impact environnemental de l’IA ?

Quel est l’impact environnemental des puces IA ?

Les puces IA sont en réalité des semi-conducteurs, des composants électroniques qui exécutent la quantité immense de calculs nécessaire à l’entraînement et à la génération de contenus des IA. Elles effectuent ces calculs plus rapidement que les puces classiques qui se trouvent dans les machines à laver ou les ordinateurs personnels par exemple. Les géants de l’IA ne peuvent pas se passer de ces puces électroniques : depuis 2024, ils en ont acheté plus de 3,6 millions rien que chez Nvidia, le leader de la conception de puces IA.

Pour fonctionner, ces puces ont besoin de composants très précis. Leur production nécessite de l’eau ultra pure, de l’électricité, du gaz, des produits chimiques très spécifiques et des matières premières stratégiques comme le silicium, ou le cuivre. Aujourd’hui dans le monde, très peu d’usines sont capables de fabriquer  les puces IA les plus performantes et les plus prisées du secteur (en Corée du Sud, à Taïwan et au Japon), et elles appartiennent toutes à l’entreprise taïwanaise TSMC.
Un rapport de Greenpeace Asie de l’Est a révélé que les émissions liées à la fabrication de ces puces ont été multipliées par 4,5 entre 2023 et 2024. À Taïwan par exemple, 85% de la production d’électricité provient des énergies fossiles, 58% en Corée du Sud.  Greenpeace Asie de l’Est estime que la demande mondiale d’électricité pour la fabrication de puces d’IA pourrait être multipliée par 170 entre d’ici à 2030.

Quel est l’impact environnemental des data centers ?

L’IA nous semble immatérielle, alors qu’en réalité, elle repose sur des infrastructures et du matériel qui abusent des ressources, accaparent les terres et bouleversent la vie des populations locales. Alors que l’un des arguments favoris du secteur consiste à dire que l’IA générative peut être justifiée par de vagues avantages climatiques futurs, la réalité montre une autre facette. Un rapport de février 2026 a révélé que 74 % des affirmations du secteur concernant les avantages climatiques de l’IA n’étaient pas prouvées et qu’aucun cas de réduction significative, vérifiable et substantielle des émissions n’avait été identifié pour les systèmes d’IA générative destinés aux consommateurs, tels que ChatGPT, Gemini ou Copilot.

En réalité, pour fonctionner, l’IA a notamment besoin de puces et de grands centres de données (data centers), toujours en plus grand nombre. Ces centres nécessitent une grande quantité de ressources : par exemple, un ordinateur de 2 kg requiert 800 kg de matières premières. Ils produisent aussi beaucoup de déchets électroniques, souvent bourrés de produits chimiques polluants, comme le plomb ou le mercure, et nécessitent de l’eau et de l’électricité pour fonctionner. Des études démontrent également que l’essor de l’IA fait décoller les besoins en uranium, avec de plus en plus de pays qui se tournent vers l’industrie nucléaire pour fournir de l’électricité à des data centers toujours plus gourmands.

Vue d'un data center derrière un grillage.

Data center à Hardin, au Montana en 2023. © Janie Osborne / Greenpeace

En réalisant des calculs complexes très rapidement, les serveurs des data centers dégagent de la chaleur qui nécessite de grandes quantités d’eau pour être refroidis. En 2023, 560 milliards de litres d’eau ont servi à refroidir les data centers dans le monde (l’équivalent de la consommation annuelle moyenne de plus de 10 millions de foyers français), et au vu du boom qu’a connu l’IA depuis, on peut penser que cette consommation a explosé. Alors même que souvent, ces bâtiments sont implantés dans des zones où la tension hydrique est déjà très forte.
Selon un rapport de Greenpeace Allemagne publié en 2025, les besoins en électricité, en eau, en matières premières, ainsi que les émissions de CO2 de l’IA augmentent de façon exponentielle, et, si on ne fait rien, la demande en électricité des centres de données dédiés à l’IA pourrait être multipliée par 11 d’ici à 2030. Rien qu’au Royaume-Uni en 2026, il y a 315 centres de données qui sont en attente de raccordement au réseau électrique britannique, ce qui doublerait  la demande énergétique maximale en hiver pour l’ensemble du territoire.

Pour répondre à ces besoins en énergie toujours plus grands, les entreprises de l’IA se tournent massivement vers les énergies fossiles. À l’été 2026, alors que les températures s’envolent, que les incendies se sont déchaînés partout dans le monde et que les sécheresses augmentent, Amazon travaille sur son projet de construction de la plus grande centrale à gaz jamais mise en service aux États-Unis, qui deviendrait la principale source d’émission de gaz à effet de serre du pays. 

Aux États-Unis, il y a ainsi actuellement 74 projets de centrales à gaz, dont 71 nouvelles centrales et trois extensions. Cinq seraient connectées directement aux data centers. Les centrales dédiées aux data centers pourraient produire 143 gigawatts par an, autant que pour fournir de l’électricité à l’État de Californie pendant un an. Ces centrales pourraient aussi émettre 662 millions de tonnes de gaz à effet de serre, l’équivalent de 140 millions de voitures et de camions qui rouleraient pendant un an, ou des émissions annuelles d’un pays comme l’Australie.

En France, Emmanuel Macron a fait plusieurs annonces pour favoriser l’implantation de data centers partout sur le territoire, misant sur nos centrales nucléaires pour fournir de l’électricité moins polluante à ces nouvelles infrastructures. Au-delà de la France, l’industrie nucléaire intéresse de très près les grandes entreprises de l’IA pour répondre aux besoins toujours croissants en électricité, malgré tous les dangers que le nucléaire fait peser sur nos vies et notre futur.

Quel est l’impact environnemental des requêtes IA ?

Poser la question de l’impact environnemental d’une requête IA déplace également le problème sur le consommateur. Alors même que parfois, nous utilisons l’IA sans le savoir tant cette technologie est de plus en plus intégrée aux outils que nous utilisons au quotidien.

Une requête IA (“prompt” en anglais) consiste en la rédaction d’une instruction à une intelligence artificielle générative. Il est aujourd’hui difficile de répondre précisément à la question de l’impact environnemental de ces prompts. Les grandes entreprises manquent encore très souvent de transparence sur ces données. La plupart du temps, vous trouverez leur déclaration sur  la quantité d’eau nécessaire pour refroidir leurs terminaux uniquement pour les requêtes, parfois la consommation électrique d’une requête. Mais la plupart de leurs communications ne mentionnent pas la consommation énergétique ou la pollution liées à la production des puces IA ou à l’entraînement des données, à l’installation et l’utilisation des data centers, et encore plus rarement les impacts de l’installation et de l’entretien des câbles sous-marins nécessaires au bon fonctionnement de l’IA.

Une étude, menée conjointement par Mistral AI et Carbon 4 en 2025 indiquait par exemple que l’entraînement des données et l’utilisation des serveurs génèrent 85,5% des émissions de gaz à effet de serre émises sur l’intégralité du cycle de vie de l’IA, et consomment 91% de la quantité d’eau totale utilisée à toutes les étapes du cycle de vie de l’IA. La fabrication et la gestion de la fin de vie des super ordinateurs (et de tous leurs composants) représentent 61% de la consommation de matières premières. Ainsi, les efforts individuels qui consistent à  “rédiger un prompt efficace et clair” ou à “ne pas remercier ChatGPT” pour économiser de l’eau et de l’électricité ne sont pas inutiles, mais pour être efficace à grande échelle, ce sont des changements systémiques dont nous avons besoin.

IA : les profits avant la planète ?

Les profits des entreprises de la “Big Tech”

De la conception des puces IA par Nvidia aux outils IA grands publics d’Open AI (ChatGPT), Google (Gemini), Microsoft (Copilot) Anthropic (Claude), X (Grok), MistralAI, Meta ou encore Amazon, l’histoire est souvent la même. La priorité, ce sont les profits, et ce, quoi qu’il en coûte.

Recours massif aux industries fossiles, accaparement des terres avec des data centers toujours plus grands, consommation d’eau gigantesque au détriment de la biodiversité et des populations locales, explosion de la consommation d’électricité, implication dans des conflits armés comme en Ukraine, à Gaza ou en Iran, rien ne fait reculer les “Big Tech”, du moment que ça leur rapporte. Aujourd’hui, les cinq hommes les plus riches du monde investissent tous massivement dans l’IA. Et un rapport de l’agence Knight Frank estime que d’ici 2031, le nombre d’ultra-riches devrait bondir d’au moins 25% grâce aux profits réalisés par cette technologie.

En 2025, Amazon a par exemple réalisé plus de 77 milliards de dollars de bénéfices, ce qui ne l’a pas empêché de supprimer environ 30 000 emplois et d’investir dans le projet d’une centrale à gaz qui deviendrait la première source d’émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis. Tout en promettant que l’IA répondra aux défis du changement climatique.

Tout aujourd’hui démontre pourtant que les grandes entreprises de l’IA font le choix des énergies fossiles, principales responsables de la crise climatique, entraînant toujours plus de pollution.

Un rapport de Greenpeace Asie de l’Est a également épinglé Nvidia, le leader de la conception de puces IA, comme bon dernier de la classe en matière de décarbonation. Plutôt que d’investir dans les énergies renouvelables, l’entreprise préfère engranger un chiffre d’affaires de 215,9 milliards de dollars pour 2025, en hausse de 65 % par rapport à l’année précédente.

IA : les profits des entreprises des énergies fossiles

Ces dernières années, l’intelligence artificielle est devenue un outil puissant pour les entreprises du secteur pétrolier et gazier, leur permettant de localiser de nouveaux gisements, de forer plus rapidement et d’augmenter la production des gisements existants.

Une étude estime que l’utilisation d’outils d’IA pourrait permettre aux multinationales fossiles de récupérer jusqu’à plus de 1000 milliards de barils supplémentaires de pétrole dans des gisements déjà existants. En 2024, Goldman Sachs identifiait que l’IA pouvait également diminuer les coûts de forage à environ 30 % en dix ans. Cette technologie permet aux majors pétro-gazières d’exploiter des ressources jugées jusque-là non rentables.

Concrètement, les entreprises de l’IA comme Microsoft mettent régulièrement leurs outils IA et leurs équipes au service de l’industrie des énergies fossiles afin de leur permettre d’extraire toujours plus de pétrole, de gaz ou de charbon. Dès 2019, Exxon a signé un contrat avec Microsoft pour augmenter sa production journalière de 50 000 barils de pétrole. Microsoft a ainsi mis à disposition d’Exxon des ingénieurs et des commerciaux totalement dédiés à l’industrie fossile.

En septembre 2026, c’est au tour de TotalEnergies et Mistral AI d’annoncer un partenariat pour une durée de trois ans “afin d’accompagner les experts en géosciences de TotalEnergies dans l’exploration, la caractérisation et le développement des réservoirs de pétrole et de gaz”.

L’IA menace-t-elle nos libertés ?

La question de l’IA dépasse largement les débats purement technologiques. À mesure que les gouvernements intègrent l’IA dans leurs missions et multiplient les partenariats avec les entreprises leaders du secteur, il devient indispensable de définir collectivement ce qu’elle peut faire. Et surtout ce qu’elle ne doit jamais pouvoir faire, alors que l’IA est déjà utilisée par les gouvernements pour analyser des quantités considérables de données, améliorer le renseignement (notamment en contribuant à la surveillance de masse) et la cybersécurité ou encore contribuer à des opérations militaires.

Or les IA se trompent souvent, peuvent produire des informations fausses ou reproduire les biais présents dans les jeux de données qui ont servi à leur apprentissage. En septembre 2026, CNN a dévoilé qu’un rapport produit par une IA avait manqué de mener à l’arraisonnement, par la marine américaine, d’un bateau chinois qui naviguait au large du Moyen-Orient. La note indiquant que sa cargaison était liée à un programme d’armes nucléaires s’est révélée fausse, et sans intervention humaine, elle aurait pu déclencher une guerre.

Encore plus concret, l’IA est désormais utilisée à grande échelle dans les conflits armés. La guerre en Ukraine voit les armées russes et ukrainiennes utiliser des drones autonomes “dopés à l’IA”. En juillet, un drone russe piloté par IA a ainsi tué trois Ukrainiens sur le site d’une station-service.

Sans règles claires, contrôle indépendant et transparence, l’IA risque de renforcer la concentration du pouvoir et détruire nos vies au lieu de servir l’intérêt général.

En Argentine, selon Amnesty International, le gouvernement de Javier Milei a considérablement investi dans des outils IA de surveillance d’Internet (en particulier les réseaux sociaux), de reconnaissance faciale et de surveillance aérienne (dont des drones et des stations de contrôle au sol) depuis 2024. Le rapport d’Amnesty International montre que ces outils ciblent les opposants politiques, les militant·es, les journalistes ou les personnes migrantes, décrivant une population argentine “soumise à une surveillance généralisée, tant dans l’espace physique que dans l’espace numérique, avec des conséquences dévastatrices.”

Aucun cadre législatif protecteur n’est pour le moment au rendez-vous, entre les États qui utilisent de plus en plus des outils IA, et les grandes entreprises numériques qui agissent activement pour empêcher toute réglementation de leurs activités. Aux États-Unis, l’ONG Public Citizen a révélé que des dirigeants, entreprises et investisseurs du numérique ont dépensé depuis 2025 au moins 1,1 milliard de dollars en activités de lobbying, contributions aux campagnes électorales et dons à des structures qui lèvent des fonds pour peser sur des élections, ou des textes de lois qui leur seraient défavorables. Sam Altman, le fondateur d’Open AI, a lui fait un don personnel de 1 million de dollars au comité d’investiture de Trump, juste après sa réélection en 2024, imité par Mark Zuckerberg (Meta) et Jeff Bezos (Amazon), au nom de leurs sociétés.

Lors de la campagne présidentielle américaine de 2024, des informations erronées ont été produites par l’agent conversationnel Grok sur X (propriété d’Elon Musk), sur les dates limites de vote et l’éligibilité des candidats. À l’approche d’élections cruciales, il ne s’agit pas d’un simple bug. C’est un risque démocratique majeur, amplifié par les plateformes détenues par des milliardaires … comme Elon Musk, qui a été nommé au gouvernement de Donald Trump quelques mois plus tard.

La collusion entre les milliardaires qui détiennent les grandes entreprises IA et le gouvernement américain ne s’arrête pas là. En avril 2025, L’ICE, le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis, a signé un partenariat de 30 millions de dollars avec Palantir Technologies, entreprise américaine qui collabore avec plusieurs services de renseignements dans le monde (dont la DGSI en France). L’objectif : améliorer la surveillance des populations à l’aide d’une “plateforme de suivi des expulsions ou des dépassements de visa d’immigrés clandestins”.

Plus près de nous, au Parlement européen, les grandes entreprises de l’IA sont partout. Fin 2025, il y a avait 890 lobbyistes des géants du numérique américain pour 720 eurodéputé·es. Depuis les élections européennes de 2024, leur budget a augmenté de 33 %, passant de 113 à 151 millions d’euros d’après le travail de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO). Leur objectif est simple : détricoter les piliers législatifs européens pour leur garantir toujours plus de profits. Et ça fonctionne : le texte Digital Omnibus présenté en 2025 affiche un “chevauchement important” avec les argumentaires des lobbyistes du numérique. En mars 2026, plus de soixante institutions européennes indépendantes chargées de promouvoir l’égalité et de protéger les droits humains dans plus de quarante États européens (dont la France, représentée par le Défenseur des droits et la CNCDH), ont alerté sur l’impact négatif de plusieurs dispositions du Digital Omnibus.

Contre l’alliance entre milliardaires, pollueurs et ultra-conservateurs

La résistance citoyenne face à l’IA

Partout dans le monde, la contestation face à l’IA est étroitement liée aux territoires et au quotidien des populations locales. Dans différents pays comme les États-Unis, l’Écosse, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Espagne ou la France, les oppositions à la construction ou l’expansion des data centers augmentent. Les populations locales, où qu’elles soient dans le monde, ne sont pas tant opposées à la technologie, mais plutôt préoccupées par les mêmes problèmes : 

  • accaparement et artificialisation des terres, 
  • pollution sonore qui vient perturber la vie des humain·es et de la faune locale, 
  • pression sur les réseaux d’approvisionnement en eau, 
  • surcharge des réseaux électriques locaux et hausse des prix de l’électricité,
  • hausse des déchets électroniques,
  • opacité des décisions.

Aux États-Unis, qui concentre la majorité des entreprises leaders de l’IA, la lanceuse d’alerte Erin Brokovich, bien connue pour son travail dénonçant la contamination de l’eau à Hinkley (Californie) a mis en ligne une carte collaborative qui permet de visualiser tous les lieux où les habitant·es ont exprimé des préoccupations concernant l’existence ou l’installation de data centers.
Une des principales préoccupations des populations locales est la hausse de leur facture d’électricité. Une étude a montré qu’alors que la consommation des data centers a bondi en flèche ces dernières années, leur facture a en moyenne baissé entre 2024 et 2026. Pourtant, entre 2020 et 2024, le prix de l’électricité pour les foyers américains a augmenté de 25 %.

Carte des data centers aux USA. Sur fond gris, des points rouges indiquent les data centers.

Intelligence artificielle : carte des data centers aux USA sur le site https://www.brockovichdatacenter.com/

Intelligence artificielle : comment agir ?

À l’échelle individuelle :

Avez-vous entendu parler du mouvement de boycott « QuitGPT » ? Aujourd’hui, plus de 4 millions d’utilisateurs déclarent refuser d’utiliser ChatGPT. QuitGPT a été lancé suite à l’accord conclu entre OpenAI et le ministère américain de la Défense, juste avant les premiers bombardements en Iran, fin février 2026.

À l’échelle collective :

En 2026, l’État français liste 65 sites “identifiés comme adaptés à l’implantation de centres de données”. Partout sur le territoire, des citoyens et des citoyennes s’organisent pour lutter contre ces projets de data centers.

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Ces mobilisations ne sont pas des initiatives marginales. Ce sont les signes évidents d’une réaction citoyenne face à un modèle injuste qui fait reposer sur les épaules des populations locales les coûts environnementaux et humains d’une industrie qui se contente d’en engranger les bénéfices.

Greenpeace veut-elle interdire l’IA ?

Pour Greenpeace, un avenir différent est possible, qui implique une technologie au service du bien commun, dans une société où les outils numériques seraient conçus avant tout pour répondre à de réels besoins sociaux et écologiques, et non pour renforcer le contrôle des milliardaires,  générer des profits injustes ou détruire des emplois. Une société où l’IA ne serait pas considérée comme une solution automatique, mais utilisée uniquement lorsque cela est justifié et ne nécessite pas davantage de ressources que des alternatives plus simples.

L’IA serait alimentée à 100 % par des énergies renouvelables, qui sont bien plus rapides à déployer que des centrales nucléaires ou fossiles. Les entreprises de l’IA communiqueraient l’intégralité de leur consommation en énergies et en eau, et feraient preuve de transparence sur l’intégralité de leur chaîne d’approvisionnement. L’IA serait conçue démocratiquement et l’innovation ferait l’objet d’un cadre législatif adapté. L’IA serait développée en concertation avec les populations locales, sans qu’elles n’aient à voir leurs factures d’électricité augmenter, ni s’inquiéter pour leur consommation d’eau, redouter tout type de pollution ou d’atteinte à l’environnement et à la biodiversité.

Cela impliquerait également de mettre en place des formes d’IA souveraine, où les données et les modèles ne seraient pas simplement transférés vers des clouds d’entreprises lointaines, mais resteraient soumis à un contrôle démocratique local, à une traçabilité claire, à des garanties strictes en matière de vie privée et à des garde-fous solides. L’accès serait abordable et accessible, sans porter atteinte aux libertés et à la vie privée.

Un autre avenir est possible.

Note : Greenpeace n’utilise pas de contenus générés par IA dans ses communications publiques, et toute utilisation, même limitée, de l’IA doit faire l’objet d’un examen humain rigoureux afin de garantir son exactitude, son impartialité, sa transparence, sa sécurité et sa conformité aux valeurs de Greenpeace, ainsi qu’à limiter son impact environnemental. Nous respectons le travail des artistes, des créateurs de contenus, et leurs droits de propriété intellectuelle. Une charte d’utilisation de l’IA est en cours d’élaboration chez Greenpeace France.