Manifestations, blocage, mobilisations : les pêcheurs artisans organisent la

Océans

La tempête gronde chez les pêcheurs artisans

Manifestations, blocage, mobilisations : les pêcheurs artisans organisent la résistance face aux armements industriels.


De la Méditerranée au Finistère les pêcheurs artisans agissent !

La semaine dernière, ils ont manifesté à Paris et ils se sont fait entendre. Suite à la mobilisation des pêcheurs artisans de Méditerranée, le Ministère délégué aux transports, à la Mer et à la Pêche a décidé de doubler leur part dans le quota national de thon rouge.
Est ce vraiment une bonne nouvelle ? En réalité, le quota attribué aux artisans de Méditerranée passera de 4,5% à 9% du quota total. C’est un premier pas, mais certainement pas assez quand on sait que leurs embarcations représentent 84% de la flotte de la région !

Et en début de semaine, les pêcheurs artisans du Sud Finistère ont entrepris leur propre action de blocage d’un bolincheur (bateau qui utilise une sorte de petite senne), pêchant habituellement la sardine et l’anchois. Les pêcheurs artisans ont organisé cette action car ils reprochent à ces bolincheurs de cibler désormais exclusivement le bar sur leurs zones de pêche. (lien vers )

Les bolincheurs utilisent des filets à sardines, aux mailles très petites, ce qui ne leur permet pas d’être sélectifs, et entraîne de nombreux rejets à la mer. De plus, les bolincheurs peuvent pêcher sans limitation de distance de la côte et se retrouvent sur les mêmes zones que les artisans.

Ces bolincheurs appartiennent à l’armement Dhellemmes, l’un des trois armateurs de chalutage profond en France, déjà en cause dans le dossier d’investigation publié par Greenpeace à l’automne 2011. Avant que Dhellemmes n’arrive sur zone, ce type de bateaux bolincheurs cohabitait avec les pêcheurs artisans, prenant accidentellement du bar en pêchant la sardine ou l’anchois. Mais depuis que Dhellemmes a racheté ces bateaux à des pêcheurs locaux, ils sortent en mer pour pêcher spécifiquement du bar, en plus de leurs sorties nocturnes à la sardine. Et ce, pour maximiser les bénéfices. Au mépris de la ressource en poisson.

L’avenir passe par la petite pêche !

C’est Gwenaël Pennarun, pêcheur artisan de bar à la ligne du Sud Finistère, qui résume le mieux  le besoin de changement : « L’accès à la ressource doit être juste et équitable, et permettre à tous de vivre. Elle ne peut être accaparée par un seul armement, qui défend d’abord ses intérêts financiers. »

Il est plus qu’urgent qu’un travail soit engagé au niveau national pour réformer l’accès aux ressources, et donner toute leur place aux pêcheurs artisans, qui ont les meilleures pratiques, qui veulent pêcher moins mais pêcher mieux.

Un choix s’impose pour savoir quel modèle de pêche souhaite notre gouvernement : une industrie qui vise à tirer le maximum de profit de son activité, ou des filières locales qui créent de l’emploi et respectent la ressource ?





Commentaires (12)

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vincent

Avez vous fait le bilan carbone d'un pecheur artisan et d'un bateau de plus grande taille ? Non parce que personnellement je suis dans la pêche professionnelle et nous avons fait des études objectives sur ce sujet .... Attention les résultats ne sont pas forcement ceux que l'on voudrait .... un petit bateau qui part à la journée pollue énormément en gasoil consommé par kilo de poisson produit .....Il ne s'en sort économiquement que par une vente à très haut prix ce qui revient à défendre l'idée que les produits de la mer seront bientôt réservé à une élite ? Comme a Saint Barth(ile des antilles) où seuls quelques pêcheurs locaux vendent deux ou trois poissons et langoustes aux riches habitants de l'île comme Johnny ... Non les produits de la mer doivent aussi rester accessibles aux populations modestes .... A méditer

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Florian

Pour revenir sur les consommations de carburant : J'ai récemment vu une étude qui montrait que dans le monde (sur la totalité des flottes de pêche) un bateau de pêche artisanale consommait de 2 à 4 fois moins qu'un grand chalut...

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G29

Denis, tu n'as rien compris et ton agressivité et ta colère t'aveuglent (par quoi tant d'excès est il motivé ??...) il n'est pas question d'encourager ou de dénoncer ou de dire qu'il n'y a qu'une "race" qui ait le droit de vivre. Il faut juste constamment s'interroger notamment sur nos propres comportements : quels produits de la mer consomme tu ? peux tu te permettre de n'acheter que du poisson de ligne ? quel poisson mange tes enfants à la cantine ? c'est toute cela que suggérait Vincent je pense Par ailleurs es tu pêcheur de loisir pêchant du bar toi même et sais tu que ces plaisanciers pêchent 50% du bar en France soit environ 250 fois plus que les bolincheurs (!!) ? ne manges tu jamais de sardine pêchée par ces mêmes bolincheurs ? etc... Autant de question pour montrer combien tout cela est complexe ; nous sommes tous schizophrènes en ayant des idées très arrêtées sur des sujets (qu'on connait souvent mal ou peu) et en se comportant différemment voir de façon diamétralement opposée dans notre vie quotidienne. Une fois dit cela il n'est pas question d'encourager la concurrence ultra libérale et sauvage entre les métiers de la pêche (ou ailleurs) c'est une évidence. Sachez quand même que contrairement à ce que beaucoup pensent, les réglementations sont TRES nombreuses dans le secteur de la pêche et que l'activité est en général largement encadrée; il reste beaucoup d'amélioration à apporter mais ce n'est pas la politique radicale consistant à faire disparaître tous ceux qui ne nous plaisent pas qui résoudra les difficultés (on est toujours la cible de qqu'un....). Si les règles existantes étaient bien appliquées cela pourrait sensiblement améliorer les choses sans doute. Il faut se méfier du réflexe, quand les temps sont durs (pour différentes raisons : concurrence entre les métiers, avec la pêche plaisance parfois mais aussi changements climatiques par ex) de désigner un "bouc émissaire" à abattre. Ce vieux réflexe profondément humain a conduit des sociétés au chaos car on trouve toujours une victime expiatoire sur laquelle s'acharner.

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