Le nucléaire est une filière en faillite. C'est la conclusion implacable d'un

Climat

Incidents en série, critiques officielles : la faillite de la filière nucléaire est indéniable

Le nucléaire est une filière en faillite. C’est la conclusion implacable d’un mois d’incidents, de révélations et de rapports officiels. Jamais en l’espace de quelques semaines, tant d’éléments ont prouvé que le nucléaire était une industrie dangereuse, inutile, sans avenir et coûteuse. Ce que Greenpeace répète depuis quarante ans est repris mot pour mot par des institutions officielles.

Que s’est-il passé en un mois ?
Le 6 octobre, Greenpeace publie un rapport commandité à un laboratoire indépendant qui prouve que le Centre de stockage de déchets nucléaires de la Manche est géré de façon catastrophique. Une semaine plus tard, la diffusion sur Arte d’un documentaire sur cette question des déchets nucléaires lance un vaste débat public et permet de révéler ce que Greenpeace a toujours dit. L’industrie nucléaire française exporte, notamment en Russie, des dizaines de milliers de tonnes de déchets nucléaires sans se soucier de ce qu’ils y deviennent.
Le lendemain, 14 octobre, l’Autorité de Sûreté Nucléaire française demande l’arrêt d’opérations de démantèlement d’une usine de fabrication de Mox (un combustible nucléaire). Areva et le Commissariat à l’Energie Atomique ont perdu plusieurs dizaines de kilos de plutonium sur le site en question, à Cadarache ! L’ASN parle d’ « un risque grave et imminent ». Greenpeace dénonce alors l’une des situations les plus graves et les plus critiques que l’on ait pu rencontrer dans une installation nucléaire depuis longtemps.
Le 2 novembre, on apprend qu’un tiers des réacteurs nucléaires est à l’arrêt pour des opérations de maintenance et qu’au moins cinq le sont pour des incidents sérieux. Sachant que l’électricité est fournie à 80% en France par le nucléaire, cela signifie que cet hiver notre pays devra importer de l’électricité et faire face à des coupures de courant selon RTE (le distributeur de l’électricité en France).

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Pire encore, toujours le 2 novembre, c’est le nouveau réacteur EPR qui se retrouve sur la sellette. L’Autorité de Sûreté Nucléaire et ses consœurs britannique et finlandaise émettent des réserves sur les systèmes de sûreté du réacteur. Les trois autorités de sûreté ne demandent rien moins que « d’améliorer la conception initiale de l’EPR » ! Areva doit revoir sa copie depuis le début. Ce que nous avions souligné dès 2007 dans un rapport indépendant devient vérité officielle. Pour mémoire, deux EPR sont actuellement en construction dans le Cotentin et en Finlande (chantiers qui cumulent malfaçons, retards et surcoûts pharaoniques). Un troisième est en projet à Penly, près de Dieppe.

Deux jours après cette annonce, le 4 novembre, l’Autorité de Sûreté Nucléaire française informe qu’un travailleur a été irradié sur le site nucléaire de Flamanville. Selon l’ASN, « cette irradiation accidentelle est due au non-respect de procédures essentielles pour la radioprotection ». Et deux jours plus tard, le 6 novembre, c’est sur le site du Tricastin qu’un nouvel incident a lieu lors du déchargement de barres d’uranium.

Quelle conclusion tirer de cette série d’événements ?
A la lumière de cette série d’événements, une seule conclusion s’impose. A toutes ses étapes, la filière nucléaire a fait la preuve de sa faillite et de sa dangerosité pour l’homme et son environnement :
1/ la conception des futurs réacteurs est à revoir
2/ notre réseau actuel de réacteurs n’est pas capable de nous fournir de l’électricité en quantité suffisante
3/ la gestion des déchets nucléaires relève d’une inconscience criminelle.
Comment dans ces conditions est-il encore possible de défendre la filière nucléaire ?

En conséquence, Greenpeace exige :
– l’arrêt immédiat des deux chantiers EPR et l’annulation du projet EPR de Penly
– un droit d’inventaire sur les matières nucléaires : quantité, localisation et flux
– la mise en place d’un débat démocratique qui n’a jamais eu lieu sur le nucléaire
– un moratoire immédiat sur toutes les exportations de matières nucléaires vers la Russie, au moins le temps que les enquêtes commanditées par Jean-Louis Borloo, ministre de l’Environnement, aboutissent.

Face à tel fiasco du nucléaire, vous pouvez vous mobiliser avec nous !

– En signant l’appel contre l’EPR

– En écrivant à J-L Borloo pour lui demander un moratoire immédiat sur l’exportation de déchets nucléaires





Commentaires (27)

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jlt22

Le démantèlement des centrales nucléaires est un problème que l'on ne sait pas encore résoudre. La mini-centrale de Brennilis dans le Finistère le prouve, voilà bientôt 25 ans qu'elle est en démantèlement, aujourd'hui il est arrêté. Qu'en sera-t-il des grosses centrales et des EPR, nul ne le sait. Alors,l'évaluation des coûts de démantèlement, c'est du pipo. Rien n'est provisionné; ce sont les générations qui ne sont pas encore nées qui paieront la facture.

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guillaume2

@nicolas : bon, je n'ai toujours pas vu vos etudes, vos ACV, ... sur le nucleaire, le demantelement, ... vous dites que certains pays ont deja demantele et c'est ca qui permet de chiffrer les demantelements futurs. encore faudrait-il deja que les installations soient identiques, mais supposons. comment se fait-il alors que la france donne une estimation entre 20 et 40 milliards pour 58 reacteurs, alors que la grande-bretagne prevoit plus de 100 milliards pour 35 ? autre argument : 50-60% de nucleaire en europe. supposons... maintenant, qui sommes-nous pour dire a l'iran, a la coree ou a d'autres pays : non ce n'est pas pour vous ? quel droit avons-nous pour leur laisser profiter de cette energie propre et economique tout en leur garantissant une independance energetique ? (ie ca veut dire aussi sans leur imposer de nous acheter le combustible : sinon adieu l'independance et l'economie)

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jeje

@Nicolas : Je saisis bien votre point de vue par rapport a la dependance au petrole. Sur ce point je ne vous contredirai d'ailleurs pas. Vous avez egalement raison de souligner que la majorite des reserves d'uranium se trouvent, elles, dans des pays stables. Cepandant 50% d'electricite nucleaire dans les pays developpes me parait trop, en regard des dechets dont on ne sait toujours que faire...et dont la gestion n'est pas exemplaire de transparence. Neanmoins, je respecte votre point de vue, et vous remercie de l'avoir expose calmement et moderement (ce qui devient rare de nos jours sur des sujets aussi polemiques que celui-la). Merci pour le debat.

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