Les débuts de Greenpeace : une campagne pour témoigner et s’opposer

Il y a 45 ans démarrait l’aventure Greenpeace

Le 15 septembre 1971, il y a tout juste 45 ans, la première expédition de Greenpeace, pour s’opposer aux essais nucléaires américains en mer, partait du Canada. L’occasion de revenir sur l’importance de l’engagement militant, le chemin parcouru en quelques dates clé et les défis qui nous attendent

Les débuts de Greenpeace : une campagne pour témoigner et s’opposer

Le Phyllis Cormack (aussi appelé le

L’aventure de Greenpeace commence le 15 septembre 1971, quand un groupe de jeunes militants nord-américains embarque à bord d’un navire de fortune pour aller s’opposer à des essais nucléaires américains, au large de l’Alaska. Action symbolique, audacieuse et un peu folle, mais tellement efficace : les images de cette épopée font sensation, et les États-Unis mettent un terme à leurs essais nucléaires sur cette zone peu de temps après.
Greenpeace a démontré qu’un groupe de personnes ordinaires à bord d’une petite embarcation pouvait arrêter une puissance mondiale si le message envoyé était suffisamment fort pour susciter une réaction de protestation de l’opinion. Ce concept de mindbomb (ou « bombe psychologique »), qui permet de changer radicalement notre vision du monde avec des messages ou des images fortes, est toujours une composante de la stratégie de l’organisation.

L’engagement militant pour protéger l’environnement

L’équipage du Phyllis Cormack (aussi appelé le "Greenpeace") à bord du bateau, lors du tout premier voyage. De gauche à droite, de haut en bas: Hunter, Moore, Cummings, Metcalfe, Birmingham, Cormack, Darnell, Simmons, Bohlen, Thurston, Fineberg. © Robert Keziere

Si les premières campagnes de Greenpeace concernent la lutte contre le nucléaire et la protection des océans, l’organisation élargit progressivement son champ d’action. Pollution par les produits toxiques, déforestation, lutte contre les dérèglements climatiques, opposition aux OGM, promotion d’une agriculture écologique,… les enjeux sont multiples et souvent interconnectés, exigeant une expertise et un travail d’enquête toujours plus rigoureux et approfondi.

Depuis 45 ans, Greenpeace existe et agit à partir de l’idée simple et belle selon laquelle des citoyennes et citoyens engagés et réfléchis peuvent changer le monde s’ils agissent ensemble. Aujourd’hui, Greenpeace est un mouvement de 3 300 000 adhérent-e-s dans le monde – dont 170 000 en France -, plus de 35 000 militant-e-s et activistes qui n’hésitent pas à prendre des risques pour dénoncer les atteintes à l’environnement, qui mènent des actions non-violentes contre des projets inutiles et proposent des solutions concrètes pour un avenir durable.

Sans leur détermination, leur conviction et leur passion, jamais l’organisation n’aurait pu décrocher de telles avancées et résultats pour protéger la planète. Ils sont la force et le moteur du changement.

Des valeurs inchangées : non-violence et indépendance

L’équipage du Greenpeace rend visite aux kwakiutl (Kwakwaka’wakw), un peuple amérindien vivant en Colombie-Britannique. © Robert Keziere

Depuis 45 ans, Greenpeace reste animée par les mêmes valeurs fondatrices. La non-violence reste bien évidemment consubstantielle de l’ensemble de nos actions, socle des actions de désobéissance civile quand il faut s’interposer devant des crimes écologiques ou des menaces sur la biodiversité. Ces actions permettent d’interroger des lois injustes ou une absence de réglementation qui sont des freins à la construction d’un avenir durable. Partout dans le monde, il faut défendre la liberté d’expression des militants écologistes mais aussi de l’ensemble des lanceurs d’alerte qui doivent être protégés et non poursuivis ou condamnés alors qu’ils défendent les biens communs.

Notre indépendance financière garantit notre capacité à dénoncer et s’interposer à chaque fois que cela est nécessaire en toute liberté. C’est une valeur phare à laquelle nous sommes profondément attachés. Cette indépendance, nous la devons à la confiance de nos adhérent-e-s qui savent qu’elle est la clé de notre audace et de notre détermination.

Des défis à relever

Le Phyllis Cormack quitte l’île d’Akutan en Alaska et met les voiles vers Amchitka. © Robert Keziere

Changements climatiques, inégalités grandissantes, conflits armés, injustices sociales… Tous les grands défis de notre époque, auxquels nous devons répondre de toute urgence, sont intimement liés – tout comme les îlots de pouvoir qui en sont à l’origine et les mentalités qui s’en accommodent. Les changements climatiques et la perte de biodiversité sont des symptômes d’un déséquilibre fondamental des pouvoirs. Les personnes les plus marginalisées et les plus démunies en sont les premières victimes. Aujourd’hui, nous ne devons pas nous cantonner au traitement des symptômes de la dégradation environnementale, des inégalités et des conflits, mais nous attaquer à leurs causes premières et au système qui les perpétue.

Notre défi pour les prochaines années est de travailler à inverser cette tendance. Nous voulons faire primer le bien-être des citoyennes et citoyens et l’équilibre environnemental, changer les modèles économiques et culturels dominants qui favorisent la destruction de la planète, encouragent la consommation à outrance, tolèrent des inégalités scandaleuses, confortent le profit à court terme plutôt que le bien-être et la durabilité environnementale. Ils transforment les écosystèmes et leurs ressources en marchandises, au détriment des êtres humains, de leur santé et de leur sécurité. Notre avenir en dépend. Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. On vous attend.

En savoir plus

Revoir quelques dates clé de l’histoire du mouvement avec 14 vidéos d’archives des journaux télévisés mises en ligne par l’Institut national de l’audiovisuel

Retrouver les victoires marquantes ici.

Lire la tribune de la co-directrice de Greenpeace International, Bunny MacDiarmid (EN)

Commentaires (4)

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MARCHANDISE

Après lecture sur le site http://alerte-environnement.fr/la-face-cachee-des-ong/la-face-cachee-de-greenpeace/4/ Edifiant. Je suis adhérente depuis de nombreuse années. Je vais y mettre un terme. Je recherche le documentaire The Rainbow Man (1993) et réalisé par le journaliste Magnus Gudmundsson. Qui devrait m'éclairer sur les sommes d'argent et leur utilisation.

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yann

ho oui GP nous à fait rêver. Mais quelle tristesse et quelle honte de voir ce que les dirigeants actuel en ont fait! ____ Le nombre d'anciens dirigeant nationaux de GP et de fondateur de cette ONG qui la critique maintenant est effarent. __ Le plus emblématique de ces fondateurs P.MOORE accuse même GP de crime contre l'humanité pour avoir empêché par ces manipulations et mensonges la mise en route du riz doré. Il estime (P MOORE) que GP par ses minables actions anti PGM à empêcher de sauver des millions d'enfants mort de carence en vitamine A . 113 Prix Nobel (plus de 90% des Nobel en science encore vivants) ont rédigé un courrier adressé à tous les responsables politique, en accusant GP également de crime contre l'humanité pour les même raison que P MOORE. BRAVO AUX NOUVEAU DIRIGEANT qui ont permis a cette ONG de passer du côté des accusés de CRIME CONTRE L HUMANITE avant ces 50 ans! ___ Exemple de témoignages : Pour Jacky Bonnemains, ex-président de Greenpeace France, « Greenpeace est devenu la caricature du nouveau riche. Ils ne savent pas quoi faire de leur argent mais ils le gardent soigneusement. » Pour sa part, Bjorn Oekern déclarait en 1993 que « toute personne imaginant que l’argent de Greenpeace est dépensé pour l’environnement fait fausse route. Ils ne voyagent qu’en classe affaires, mangent dans les meilleurs restaurants et mènent une vie de jet-set écologiste. (…) La principale raison expliquant la priorité accordée aux baleines, c’est que cela rapporte de l’argent. » Néanmoins, le plus gênant vient des révélations de l’ancien comptable de Greenpeace Hollande, Frans Kotte, dans un documentaire intitulé The Rainbow Man (1993) et réalisé par le journaliste Magnus Gudmundsson. Kotte explique que Greenpeace avait plusieurs comptes secrets de quelques dizaines de millions de dollars, alimentés par les différentes campagnes. Selon lui, ces comptes étaient ouverts au nom de sociétés écrans et n’étaient accessibles qu’aux plus hauts responsables de Greenpeace, dont David McTaggart. Or, toujours selon Klotte, cet argent était joué dans diverses opérations de spéculation sur les marchés internationaux. De plus, Kotte révèle que les 20 millions de dollars versés par la France à Greenpeace, suite à l’affaire du Rainbow Warrior, se sont retrouvés sur le compte d’un mystérieux Ecological Challende Fund, dont le gérant était David McTaggart. Ce fait est d’autant plus choquant qu’à l’époque McTaggart n’avait plus officiellement de responsabilités au sein de Greenpeace. Interrogée pourquoi celui-ci contrôlait encore cette somme d’argent, la nouvelle dirigeante de Greenpeace de l’époque répondit simplement : « Parce que nous lui faisons confiance. » __ « Quand je repense à toutes ces années, à tout ce qui s’est passé depuis que nous avons fondé cette organisation, j’ai vraiment l’impression d’avoir créé un monstre, d’être un peu comme le docteur Frankenstein. » Bennett Metcalfe (co-fondateur de Greenpeace) – The Rainbow Man, 1993. _ « Je pense qu’ils se sont engagés dans de nombreux thèmes, dont beaucoup sont critiquables et certains sur lesquels ils sont totalement butés, comme par exemple avec les OGM. Si ils sont tellement inquiets au sujet de la santé humaine, pourquoi ne s’attaquent-ils pas au tabac ? » Patrick Moore (co-fondateur de Greenpeace) – New Scientist, 25/12/1999 _ « C’est un système très fermé qui fonctionne de façon non démocratique et avec beaucoup d’argent. » François Breteau, (ancien dirigeant de Greenpeace France) _ « La seule obligation de résultat de l’organisation est de faire la une des médias de temps en temps. C’est un système très pervers. L’important est de trouver quelques mots magiques qui feront « tilt » dans l’opinion publique. En outre, Greenpeace International décide de tout ce qui se fera en France et l’organisation fait preuve d’un intégrisme inouï. » Philippe Lequenne (président de Greenpeace France de 1988 à 1991) – La Tribune-Desfossé, 03/02/1993 _ « Ils sont pourris jusqu’à l’os. C’est dommage, on aurait pu faire de grandes choses. » « Greenpeace est devenu la caricature du nouveau riche. Ils ne savent pas quoi faire de leur argent mais ils le gardent soigneusement pour eux. » « Je dénonce l’absence de démocratie interne dans Greenpeace. Pour entreprendre la moindre action, les capitaines de ses navires sont obligés d’attendre le feu vert de zozos installés dans un bunker à Amsterdam, qui décident en fonction de je ne sais quel impératif médiatique, politique ou économique. » « Le pouvoir de Greenpeace provient de la complicité des médias qui raffolent d’images avec un peu de pathos et de science. C’est un cocktail parfait. La démagogie exercée à l’échelle mondiale est le meilleur des financiers. » Jacky Bonnemains (président de Greenpeace France jusqu’en 1985) – Le Quotidien de Paris, 13/11/1991 _ Sur l’intervention de Greenpeace dans l’affaire du Clémenceau : « Oui, c’est une cabale. On peut même parler d’un enthousiasme collectif emmené par une bonne bande d’intégristes de l’écologie qui ont réussi à emporter le morceau parce que c’était trop facile. Certes, la marine nationale, complètement empotée, confuse, a commis des erreurs. Mais les écologistes ne savent définitivement pas faire la part entre le mieux et le nul. » Jacky Bonnemains (président de Greenpeace France jusqu’en 1985) – TF1, 16/02/2006 « La façon dont Greenpeace traite les cibles qu’elle a choisies peut clairement être définir comme du fascisme ou du fondamentalisme religieux. Toute personne imaginant que l’argent de Greenpeace est dépensé pour l’environnement fait fausse route. Ils ne voyagent qu’en classe affaires, mangent dans les meilleurs restaurants et mènent une vie de jet-set écologiste. (…) La principale raison expliquant la priorité accordée aux baleines, c’est que cela rapporte de l’argent. » Bjorn Oekern (ancien directeur de Greenpeace Norvège) – Reclaiming paradise, 1993. _ Pour terminer : c’est quoi la différence entre fans et fanatique exactement ? Pas très claire quand on lit certains commentaires de « fans » de GP vis-à-vis des prix Nobel accusant GP de crime contre l’humanité

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paysanne de montmartre

Belle épopée que celle de Greenpeace! Dommage que vous ne soyez pas en "peace" avec l'un des fondateurs, absent de ce billet. Il existe de nombreux moyens d'intervenir, de nombreux moyens d'être non-violent, et un nombre infini de points de vue. C'est aussi ça, la biodiversité... Greenpeace, mieux que quiconque, devrait comprendre ça, je suis déçue.

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