Usine de la Mède : carte blanche du gouvernement à Total sur l’huile de palme

Forêts

Après de nombreuses péripéties, la bioraffinerie Total de la Mède vient de démarrer sa production d’agrocarburants à base d’huile de palme.

Une nouvelle preuve de l’hypocrisie de la France qui prétend porter au niveau international la question du climat. En tout, ce sont 550 000 tonnes d’huile de palme par an que le gouvernement a autorisé Total à utiliser dans son usine, ce qui correspondrait à une hausse de 64% du total de l’huile de palme consommée en France.

Le gouvernement a beau vanter l’exemplarité de la France sur le plan climatique, il a autorisé cette aberration environnementale sur notre territoire”, souligne Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

La Mède : le vrai visage anti-climat du gouvernement

La France a adopté l’année dernière une stratégie contre la déforestation importée, mais augmente massivement ses importations d’huile de palme. Un déni des impacts de la surconsommation d’huile de palme sur les forêts et le climat. La hausse soudaine des importations françaises d’huile de palme aura des conséquences désastreuses dans les pays producteurs, où cette culture est largement responsable de la destruction des forêts tropicales.

Après les élections européennes, Edouard Philippe a placé l’Acte 2 du quinquennat sous le signe de l’accélération écologique. Dans la foulée, le gouvernement introduisait la notion “d’urgence écologique et climatique” dans la loi énergie. Quelques semaines plus tard, il accompagne sans rien dire la mise en service d’un site industriel favorisant les intérêts de Total, et qui va générer une déforestation massive, avec des impacts irréversibles sur le climat et la biodiversité”, poursuit Jean-François Julliard .

Comment le gouvernement peut-il se permettre une telle contradiction entre les discours et les actes ? Pourquoi n’intervient-il pas en urgence pour stopper le désastre en cours ? C’est une nouvelle démonstration de la collusion qui lie Emmanuel Macron aux industriels responsables du changement climatique. Cette République des pollueurs doit être impérativement défaite”.

Une “durabilité” tout sauf certaine

Aujourd’hui, malgré les multiples requêtes de Greenpeace, ni Total ni le gouvernement n’a été en mesure de garantir la durabilité des huiles importées à la Mède. Le premier fournisseur connu de Total à la Mède, Asian Agri, ne respecte pas ses engagements zéro déforestation.

La semaine dernière, Greenpeace France a fait une nouvelle demande de communication d’informations quant à la durabilité des huiles importées auprès du Ministère de la transition écologique et solidaire, mais également auprès du Préfet des Bouches-du-Rhône qui a autorisé la transformation de La Mède en bioraffinerie. En effet, la Préfecture a elle-même émis des exigences impératives quant à la durabilité de l’huile de palme importée grâce à des “critères vérifiables” permettant notamment de s’assurer de l’absence de “déforestation”.

Une procédure judiciaire toujours en cours

Le 5 juillet 2018, les Amis de la Terre, Greenpeace France, France Nature Environnement, FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur, FNE 13 et la Ligue de Protection des Oiseaux PACA ont déposé au tribunal administratif de Marseille un recours contre l’autorisation préfectorale de la raffinerie de Total à La Mède, soulignant que l’étude d’impact de Total, sur la base de laquelle l’État a autorisé le projet, ne mentionnait ni un plan d’approvisionnement détaillé, ni les effets désastreux de l’huile de palme.





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