Système d'autorisation des OGM : les ministres européens de l'environnement donnent un bon signal à confirmer dans les faits

Agriculture

Paris, le 5 décembre 2008 – Malgré les efforts d’un petit groupe de pays pour saboter la discussion, les ministres européens de l’environnement ont envoyé hier un message fort en réclamant une amélioration de l’évaluation des impacts des organismes génétiquement modifiés (OGM). Ce Conseil des ministres marque la fin de six mois de débats sur les OGM initiés par la Présidence française.

« Les Etats membres ont envoyé un signal clair à la Commission européenne en exigeant l’amélioration du processus d’évaluation des impacts à long terme des cultures d’OGM sur l’environnement, la santé, et la vie de millions d’agriculteurs », se félicite Arnaud Apoteker, chargé de la campagne OGM de Greenpeace France. « Il revient maintenant à la Commission européenne et à l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) de mettre à exécution ces recommandations. Et tant que ce n’est pas fait, il est totalement illogique d’autoriser de nouveaux OGM en Europe ».

Les ministres européens de l’environnement ont demandé à ce que les effets à long terme des OGM sur l’environnement, les organismes vivants et la santé soient correctement évalués. Ils encouragent les études scientifiques indépendantes sur les OGM et l’accès aux informations qui sont aujourd’hui gardées secrètes par les compagnies de biotechnologie. Ils ont également appelé l’AESA (qui est au cœur des décisions prises par l’Union européenne sur les OGM) à prendre en considération l’impact des herbicides utilisés sur les cultures d’OGM tolérants aux herbicides. Ils ont par ailleurs souligné que les plantes qui produisent des insecticides doivent être évaluées de la même façon que les pesticides chimiques. Ils ont enfin reconnu le droit aux régions et aux communautés locales de mettre en place des zones sans OGM.

Cependant, sous la pression du Royaume-Uni et de la Commission européenne, les ministres ont finalement cédé sur la question des semences. Ils ont ainsi renoncé à protéger les semences conventionnelles ou biologiques achetées et vendues en Europe de la contamination génétique. « En acceptant de cautionner la contamination des semences, c’est le futur même de l’agriculture que le Conseil met en danger », déclare Arnaud Apoteker.

Mais le jour même où les ministres de l’environnement se prononcent pour une révision importante des procédures d’évaluation des OGM en Europe, la Commission européenne annonce l’autorisation d’un nouveau soja tolérant au Roundup (le MON89788) pour la consommation humaine et animale en Europe. Greenpeace s’insurge contre le mépris total de la Commission envers les inquiétudes et les recommandations des Etats membres. « Toutes les autorisations d’OGM devraient être suspendues tant que la révision du processus d’évaluation des OGM n’a pas été mise en oeuvre et que l’AESA n’a pas acquis la capacité d’évaluer correctement l’impact des OGM à long terme », conclut Arnaud Apoteker