Suppression des ampoules énergivores : l’Europe s'arrête à la moitié du gué

Climat

Alors que l’Union européenne vient de voter l’interdiction des ampoules à incandescence, Greenpeace regrette une décision qui s’arrête au milieu du gué au lieu de s’engager sur la voie d’une véritable politique d’efficacité énergétique.

La mesure adoptée lundi 8 décembre 2008 interdit les ampoules à incandescence à partir de 2012, mais va laisser sur le marché européen les halogènes les moins efficaces encore pour quelques années.

« Au lieu de décider de la suppression de toutes les ampoules énergivores, l’Europe remplace un produit inefficace par un autre qui l’est à peine moins, déplore Emilie Johann, chargée de projet Climat pour Greenpeace France. Les états membres se sont contentés de prendre au pied de la lettre le slogan des associations qui réclamaient l’interdiction des ampoules à incandescence comme produit emblématique du gaspillage électrique. Ils feignent n’avoir pas compris qu’il fallait plus largement sortir du marché tous les produits qui gaspillent de l’électricité. Nous sommes déçus : aujourd’hui, nous attendions de l’UE un mandat rapide et ambitieux sur cette question de l’éclairage domestique. »

Sur la base de l’option la plus ambitieuse, défendue pas les ONG, le potentiel total d’économie d’énergie de la mesure s’élevait à 86 TWh. Le vote d’aujourd’hui exploite à peine la moitié de ce potentiel, puisqu’il n’est plus question que de réaliser 39 TWh d’économie. Un manque à gagner non négligeable puisqu’il équivaut à le consommation d’électricité annuelle de 11 millions de ménages européens.

« Il n’est pas acceptable, dans le contexte d’urgence climatique qui est le nôtre, que l’UE passe à côté d’un tel potentiel, regrette Emilie Johann. Comment l’Europe compte-t-elle protéger le climat si elle cède à l’industrie sur cette question des ampoules ? »

En effet, cette mesure n’envoie pas le signal nécessaire à l’industrie de l’éclairage, qui doit investir aujourd’hui pour améliorer l’efficacité énergétique de ses produits, au lieu de rentabiliser à court terme des technologies d’éclairage déjà existantes. Un signal ambitieux en terme d’efficacité énergétique aurait incité les producteurs à mettre sur le marché des produits toujours plus efficaces, permettant ainsi aux consommateurs européens de réduire leur facture énergétique ainsi que leurs émissions de CO2.

L’efficacité énergétique reste le parent pauvre du paquet climat/énergie car c’est le seul objectif qui reste indicatif. Dans le cadre des négociations sur le paquet climat/énergie, l’UE doit assortir d’un caractère juridiquement contraignant son objectif de réaliser 20 % d’économies d’énergie d’ici à 2020.