« Rochers anti-chalut » : Greenpeace relaxée par le tribunal administratif de Montpellier
Cette relaxe met fin aux poursuites engagées par le préfet des Pyrénées-Orientales, alors que Greenpeace rappelle l’urgence de renforcer la protection des aires marines protégées françaises.
Montpellier, le 23/07/2026 – Le tribunal administratif de Montpellier a prononcé la relaxe de Greenpeace et du capitaine de l’Arctic Sunrise, poursuivis à la suite de l’action menée par Greenpeace en mai 2025 dans le parc naturel marin du golfe du Lion. À la suite de cette action symbolique, le préfet des Pyrénées-Orientales avait engagé 15 procédures distinctes, une pour chaque rocher déposé, et demandé le paiement de plusieurs amendes pour un montant total de 90 000 euros ainsi que le retrait des rochers sous astreinte financière. Pour Greenpeace, une telle réponse était totalement disproportionnée au regard de la nature et de la portée de l’action et constituait une atteinte à la liberté d’expression.
Le tribunal a considéré que les poursuites avaient été engagées par une autorité incompétente, le préfet des Pyrénées-Orientales, et qu’au sein d’un parc naturel marin, seul le directeur de l’Office français de la biodiversité (OFB), ou ses représentants par délégation, était compétent. Greenpeace se félicite de cette reconnaissance du rôle de l’OFB dans la gestion et la protection des parcs naturels marins, qui doit contribuer à renforcer leur protection.
« Nous accueillons cette décision avec soulagement. Elle met fin aux poursuites engagées contre Greenpeace et le capitaine de l’Arctic Sunrise. Mais nous restons pleinement mobilisés pour renforcer la protection des aires marines protégées françaises, aujourd’hui insuffisante face aux activités de pêche les plus destructrices », déclare François Chartier, chargé de campagne Océans chez Greenpeace France.
Une action pour dénoncer l’absence de protection effective des aires marines protégées
En mai 2025, Greenpeace avait mené une action pacifique et non violente consistant à déposer 15 blocs de calcaire dans le parc naturel marin du golfe du Lion. Cette action symbolique visait à dénoncer l’absence de protection effective des aires marines protégées françaises et à appeler le gouvernement à y interdire le chalutage de fond.
L’action avait été menée en marge de la 3e Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC), organisée à Nice en juin 2025, alors que la France affichait son ambition de se positionner comme un pays moteur de la protection des océans.
Or, une aire marine protégée ne saurait être considérée comme réellement protégée si des activités de pêche destructrices continuent d’y être autorisées.
« Cette procédure est désormais close, mais l’enjeu que nous dénoncions reste entier. La France compte de nombreuses aires marines protégées sur le papier, mais leur protection reste très insuffisante. Il est temps de sortir d’une logique de protection de façade et de prendre des mesures concrètes pour préserver les écosystèmes marins. Cela passe notamment par l’interdiction du chalutage de fond dans les aires marines protégées », poursuit François Chartier.
Greenpeace rappelle que le chalutage de fond est l’une des techniques de pêche les plus destructrices pour les écosystèmes marins. En raclant les fonds, les engins de pêche peuvent dégrader les habitats marins et contribuer à la destruction de la biodiversité.
La France doit désormais prendre des mesures à la hauteur de l’urgence écologique et faire de ses aires marines protégées de véritables espaces de protection de la biodiversité.