Procès des « rochers anti-chalut » : Greenpeace devant la justice pour avoir dénoncé l’absence de protection réelle des aires marines protégées
Ce jeudi 2 juillet, le tribunal administratif de Montpellier tiendra une audience à la suite d’une action menée en mai 2025 dans le golfe du Lion par Greenpeace France, dont l’objectif était de dénoncer l’absence de protection effective des aires marines protégées (AMP) françaises et le laisser-faire du gouvernement concernant le chalutage de fond dans ces zones censées être protégées.
En amont de la 3e Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC), qui s’est tenue à Nice en juin 2025, Greenpeace avait mené cette action pacifique et non violente consistant à déposer quinze blocs rocheux au fond de la mer dans une aire marine protégée du golfe du Lion afin d’empêcher le recours à des techniques de pêche destructrices dans cette zone.
Informations pratiques :
Audience : jeudi 2 juillet à 10h
Lieu : Tribunal administratif de
Des représentant·es de Greenpeace France seront disponibles avant et après l’audience pour répondre aux questions des journalistes.
À la suite de cette action symbolique, le préfet des Pyrénées-Orientales a engagé quinze procédures distinctes, une pour chaque rocher déposé, visant “l’organisation internationale Greenpeace” et le capitaine de l’Arctic Sunrise.
Le préfet demande au tribunal de les condamner au paiement d’amendes pouvant atteindre 90 000 euros au total et d’ordonner le retrait des rochers sous astreinte financière.
Pour Greenpeace, ces poursuites constituent une réaction totalement disproportionnée portant atteinte à la liberté d’expression, garantie notamment par la Convention européenne des droits de l’Homme. Cette action poursuivait un objectif d’intérêt général majeur : dénoncer l’absence de protection effective des aires marines protégées françaises et appeler les autorités à interdire le chalutage de fond dans ces zones.
Par ailleurs, Greenpeace conteste fermement la demande de retrait des rochers faite par le préfet alors même que la zone est désormais évitée par les chaluts donc concrètement protégée du chalutage de fond. Les blocs ont été déposés dans une zone choisie avec soin, composée de fonds sédimentaires, en l’absence de prairies de posidonies ou de récifs coralligènes. Leur position a été communiquée aux autorités afin de garantir la sécurité de la navigation.
Les rochers ne présentent aucun risque pour les techniques de pêche artisanale qui n’utilisent pas d’engins traînants. Au contraire, leur retrait entraînerait des perturbations du milieu marin alors même qu’aucun impact négatif majeur lié à leur maintien n’a été démontré.
Greenpeace dénonce ce choix du préfet de multiplier les procédures et les sanctions plutôt que de soutenir une action qui va dans le sens de l’intérêt général. Alors que du côté du gouvernement, aucune politique ambitieuse n’a été mise en place depuis l’UNOC-3 pour protéger les océans, cette stratégie traduit une volonté de bâillonner la contestation et la mobilisation de la société civile, dans un contexte plus large de répression des défenseur·ses de l’environnement.
Des actions similaires ont déjà été menées par d’autres bureaux de Greenpeace dans plusieurs pays européens, notamment aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, ou encore en Suède, sans qu’aucune juridiction n’ait prononcé de sanctions ni ordonné le retrait des rochers.