Nucléaire : à Gravelines, des méduses mettent à mal l’argumentaire d’EDF
La présence “massive” de méduses a entraîné un nouvel arrêt de trois réacteurs de la centrale de Gravelines, dans le département du Nord. Pour Greenpeace France, cela ne fait que souligner l’inadaptabilité des centrales aux conséquences du dérèglement climatique.
Ironie du calendrier, la centrale avait connu la même situation il y a tout juste un an. À l’époque, EDF avait communiqué sur un événement “imprévisible”. Non seulement cela était déjà faux l’année dernière, puisque la prolifération des méduses est documentée dans les conséquences du dérèglement climatique, mais l’arrêt d’aujourd’hui nous confirme que ces événements vont être appelés à se répéter de plus en plus.
Pour Roger Spautz, chargé de campagne Nucléaire pour Greenpeace France et Luxembourg : “Cet été est cruel avec les installations nucléaires. La canicule impacte directement des centrales, obligées de fermer des réacteurs pour cause de fleuves trop chauds ou de niveau d’eau trop bas, tandis que les méduses nous rappellent leurs faiblesses. La présence massive de méduses est prévisible, tout comme l’est malheureusement le déni d’EDF sur la vulnérabilité de ses centrales”.
En tout, 13 réacteurs nucléaires ont déjà été à l’arrêt ou au ralenti en France depuis le début de l’été.
Dans son rapport de 2025 [1], l’Inspecteur Général pour la Sûreté Nucléaire et la Radioprotection (IGSNR) écrivait que des progrès avaient faits en matière de prévision, vigilance, instrumentation et automatismes mais il s’étonnait qu’en août 2025, « des sites ont été surpris par des phénomènes dont ils n’avaient pas l’habitude ou qu’ils n’avaient pas vus venir » et recommandait « d’en tirer le retour d’expérience ». Force est de constater qu’il n’a pas été entendu.
“La science nous dit que ces événements seront de plus en plus fréquents, or le nucléaire n’est pas un allié du climat car il n’est pas adapté à un monde qui se réchauffe. Plutôt que d’avancer avec des analyses de risques robustes, EDF préfère foncer dans le mur climatique en tentant de nous faire croire à des centrales nucléaires infaillibles. La réalité démontre qu’ils n’ont toujours pas pris la mesure de l’impact du dérèglement climatique« , ajoute Roger Spautz.
Face à la certitude d’aggravation du dérèglement climatique et l’incertitude quant à sa vitesse et son envergure, EDF et l’État, plutôt que d’exposer la population et l’environnement à un risque dont ils ne peuvent assurer la maîtrise, devraient appliquer un principe de précaution en renonçant à ces projets dangereux de construction de nouveaux réacteurs nucléaires.
[1] https://igsnr.com/wp-content/uploads/2026/02/Rapport-IGSNR-2025.pdf