Relance : l’écologie laissée en plan

Jeudi 3 septembre, le Premier ministre Jean Castex a dévoilé le plan économique “France relance” qui détaille le budget de l’État pour les deux ans à venir. Proposé comme une réponse à la crise de la COVID, il “prépare la France de 2030”, selon les termes du président.

Présenté comme un plan de “relance verte”, le plan prévoit notamment 30 milliards d’euros pour la transition écologique, notamment : 6,7 milliards d’euros pour la rénovation thermique, 4,7 milliards pour le rail, 2 milliards dans l’hydrogène ou 1,2 milliard pour l’agriculture et l’alimentation.

Malgré l’argent débloqué, Greenpeace France estime que ce plan est une occasion manquée de rompre avec une économie productiviste et fortement carbonée incompatible avec les objectifs fixés par de l’Accord de Paris. Greenpeace France dénonce notamment le greenwashing et les fausses solutions du gouvernement.

Pour Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France :

Après moult annonces d’un plan censé réconcilier ‘écologie et économie’, le gouvernement présente un plan de relance du monde d’avant, beaucoup moins vert qu’il n’y paraît. Après les chèques en blanc aux secteurs polluants comme l’aéronautique et l’automobile, le gouvernement persiste à ménager le secteur privé avec de nouveaux cadeaux, comme la baisse des impôts de production à hauteur de 20 milliards d’euros pour toutes les entreprises sans distinguo basé sur leur impact environnemental et sans conditions écologiques et sociales contraignantes.

Certes, des sommes importantes sont débloquées au nom de la ‘transition’ pour des secteurs qui en avaient grandement besoin comme le rail, la rénovation thermique ou l’agriculture. Mais, faute de s’accompagner de mesures normatives structurantes, ce plan ne permettra pas de changer la donne : rien sur la baisse du trafic routier ou aérien, rien sur la baisse de la production de viande, d’œufs et de produits laitiers qui sont nécessaires pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Pire, on voit bien que derrière le label ‘vert’, on en profite pour financer des fausses solutions comme le nouveau nucléaire ou l’hydrogène bas carbone sans préciser s’il est d’origine renouvelable ou pas.

À l’image du renoncement emblématique sur les néonicotinoïdes, pour Emmanuel Macron et son gouvernement, l’environnement reste une variable d’ajustement. Espérons que le débat parlementaire sur le projet de loi de finances redressera la barre”.





(Crédits photographiques : © Simon LAMBERT)