Mutation du virus COVID-19 provenant d’élevages de visons au Danemark : stop à l’élevage industriel !

Agriculture

Alors que le Danemark a annoncé cette semaine qu’il allait abattre environ quinze millions de visons élevés sur son territoire à cause d’une mutation du COVID-19, déjà transmise à 12 personnes et menaçant l’efficacité d’un futur vaccin humain, Greenpeace France rappelle qu’il est plus que jamais urgent de sortir de l’élevage industriel [1].

De nombreux scientifiques alertent depuis des années sur les risques de l’élevage industriel : dans ces méga-installations, des milliers d’animaux d’une même espèce, génétiquement identiques, sont concentrés dans très peu d’espace. Ce type d’élevage favorise ainsi l’émergence de maladies infectieuses et la prolifération de zoonoses mais aussi la mutation de virus, souligne Suzanne Dalle, chargée de campagne Agriculture à Greenpeace France.

Ce qui se passe au Danemark est l’exemple parfait de la façon dont ces catastrophes sanitaires peuvent arriver : une fois que le vison a été infecté par les humains, le virus a trouvé les conditions idéales pour infecter davantage de visons, se propager rapidement et muter. Des dizaines de milliers d’animaux peuvent alors infecter les humains en retour, avec le virus modifié.

À l’échelle mondiale, quelques laboratoires ont également mené des expériences pour comprendre à quel point les porcs sont sensibles au Covid-19 [2]. Les premiers résultats laissent entendre que tout comme les élevages de visons, les élevages industriels de porcs pourraient également être des réservoirs potentiels pour la mutation de la COVID-19 [3].

“On assiste en Allemagne à un retour de la peste porcine, poursuit Suzanne Dalle. En France, par crainte d’un retour de la grippe aviaire, les volailles sont confinées depuis hier dans 46 départements. Le développement de zoonoses dans des élevages industriels ne sont pas des cas isolés. C’est aujourd’hui avéré et démontré : l’élevage industriel est une menace non seulement pour notre santé mais aussi pour celle de la planète puisqu’il détruit les écosystèmes. Ce type d’élevage rend les écosystèmes, ainsi que nous, humains, vulnérables à de nouvelles pandémies.”

Pour Greenpeace, il est désormais urgent de s’attaquer aux racines du problème, de sortir de la logique de l’élevage industriel et d’amorcer une transition vers un système agricole et alimentaire local, écologique et démocratique. Il faut préserver la biodiversité en repensant l’agriculture pour qu’elle s’adapte aux multiples crises sanitaires, sociales et environnementales tout en protégeant le climat et la santé humaine.

Notes aux rédactions :
[1] En parallèle, le Danemark a annoncé hier des mesures de restrictions spécifiques pour plus de 280.000 habitants, afin d’empêcher de nouveaux cas de ce “Cluster 5”, où 11 des 12 cas de personnes infectées résident. Source : dépêches AFP
[2] Greenpeace Nordic soutient le professeur et microbiologiste danois Hans Jørn Kolmos, qui a fortement plaidé pour davantage de recherche sur le risque potentiel posé par l’industrie porcine danoise. Une étude canadienne récente contredit les études précédentes en montrant que les porcs sont en fait réceptifs au COVID-19.
[3] Plus d’informations sur les zoonoses sur Worldwide Forests under Pressure – Comment les forêts peuvent nous protéger des maladies dangereuses. La carte montre combien d’espèces perdent leur habitat et comment cela rend plus probable le transfert de virus et de zoonoses aux humains. Ceci est largement causé par l’agriculture, la déforestation et l’élevage industriel.

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Mélanie Veillaux
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