La France veut-elle sauver le thon rouge ou les apparences ?

Océans

Paris, 13 janvier 2010 – La France doit très prochainement se prononcer sur son soutien ou non à l’inscription du thon rouge en annexe 1 de la Cites, qui interdirait tout commerce international de cette espèce. Pour Greenpeace, les incohérences dans les différentes prises de position du gouvernement jettent le doute sur sa véritable volonté de s’attaquer au problème.

« L’expertise scientifique est formelle : sans classement du thon rouge en annexe 1 de la Cites, cette espèce emblématique surexploitée va disparaître, affirme François Chartier, responsable de la campagne Océans à Greenpeace France. Pourquoi tant d’hésitations côté français ? La France défend-elle les intérêts de l’industrie thonière ou la biodiversité ? Que tente-t-elle de sauver : le thon rouge ou les apparences ? »

Couacs et désaccord au sein du gouvernement

En ouverture de l’année de la biodiversité, hier soir, Jean Louis Borloo a annoncé qu’il n’avait « pas de doute sur la position de la France », faisant référence à un soutien à l’inscription en annexe 1. Or ce matin sur France 2, Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, se prononçait pour l’annexe 2. Une position qui ne permettrait absolument pas d’interdire le commerce international, contrairement à ce que Le Maire prétend. Enfin, selon les informations dont dispose Greenpeace, le gouvernement français pourrait opter pour un compromis en faveur d’un soutien à l’annexe 1, mais assorti d’un délai de 18 mois quant à la mise en œuvre de cette mesure, ce qui sape toute la portée d’un classement en annexe 1…

Pourquoi tant d’incohérences ?

La pression et les menaces à peine dissimulées de l’industrie du thon sont un premier élément de réponse. A l’approche des élections régionales, les enjeux politiciens locaux pourraient prendre le pas sur la sauvegarde de cette espèce…

« Seule une vraie protection du thon rouge pourra sauver l’espèce et les pêcheurs, les intérêts politiciens et économiques à court terme ne peuvent prendre le pas sur la défense de cette espèce », souligne François Chartier.

Un soutien à l’annexe 1 sans délai est la seule solution

Le thon rouge est le candidat parfait à une inscription en annexe 1 de la Cites. Le déclin de la population est plus qu’alarmant et a chuté à moins de 15 % de la population d’origine, selon les évaluations scientifiques. En se positionnant en faveur d’un classement en annexe 1, qui interdit tout commerce international de l’espèce, la France, premier pays pêcheur de thon rouge, reconnaitrait aussi que la principale cause de la surpêche est bien le commerce international. Alors pourquoi ce délai de mise en œuvre sur une question qui ne peut pas attendre ?

« La France, pays pêcheur, doit assumer ses responsabilités et prendre des engagements cohérents avec ses discours et l’urgence du problème, explique François Chartier. Nicolas Sarkozy le disait déjà en juillet dernier au Havre, en évoquant l’interdiction de tout commerce international. Qu’attendent nos dirigeants ? »

Aujourd’hui, les restaurateurs et la grande distribution se mobilisent pour la protection du thon rouge. L’opinion publique est très mobilisée pour la défense de cette espèce emblématique. Le gouvernement doit donc sortir de ses contradictions et prendre le leadership au sein de l’Union européenne pour assurer la survie de l’espèce.

« Il y a urgence et nous mettrons tout en œuvre pour obtenir que le thon rouge soit classé en annexe 1, sans délais et sans conditions, lors de la prochaine réunion de la Cites en mars, souligne François Chartier. Il s’agit d’une occasion historique : c’est la seule chance de sauver le thon rouge. »

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