Exploitation minière des fonds marins : la France doit mener le combat pour l’interdiction à l’international

Océans

Une nouvelle session de négociations internationales s’ouvre ce jeudi 16 mars à Kingston en Jamaïque, au sein de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), visant à autoriser ou non l’exploitation minière des océans. Moins de deux semaines après l’adoption d’un traité mondial historique pour la protection de la haute mer, cette réunion est un moment crucial pour bloquer les velléités des compagnies privées qui poussent au démarrage de cette industrie dès cet été.

Pour Greenpeace, la France et les pays anti-exploitation doivent rallier une majorité de gouvernements et faire bloc pour empêcher le déploiement de cette industrie.

En novembre 2022, à la COP27 en Egypte, Emmanuel Macron s’est déclaré pour l’interdiction de l’exploitation minière des océans. “Ce revirement de situation, après avoir dans un premier temps soutenu l’idée de l’exploitation, est un excellent point mais pas un aboutissement, rappelle François Chartier, chargé de campagne Océans chez Greenpeace France. Seule, la France ne pourra pas interdire une exploitation commerciale de voir le jour. Nous serons extrêmement vigilants à Kingston : les engagements oraux doivent se concrétiser dans la diplomatie internationale”.

L’opposition internationale à cette activité naissante est de plus en plus forte. L’Allemagne a exprimé la nécessité d’un moratoire ou d’une pause de précaution tout comme la Nouvelle-Zélande, le Panama, l’Espagne, le Chili, le Costa Rica et une alliance de pays du Pacifique. L’adoption du traité sur la haute mer, qui en soit ne protège pas les océans de l’exploitation minière, aura inévitablement des répercussions et pourra inciter davantage de gouvernements à se joindre à l’appel contre cette industrie. Les négociations doivent se terminer le 31 mars avant une nouvelle session en juillet 2023.

De nombreuses recherches sont encore nécessaires pour comprendre la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes au fond des océans. Les scientifiques ont déjà mis en garde contre les risques importants que l’industrie minière ferait peser sur les écosystèmes océaniques, notamment les dommages irréversibles causés à des habitats uniques, les extinctions potentielles d’espèces et la pollution de la colonne d’eau. Un récent article scientifique souligne également l’impact potentiel du bruit de l’exploitation minière sur les espèces menacées d’extinction au niveau mondial, telles que les baleines bleues.

De plus, une autre étude démontre que les grands fonds marins ne fourniront pas les métaux nécessaires à la transition énergétique, réfutant le principal argument des compagnies minières.

“Nous avons une occasion unique d’empêcher une industrie polluante de voir le jour. Plus que jamais, la mobilisation de toutes et tous est primordiale”, conclut François Chartier.

La mobilisation de Greenpeace à l’occasion de l’AIFM

  • En Jamaïque, Greenpeace dispose d’une délégation officielle composée d’experts et expertes des océans ainsi que de militants et militantes du Pacifique qui craignent les impacts de cette industrie. François Chartier, chargé de campagne Océans pour Greenpeace France, sera sur place du 16 au 31 mars.
  • La militante et activiste française Camille Etienne sera également sur place en tant que membre de la délégation de Greenpeace International.
  • En France, une journée nationale de mobilisation pour la protection des océans et contre le massacre des abysses est prévue samedi 18 mars avec des activités des groupes locaux de Greenpeace dans une vingtaine de villes.