EPR : nouveau retard envisagé aussi en Finlande, il faut arrêter les frais

Climat

Paris, le 21 juillet 2011 – Après l’annonce hier d’un nouveau retard de deux ans pour la future mise en fonction de l’EPR de Flamanville, Greenpeace révèle aujourd’hui que l’EPR finlandais va selon toute vraisemblance connaître lui aussi de nouveaux délais et surcoûts.

C’est en analysant et recoupant des données issues de deux récents rapports du STUK (l’autorité de sûreté nucléaire finlandaise) parus en juin –le rapport d’activité 2010 et le Rapport d’activité lié aux quatre premiers mois de l’année 2011- que Greenpeace a constaté une accumulation de nouveaux problèmes de nature à générer des retards et surcoûts additionnels.

Pour rappel, Areva annonçait en juin 2010 que le chantier d’Olkiluoto 3 serait terminé à la fin de l’année 2012. Ils persistaient et signaient en novembre 2010 en contredisant l’électricien finlandais TVO qui, lui, tablait déjà sur un nouveau retard de six mois.

« Notre analyse est formelle, et va dans le sens de ce que dit TVO depuis des mois. Le régulateur STUK impose à juste titre une amélioration des contrôles, des procédures qu’Areva ne semble pas en mesure de respecter » explique Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace France.

2010 et 2011 : de nouvelles difficultés qui ralentissent la progression du chantier

A titre d’exemple, Areva n’a toujours pas apporté de réponse aux problèmes liés à la conception du contrôle commande soulevés depuis 2009 par le régulateur finlandais.

Idem, les problèmes de soudures se sont multipliés, notamment sur le système de refroidissement d’urgence, depuis le début du chantier. Les derniers ont été soulevés par le STUK en janvier 2011 aboutissant à une obligation pour TVO de renforcer les contrôles sur les soudures. Enfin, alors que la construction des plateformes en acier à l’intérieur des bâtiments a déjà commencé, le régulateur a identifié la nécessité de revoir leur conception et de prévoir un renforcement, pour des raisons de sûreté. A date du dernier rapport du STUK Areva n’avait pas transmis les nouveaux plans, rendant ainsi impossible l’inspection des plateformes.

Dans le rapport d’activité 2010, le régulateur fait aussi allusion à la perspective de nouveaux retards, expliquant par exemple que l’accumulation des problèmes rencontrée en 2010 et en 2011 « avait un impact sur la progression du projet ».

« Il faut vraiment qu’Areva fasse toute la lumière sur la réalité du retard que va accuser le chantier de cet EPR finlandais. Il a déjà couté 3 milliards de plus que prévu et pris 4 ans de retard. Face au gouffre financier et au fiasco technique d’Olkiluoto 3 et de Flamanville 3, le gouvernement français devrait stopper la fuite en avant tant qu’il est encore temps. Il faut mettre fin à cette stratégie de promotion à tout prix de la technologie EPR et passer à autre chose en investissant dans les renouvelables« , conclut Sophia Majnoni.

Version anglaise du briefing aux médias