Énergies renouvelables : la France manque d’ambition par rapport à ses voisins européens

Climat

Greenpeace France publie aujourd’hui un comparatif des objectifs que se sont fixés une vingtaine de pays membres de l’Union européenne sur le développement du solaire photovoltaïque et de l’éolien terrestre d’ici 2030. Alors que le gouvernement français prépare une loi sur la production d’énergie et que la stratégie française énergie et climat est en consultation jusqu’au 22 décembre, l’analyse de Greenpeace montre que la France fait partie des mauvais élèves européens en matière d’énergies renouvelables.

“En traînant des pieds sur le solaire photovoltaïque et l’éolien terrestre, le gouvernement prive la France de deux leviers essentiels et reconnus pour faire baisser rapidement les émissions de gaz à effet de serre. L’écologie à la française, prônée par Emmanuel Macron, semble donc vouée à être une écologie de l’échec”, constate Nicolas Nace, chargé de campagne Transition énergétique à Greenpeace France.

Greenpeace France a compilé les objectifs de développement à 2030 du solaire photovoltaïque et de l’éolien terrestre inscrits dans les plans nationaux énergie et climat (NECP) soumis par la plupart des États membres à l’Union européenne en 2023. Ces objectifs ont été rapportés à la population, à la superficie ou au PIB des différents pays, afin de pouvoir les comparer de manière pertinente.

La France arrive systématiquement en deuxième moitié de classement, entre la 10e et la 14e place sur une vingtaine de pays. Si on considère les six pays d’Europe de l’Ouest de plus de dix millions d’habitant·es ayant soumis leurs objectifs (Allemagne, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal), la France est le pays le moins ambitieux sur le développement du solaire photovoltaïque et elle fait à peine mieux sur l’éolien terrestre.

Comparaison de la quantité de solaire photovoltaïque à installer rapportée à la superficie de chaque pays d’ici à 2030 pour la France et ses cinq voisins sélectionnés (Allemagne, Espagne, Italie, Portugal, Pays-Bas)

“Les politiques adoptées par nombre de nos voisins européens montrent que le développement massif des énergies renouvelables est crédible et souhaitable. La France doit se fixer pour 2030 un niveau d’ambition de développement de l’éolien terrestre et du solaire photovoltaïque au moins équivalent à ce que prévoient nos plus proches voisins européens”, estime Nicolas Nace. Cela permettra, accompagné de politiques plus ambitieuses sur la sobriété et l’efficacité énergétiques, de faire face au « mur énergétique » prévu pour la France à horizon 2030, à une électrification accélérée des usages qui reposent aujourd’hui sur les énergies fossiles et donc de répondre au défi climatique en visant une trajectoire de réchauffement limitée à + 1,5 °C.

Greenpeace France demande au gouvernement français de revoir sa stratégie énergie-climat pour multiplier au moins par deux l’objectif actuel de développement à 2030 du solaire photovoltaïque et au moins par 1,5 celui de l’éolien terrestre.