COP23 : le rendez-vous manqué d’Emmanuel Macron

Climat

Bonn, le 17/11/2017

Un certain leadership climatique aurait dû émerger à la COP du Pacifique, les dirigeant-e-s devant répondre à l’urgence climatique et transformer les systèmes énergétiques et les modèles agricoles de leur pays. Pour ce qui est de la France, Emmanuel Macron a manqué ce rendez-vous, en se limitant à n’être que l’acteur d’un jeu de dupes sur le climat.

Au sortir de la COP23, la crédibilité de la France est entachée sur la scène internationale de la lutte contre les dérèglements climatiques. « En recyclant des annonces qui s’apparentent davantage à des “mesurettes”, Emmanuel Macron n’a pas été à la hauteur des enjeux discutés lors de cette COP Pacifique », résume Sarah Fayolle, chargée de campagne climat à Greenpeace France.

La loi hydrocarbure dont se targue le président français renvoie finalement la fin de l’extraction de pétrole en France au-delà de 2040. Au regard de la baisse des émissions de gaz à effet de serre, cette loi n’aura que trop peu d’impact, puisque la France importe 99 % des énergies fossiles qu’elle consomme.

La fermeture des quatre centrales à charbon françaises n’aura elle aussi qu’un impact limité, ces centrales représentant seulement 1,4% des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire français.

« La France doit montrer une réelle volonté politique et agir sur les secteurs les plus émetteurs tels que l’agriculture et les transports. Elle doit aussi aborder une approche rationnelle de sa transition énergétique : aujourd’hui, l’obsession nucléaire ne sert en rien le climat. Le nucléaire bloque le déploiement des énergies renouvelables en France, comme en Europe. Et au final, ce blocage de l’essor des énergies renouvelables sert au maintien du charbon européen et particulièrement en Allemagne », ajoute Sarah Fayolle.

Par ailleurs, le rythme des négociations climatiques internationales reste beaucoup trop lent au regard de l’urgence climatique et on attend encore le sursaut politique collectif pourtant indispensable pour faire plus, plus rapidement et dès avant 2020, et ainsi rester en ligne avec les objectifs de l’Accord de Paris.

Pour Sarah Fayolle, « Toute comme la France, l’Allemagne, la Chine et les autres Etats doivent faire preuve de leadership et rehausser leurs ambitions climatiques. S’accrocher au charbon ou au nucléaire et parader en tant que champions internationaux du climat sans accélérer la transition énergétique au niveau national relève tout simplement de la mauvaise foi ».





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