Convoi le plus radioactif de l'histoire : Greenpeace attaque Areva pour entreposage illégal de déchets

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Paris, Cherbourg, le 2 novembre – Greenpeace a mené aujourd’hui à 15h une « inspection citoyenne » à l’entrée du terminal ferroviaire de Valognes. Des militants ont effectué des mesures de radiamétrie au passage des camions acheminant depuis une semaine des containers de déchets nucléaires vitrifiés hautement radioactifs. Les premières images seront disponibles sur : www.newscastwire.com/fr/org/greenpeace (photos disponibles sur demande).

Parallèlement, Greenpeace a déposé une plainte contre Areva pour usage d’une Installation Nucléaire de Base (INB) non déclarée, en entreposant des déchets nucléaires dans un lieu non prévu à cet effet. Les containers ont commencé à être entreposés dans ce terminal ferroviaire de Valognes depuis le 25 octobre en attendant d’être chargés sur un train qui doit quitter la gare le vendredi 5 novembre à destination de Gorleben en Allemagne.

« Areva ne respecte pas les critères légaux qui doivent être ceux de l’entreposage de déchets nucléaires aussi radioactifs. Ces déchets ne devraient pas être entreposés dans ce terminal, même pour une journée. Ce site n’a pas fait l’objet d’un classement d’Installation Nucléaire de Base. C’est pourquoi nous avons porté plainte », explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France.

Ce convoi transportera 11 conteneurs CASTOR contenant eux-mêmes chacun 28 containers nommés Canisters dans lesquels ont été coulés les déchets vitrifiés très radioactifs issus du retraitement des combustibles usés, fondus dans du verre.

« Avec un seul de ces canisters entreposés dans ce terminal ferroviaire, on est largement au dessus de la limite qui oblige un entreposage à être déclaré Installation Nucléaire de Base », poursuit Yannick Rousselet.

Le convoi le plus radioactif de l’histoire

Ce train est à coup sûr le transport le plus radioactif de l’histoire. Des mesures basées sur des données de l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des déchets radioactifs) montrent clairement que ses onze containers contiennent une radioactivité supérieure à celle dégagée lors du tragique accident de Tchernobyl en 1986. En comparant l’ensemble des radioéléments d’une période de vie supérieur à un an, ce convoi représente dix fois les rejets de Tchernobyl.

Ni à La Hague, ni à Gorleben : une mobilisation sans précédent en Allemagne

Ce convoi exceptionnel à tous les égards devrait entraîner une mobilisation sans précédent en Allemagne. Il doit en effet être transporté jusqu’au site d’entreposage intérimaire de Gorleben, qui n’est pas du tout adéquat. La population allemande est extrêmement hostile à l’arrivée de ce train et devrait se mobiliser très massivement à partir du weekend end prochain.

« Ces déchets n’ont rien à faire à la Hague, qui n’est pas un site de stockage. Mais ils ne peuvent être entreposés sur le site de Gorleben qui n’est qu’un hangar. La seule solution juste serait qu’ils reviennent à leurs producteurs, les centrales nucléaires et les producteurs d’électricité, allemands en l’occurrence », explique Yannick Rousselet

Les déchets nucléaires : une voie sans issue

« Ce convoi symbolise à lui seul la voie sans issue que représentent les déchets nucléaires : aucun solution viable pour le transport, le stockage, l’entreposage. Il faut tout simplement arrêter d’en produire ! » conclut Yannick Rousselet.

Greenpeace a rendu public vendredi dernier les trajets potentiels de ce convoi jusqu’à la frontière française. Ils sont visibles sur la carte du nucléaire français :

http://cartenucleaire.greenpeace.fr/?fs=1&o=13

Le tableau des trajets détaillés ainsi que les heures précises de passage du train :
http://www.greenpeace.org/raw/content/france/presse/dossiers-documents/train-castor-trajets-potenti.pdf