AG d’EDF : les 3 intox que Jean-Bernard Lévy présentera demain aux actionnaires

Nucléaire

Paris, le 14 mai 2018A la veille de l’Assemblée générale d’EDF, Greenpeace France pointe du doigt les intox que le PDG d’EDF véhicule depuis plusieurs mois et présentera demain aux actionnaires de l’entreprise. A grand renfort de communications sur la transition énergétique, l’entreprise est en fait loin de développer les énergies renouvelables et oriente la quasi-totalité de ses investissements dans le nucléaire. Une stratégie qui est pourtant perdante, aussi bien pour l’entreprise, que pour la France, qui accuse un retard très inquiétant sur la mise en œuvre de sa transition énergétique.

EDF annonce un plan solaire… sans investir davantage dans les renouvelables

Face aux actionnaires d’EDF, Jean-Bernard Lévy dira sans doute demain que l’entreprise joue un rôle central dans la transition énergétique, avec notamment son plan solaire pour 2035 présenté en décembre 2017. « En réalité, quand on croise les calendriers et les budgets d’EDF, on réalise que l’entreprise va surtout donner la priorité aux investissements dans le parc nucléaire et remettre à plus tard ses investissements dans le solaire…De manière générale, l’entreprise est déjà en retard sur les objectifs qu’elle s’est fixés. Et pourtant, en 2017, elle n’a consacré que 10% de ses investissements aux renouvelables !», s’exclame Alix Mazounie, chargée de campagne énergie pour Greenpeace France.

Les principales raisons sont qu’entre le vieillissement des réacteurs nucléaires et les coûts pharaoniques et retards des chantiers EPR, EDF n’a plus les moyens d’investir dans le solaire et l’éolien.

« Pour être crédible, il faut qu’EDF annonce la fermeture de réacteurs français et se libère ainsi des marges de manœuvre. Or à l’heure actuelle, EDF passe plus de temps à tenter de saboter la loi votée en 2015 en retardant l’échéance de fermeture de réacteurs, qu’à œuvrer pour la transition énergétique », ajoute Alix Mazounie.

EDF ne relancera pas la filière nucléaire avec l’EPR

Au cours de l’AG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, tentera aussi de faire croire que l’EPR permettra de relancer la filière nucléaire alors que c’est en fait un échec cuisant. Récemment, EDF a annoncé que des soudures non conformes aux exigences de sûreté ont été faites sur l’EPR de Flamanville.  « Normalement les soudures doivent être réalisées selon le principe de « non rupture ». Or aujourd’hui, plus de 150 soudures sur le circuit secondaire principal de l’EPR de Flamanville ne sont pas conformes » explique Alix Mazounie.

« Ces nouveaux problèmes, qui viennent s’ajouter à l’affaire des anomalies sur la cuve de l’EPR et son couvercle, laissent présager un énième report du démarrage de l’EPR de Flamanville. Alors que le chantier a déjà pris 7 ans de retard et a atteint des surcoûts de 8, 2 milliards d’euros ! Autant d’embûches qui remettent aussi en question la faisabilité des deux EPR à Hinkley Point au Royaume-Uni ».

EDF ne redressera pas la barre de ses finances avec le nucléaire  

Quant à la santé financière de l’entreprise, Jean-Bernard Lévy parlera sûrement de 2018, comme l’année rebond tant attendue. Pourtant, l’entreprise reste plombée par une dette brute de 67 milliards d’euros et son free cash flow est négatif pour la 11ème année consécutive.

« Aujourd’hui, il y a un manque notable de sûreté et de sécurité des réacteurs qui va contraindre EDF à des investissements colossaux . Pourquoi s’obstiner à vouloir prolonger son parc nucléaire alors qu’il est lui-même à l’origine de la faillite de l’entreprise ? » conclut Alix Mazounie.

 

 





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