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Philippe Poutou
Nouveau Parti Anticapitaliste

Publié le 30 mars 2017 - mis à jour le 07 avril 2017

Lorsque l’on recherche les propositions du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) sur l’écologie et l’environnement, on tombe sur un slogan familier de nos mobilisations : “Changeons le système pas le climat”... Un programme dont les objectifs sont louables mais qui reste terriblement imprécis quant à sa mise en oeuvre.

 

Rompre avec le modèle économique dominant

Le ton est donné rapidement : au NPA, l’urgence écologique vient confirmer la nécessité d’une rupture radicale avec le modèle économique dominant. Sa priorité est la recherche du profit maximum et il fait primer les intérêts de quelques privilégiés sur l’intérêt général.

Nous partageons cette nécessité de revenir sur les causes structurelles de la crise écologique et de dénoncer entre autres la mainmise d’une poignée d’élites économiques sur nos institutions et gouvernements. Une domination qui conforte non seulement l’accroissement spectaculaire des inégalités ces dernières années mais qui fait payer aussi un lourd tribut à la planète et ses habitants en faisant fi de la protection sociale et environnementale. Oui, la crise écologique à laquelle nous sommes confrontés impose de provoquer des changements systémiques durables en transformant les mentalités et les dynamiques de pouvoir.

Comment fait-on ? A cette question, le NPA ne répond pas dans la demi-mesure : expropriation des grands groupes bancaires et financiers de l’énergie, de l’agro-industrie, de la distribution. Une approche qui diffère de la nôtre car nous préférons parvenir à des transformations en profondeur des acteurs existants sans attendre un grand soir révolutionnaire. Certaines de nos victoires récentes montrent que nous pouvons atteindre des  changements rapides et majeurs. La clé réside dans l’amplification et l’accélération de ce mouvement.

 

Les faux discours à démonter

Côté production de l’énergie et impact sur le climat, le discours du NPA est construit autour de la dénonciation de l’action des capitalistes et autres multinationales : le pillage des ressources naturelles, leur entêtement pro-nucléaire en dépit des risques en termes de sûreté des installations et de faillite financière, leurs fausses solutions comme la géo-ingénierie ou la voiture électrique (qui fonctionne de fait en France au nucléaire), ou encore leur récupération de la transition énergétique (par exemple en investissant dans les renouvelables) comme nouvelle source de profit et dans une logique de perpétuation du système actuel.

Nous partageons ces points d’alerte et comprenons la volonté d’une reconquête du pouvoir par les citoyens. Nous privilégions par exemple une gestion plus décentralisée et participative de la production, de la distribution et de la consommation énergétique. Nous considérons que l'intérêt général doit toujours primer sur celui des entreprises et de leurs actionnaires. La recherche du profit ne peut pas se faire au prix du bien-être des salariés ni de la qualité de notre cadre de vie commun. Et les entreprises ne doivent pas imposer leurs intérêts et leur volonté aux Etats.

Le parti de Philippe Poutou propose un objectif de 100% d’énergies renouvelables en 2050, l’arrêt du nucléaire en moins de 10 ans, la fermeture immédiate de tous les réacteurs de plus de 30 ans,  l’abandon des projets d’enfouissement des déchets radioactifs de haute activité et la sortie des énergies fossiles. Nous sommes d’accord avec le NPA sur la nécessité de fermer des réacteurs le plus rapidement possible. Nous voulons aussi une sortie complète du nucléaire, mais aux alentours de 2035 et pas en moins de dix ans comme le propose le NPA. Comment Philippe Poutou compte-t-il s’y prendre pour une sortie si rapide ? Nous pensons que des précisions sont nécessaires afin d’éclairer les électeurs. En effet, il serait inacceptable que ces fermetures rapides de réacteurs se fassent au détriment de l’environnement et entraînent notamment une hausse des émissions de CO2.  Le NPA couple ce cap anti-nucléaire et pro-renouvelables avec un plan  d’économies d’énergie et de lutte contre la précarité énergétique, que Greenpeace intègre aussi dans son scénario de transition énergétique.

Par ailleurs, la partie “écologie” du programme 2017 du NPA évoque l’abandon des grands projets imposés (comme l’aéroport Notre-Dames-des-Landes) et la question des transports (diminution de l’usage de la voiture avec l’instauration de transports en commun gratuits, abandon du “tout-camion”, réduction du transport de marchandises en localisant les productions, etc.) : on va dans la bonne direction.

 

Agriculture : le cap est là

Côté agriculture, c’est court et le NPA va droit au but : rupture avec l’agriculture industrielle, reconversion de l’agriculture en bio sur 10 ans - et donc interdiction des intrants chimiques et des OGM - développement des circuits courts, fin des élevage industriels, encourager les semences paysannes, réduire la consommation de viande etc... Si l’intention exprimée a le mérite d’aller dans le bon sens, l’importance de l’enjeu et l’ambition de l’objectif fixé par le NPA mériteraient que cette question agricole soit un peu plus approfondie. Quelles sont les étapes intermédiaires et les principales mesures pour accompagner cette transition ? Les électeurs potentiels du NPA gagneraient à être informés sur ces points.

 

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