Climat

Climat, indépendance énergétique, pouvoir d’achat : tous les chemins mènent à l’efficacité, pas au nucléaire !

L’envolée du prix du pétrole relance le débat sur notre dépendance aux hydrocarbures. Trente ans après les chocs pétroliers, Greenpeace s’inquiète des orientations de la politique énergétique de la France, à l’heure où celle-ci doit mettre en application les engagements du Grenelle et présider l’Union européenne. Législation sur l’efficacité des voitures et sur les produits consommateurs d’électricité : la France doit faire de l’efficacité sa seule priorité.

Le 27 mai, Nicolas Sarkozy sur RTL et François Fillon à l’Assemblée nationale, ont insisté sur le nucléaire comme solution pour faire face à la hausse du prix du pétrole. « Voilà le président de la République et son Premier ministre au moins d’accord sur un point ! Malheureusement, il s’agit d’une erreur fondamentale, déplore Karine Gavand, responsable de la campagne Climat de Greenpeace France. Depuis quand le nucléaire, qui ne représente que 2 % de la consommation d’énergie mondiale, va sauver le climat ? Depuis quand l’uranium est une ressource renouvelable et locale ? Depuis quand l’atome fait rouler les voitures ? »

L’efficacité énergétique a déjà fait ses preuves
Selon Rocky mountain institute, un euro investi dans l’efficacité permet d’économiser 7 fois plus d’énergie que ne peut en produire un euro investi dans le nucléaire. Avec une facture énergétique de 50 milliards d’euros en 2007 (soit environ 2 000 € par ménage), qui risque de s’envoler dans les années à venir, la France doit faire des économies d’énergie sa nouvelle « obsession ».

À l’époque des chocs pétroliers, la France a instauré avec succès une politique d’économies d’énergie trois fois plus rentable que le nucléaire. Entre 1973 et 1987, elle a économisé 34 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole) par an, pour un investissement de 100 milliards de francs. Dans le même temps, elle a produit 56 Mtep par an, pour un investissement dans le nucléaire de 500 milliards de francs. Malgré son succès, la France a abandonnée cette politique d’efficacité dès 1985, quand le prix du baril s’est effondré.

L’efficacité : tout le monde en parle, personne n’agit
Le volet « efficacité » est le parent pauvre du paquet « énergie climat » qui doit être voté par l’UE d’ici la fin de l’année. Pour l’instant, contrairement aux objectifs de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre et de développement de 20 % des renouvelables, l’objectif de réduire de 20 % la consommation d’énergie par la mise en place d’une politique d’efficacité ne revêt aucun caractère juridiquement contraignant. Or sans cadre réglementaire contraignant, les industriels continuent de mettre sur le marché des produits qui gaspillent de l’énergie, poussant ainsi les ménages à surconsommer.

« À Bruxelles, les industriels de l’automobile, de l’éclairage ou encore de l’électroménager, se battent contre l’imposition de normes ambitieuses, qui les obligeraient à vendre des produits plus économes, conclut Karine Gavand. La France va présider l’Europe : le Président Sarkozy dispose d’une occasion unique de mettre l’Europe sur la voie des économies, réponse la plus efficace, la moins coûteuse et la plus propre aux enjeux du climat et de facture énergétique ! »

En se dotant d’une réglementation contraignante sur l’efficacité, l’UE pourrait économiser au moins 20 % de sa consommation d’énergie actuelle d’ici à 2020, et alléger sa facture énergétique de plus de 100 milliards d’euros chaque année, ce qui représente une économie d’environ 1 000 € par an et par ménage.