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Negociations climat copenhague

En direct de Copenhague

[19.12.09]Après l'échec de Copenhague, la mobilisation doit continuer !

Pas de contrainte. Aucun objectif à 2020 ni à 2050. Pas de calendrier ni de mandat pour la signature d'un traité l'an prochain. Difficile d'imaginer pire conclusion pour Copenhague que la déclaration présentée par Barack Obama et Nicolas Sarkozy en clôture du sommet. Cette déclaration ne vaut pas plus que la feuille de papier sur laquelle elle est écrit.

Pire, les quelques engagements chiffrés ne nous permettront pas de limiter l'augmentation de la température moyenne mondiale à 2°C. On s'oriente plutôt vers plus de 3°C , donc vers un chaos inimaginable. Copenhague est une régression par rapport au protocole de Kyoto.


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L'Europe n'a jamais joué le rôle de leader qu'elle s'était arrogée. Elle a été incapable de parler d'une seule voix. En témoignent les initiatives aventureuses et personnelles de Nicolas Sarkozy. Elle a refusé d'augmenter son objectif de réduction d'émissions de gaz à effet de serre et de chiffrer son soutien aux pays en développement après 2012.

De son côté, Barack Obama a terriblement déçu en s'inscrivant dans la droite ligne de George W. Bush, son prédécesseur à la Maison Blanche. Quant à la Chine, si elle n'a pas facilité les négociations, il faut admettre qu'elle n'a pas à assumer comme les pays riches la responsabilité historique de la situation de crise climatique actuelle. C'était à l'Europe et aux Etats-Unis de faire des propositions ambitieuses pour débloquer la situation. Rappelons qu'un Chinois n'émet que 4 tonnes de gaz à effet de serre par an, là où un Européen en rejette 10 et un Américain 20 !

Les dirigeants des pays riches ont cru être au G8, en annonçant la conclusion de l'accord puis en rentrant chez eux la tête basse. Ils ont juste oublié -fait significatif- que ce sont 190 pays du Nord comme du Sud qui doivent ratifier ce texte désormais. Face à ce désastre, Greenpeace condamne fermement l’arrogance des pays les plus puissants qui ont présenté un accord « à prendre ou à laisser ».

La seule touche d'optimisme au lendemain de ce fiasco, c'est la mobilisation de millions de personnes, au Nord comme au Sud, tous conscients de l'urgence climatique et réclamant plus d'équité ! Copenhague a soulevé d’immenses espoirs et réuni des millions de gens, partout dans le monde. Cette conférence est un échec retentissant, mais elle a ouvert la porte à un débat mondial sur la nécessité d’agir pour sauver la planète. C’est une première.

La prochaine étape, c’est Mexico fin 2010. Rien n'est terminé, les citoyens du monde entier ont exigé un réel accord avant que le sommet ne commence. Ils continuent de le demander.

Nous ne pouvons changer la science, alors changeons de politique ! Et si nous ne pouvons changer de politique, alors changeons d'hommes politiques !

[18.12.09]Greenpeace dénonce un désastre total, les politiciens en restent aux déclarations d’intentions

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Hier soir, deux militants de Greenpeace se sont invités au dîner organisé par la reine du Danemark pour les 120 chefs d’état dans le palais. Déjouant le dispositif de sécurité, le «couple présidentiel» de Greenpeace est sorti d’une limousine en tenue de soirée. Ils ont monté les marches sur le tapis rouge et, une fois en haut, ont brandi des banderoles: « Politicians talk, leaders act» (les politiciens parlent, les leaders agissent).

Ce message avait déjà été diffusé dans l’après midi sur des banderoles en hauteur, en dehors du périmètre de sécurité, afind e communiquer directement avec les chefs d'état en route vers le palais. Greenpeace avait aussi projeté sur le bâtiment qui abrite le bureau du Premier Ministre danois « Ne trahissez pas l’avenir de nos enfants », pour une fois de plus rappeler l’importance d’engagements concrets.

27 chefs d’état, des pays industrialisés comme des pays en développement, se sont réunis la nuit dernière pour élaborer un texte présenté aux autres dirigeants dans la matinée. Initiative qui sonne creux alors que des chiffres manquent sur la table. La déclaration politique élaborée cette nuit n’en comporte qu’un, celui des besoins financiers des pays en développement, sans parler de qui paiera et à quelle hauteur. Aucun engagement de réduction des émissions ne figure non plus dans ce texte. L’intervention de Barack Obama qui vient de se terminer ne fait qu’aller dans le sens d’une déclaration convenue, vide de tout engagement.

[17.12.09]Nicolas Sarkozy fait un discours volontariste mais oublie encore les chiffres essentiels !

À la tribune de la conférence sur le climat, le président de la République française a prononcé ce jeudi un discours volontariste et plein d’emphase. Mais il manque toujours les deux chiffres qui indiqueraient clairement ses ambitions pour la France et l’Europe à Copenhague :

- 40% : l'Europe doit s'engager à réduire d'au moins 40 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020.

35 milliards d'euros par an : c'est le montant du soutien que doit apporter l'Europe aux pays en développement face à la crise climatique.

Il reste à Nicolas Sarkozy et à ses homologues de l'Union européenne une possibilité pour afficher ses objectifs : le sommet des chefs d’Etat européens qui se tient ce jeudi soir, à Copenhague.

Après treize jours de négociations, les pays industrialisés ont mis les négociations sur le climat au bord de la catastrophe par leur inertie, leur manque d’ambition, leur égoïsme. Ils refusent d'accepter des réductions plus importantes de gaz à effet de serre et de fournir un financement adéquat pour soutenir les pays en développement. Pour reprendre le contrôle de cette situation chaotique, Nicolas Sarkozy et ses homologues européens doivent montrer l’exemple et chiffrer leurs belles intentions de façon unilatérale et inconditionnelle.

Il reste moins de 24 heures aux Nations unies pour parvenir à un accord équitable, ambitieux et juridiquement contraignant, qui permette de maintenir l’augmentation des températures sous la barre des 2° C.

[16.12.09]Greenpeace dénonce le blocage américain des négociations à Copenhague

Alors que les ministres ont pris la main sur les discussions de Copenhague, les négociations patinent toujours et encore à Copenhague. Les États-Unis bloquent les discussions et vident de leur contenu les textes qui sont sur la table. Les citoyens sont exaspérés et Greenpeace condamne l’attitude du pays le plus riche du monde, le premier pollueur historique. Les Etats-Unis font tout pour durcir les obligations des pays en développement, tout en se soustrayant eux-mêmes à toute contrainte.

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Les négociateurs de Barack Obama vident les textes de tout objectif chiffré, mettent tout entre crochets, etc. Ils ressortent les ficelles utilisées par leurs prédécesseurs sous la houlette de George W. Bush. C’est inacceptable ! Les États-Unis prennent en otage ces négociations et l’Europe fait le dos rond. Les négociateurs et les ministres semblent avoir laissé chez eux leur volonté politique. Espérons qu’il n’en sera pas de même des chefs d’État et que ceux-ci viennent à Copenhague avec des engagements ambitieux dans leurs bagages.

Leur arrivée coïncide avec l'exclusion des observateurs indépendants. Dès demain jeudi, les délégations des ONG seront réduites à peau de chagrin. Ce matin, les représentants des Amis de la Terre et d’Avaaz n’ont pas été autorisés à entrer dans le centre de conférences. Il s'agit d'une mesure de rétorsion suite à une interpellation pacifiste organisée par ces deux associations envers la délégation européenne. Greenpeace, WWF et le Réseau Action Climat international ont officiellement demandé à la présidence danoise et au secrétariat des Nations unies d’autoriser les Amis de la Terre et Avaaz à entrer dans le Bella Center.

Le centre de conférences s’est transformé en camp retranché et la conférence de Copenhague prend des allures de G8. Greenpeace fait pression sur les négociations à l’intérieur mais aussi à l’extérieur du Bella Center. Greenpeace est une organisation de défense de l’environnement pacifiste et non-violente. Elle appelle les manifestants au calme mais aussi les négociateurs à entendre l’exaspération des pays africains, des États insulaires du Pacifique, des représentants des ONG, des citoyens qui tous réclament un accord équitable, ambitieux et juridiquement contraignant, qui permette de sauver le climat et de maintenir la hausse des températures sous la barre des 2° C.

Pour avoir une chance d’obtenir cet accord, les États-Unis et l’Europe doivent enfin afficher des objectifs contraignants et ambitieux de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre et mettre sur la table l’argent nécessaire à la lutte contre les changements climatiques. Greenpeace va tout mettre en œuvre pour faire avancer les choses dans ce sens. D’ici demain soir, l’Union européenne doit annoncer qu’elle s’engage unilatéralement et sans condition à réduire des émissions d’au moins 30 % d’ici à 2020.

[16.12.09]Greenpeace recouvre Paris d'affiches contre la déforestation

La nuit dernière, des militants de Greenpeace ont recouvert les murs de la capitale d’affiches chocs sur la question de la protection des forêts, sujet crucial à Copenhague. Cette campagne parodie une publicité anti-tabac. Elle dénonce la déforestation, responsable de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et le danger pesant sur les populations et la biodiversité.





Greenpeace veut ainsi interpeller Nicolas Sarkozy qui reçoit aujourd’hui plusieurs dirigeants de pays forestiers du bassin du Congo, deuxième « poumon vert » de la planète après l’Amazonie. Greenpeace demande qu’à l’issue de cette réunion, la France précise combien elle veut que les pays industrialisés mettent sur la table pour mettre un terme à la déforestation tropicale d'ici à 2020.

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Dans sa volonté de s’afficher comme un leader de la lutte contre les changements climatiques, le président français multiplie les rencontres et les déclarations, notamment sur les enjeux liés aux forêts. Concernant le soutien financier à fournir aux pays en développement, la France vient de chiffrer un engagement à court terme, sur les trois prochaines années. C’est nécessaire mais complètement insuffisant.

Le véritable enjeu consiste à s’engager sur l’après-2012. Pour atteindre zéro déforestation en 2020, 30 milliards d’euros par an sont nécessaires. Mais ces financements ne doivent pas être un chèque en blanc accordé à des régimes à la gouvernance parfois défaillante. De nombreux groupes privés (industrie forestière, agro-industrie, etc.) guettent déjà la manne financière que représentera l’aide à la lutte contre la déforestation pour la détourner en aide à la « destruction durable » des forêts. Les forêts ne doivent pas être des valeurs marchandes.

Or, hier, après des mois de discussions, les ministres européens de l’Agriculture, ont adopté en première lecture un projet de réglementation européenne sur le bois, censé lutter contre le commerce de produits bois illégaux, moteur majeur de la déforestation tropicale. Le texte adopté est si faible qu’il ne changera rien au commerce de bois illégal en Europe. Il y a bel et bien d’un coté, des discours incantatoires, et de l’autre, l’incapacité pour l’Europe et la France de se doter d’une loi solide pour bannir le bois illégal, coupé dans le mépris des lois locales au Brésil, en Indonésie et en Afrique centrale.

Vous pouvez nous soutenir dans ce combat en signant notre pétition " Zéro déforestation ". Plus de 100 000 personnes l'ont déjà fait.