Rapport du GIEC : transformons notre système alimentaire

Des écosystèmes précieux sous pression

Le rapport du GIEC détaille que plus d’un quart des terres sont dégradées par l’activité humaine. La pression que nous exerçons sur les terres alimente dangereusement le dérèglement climatique. En effet, les sols peuvent agir comme un puissant puits de carbone permettant ainsi de capter le CO₂ présent dans l’atmosphère. Il est donc essentiel de protéger et de restaurer les écosystèmes capables d’absorber le CO₂ tels que les forêts, prairies ou zones humides pour lutter contre la crise climatique. Les dégrader nous met en danger. Mettre fin à la déforestation et à la dégradation des forêts tout en restaurant les écosystèmes dégradés est un défi de taille. Pourtant, des solutions existent bel et bien. La France doit notamment mettre en œuvre les engagements pris dans sa stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée. Ils restent pour l’instant de grands principes non suivis d’actions.

Un système alimentaire à bout de souffle

Le rapport du GIEC nous le montre : notre système alimentaire et agricole est à bout de souffle. Pour protéger le climat et nourrir l’humanité, il faut agir maintenant. Les émissions de gaz à effet de serre du système alimentaire dans son ensemble, y compris la production et la consommation, représentent jusqu’à 37 % des émissions mondiales totales d’origine humaine. Face à la gravité de la crise climatique, notre prise de conscience individuelle et collective est essentielle pour changer de modèle de société. Les citoyens et citoyennes peuvent déjà agir à leur niveau, en réduisant leur consommation de viande et de produits laitiers. Mais la nécessité de cette prise de conscience individuelle ne doit pas servir d’excuse aux responsables politiques pour ne pas mettre en place les mesures de plus grande portée qui s’imposent.

Ce nouveau rapport met les gouvernements face à leurs responsabilités : ils doivent revoir à la hausse leurs objectifs climatiques et agir réellement pour les atteindre. Cela passe par exemple par le soutien de la transition agroécologique face au développement des fermes-usines, la fin des importations en France de soja issu de la déforestation et destiné à l’alimentation animale, ou le développement de l’offre de repas végétariens dans la restauration collective.

Nous avons lancé l’alerte déforestation à Sète fin juin au cours d’une action spectaculaire. Notre gouvernement doit prendre ses responsabilités en mettant fin à l’élevage industriel et à l’importation de matières premières qui ont contribué à la déforestation, comme le soja à destination de l’alimentation animale.

 

(Crédits photographiques : © Marizilda Cruppe / Greenpeace)