En tant qu'organisation de la société civile guidée par des valeurs et des

Libertés et droits fondamentaux - Paix et justice

Notre réaction à l’instrumentalisation politique suite au décès tragique d’un militant d’extrême droite

En tant qu’organisation de la société civile guidée par des valeurs et des principes d’action intangibles de tolérance, de solidarité, de respect des libertés et des droits humains, de justice sociale et écologique, de non-violence, il nous apparaît que le contexte est aujourd’hui grave et demande vigilance et responsabilité.

La mort d’un jeune militant d’extrême droite à Lyon le week-end dernier est un drame humain. Nous adressons nos condoléances aux proches et à la famille. Le travail de la justice clarifiera les circonstances de ce drame et apportera la lumière sur les responsabilités. Ce travail doit être respecté et justice doit être rendue.

Nous condamnons sans réserve les violences qui ont entraîné la mort de ce jeune homme. Nous voulons aussi soutenir avec force les voix qui se sont exprimées pour rappeler les noms, nombreux, de celles et ceux qui sont morts, en France, de la violence des groupuscules d’extrême droite ou de personnes agissant au nom de son projet raciste et profondément intolérant et d’une idéologie fasciste. Ces victimes ne bénéficient pas, elles, de la même visibilité et de la même indignation politique ou médiatique. La violence de l’extrême droite est bien trop souvent minimisée, niée, passée sous silence. Cela doit cesser et justice doit également être rendue pour toutes ces agressions et crimes racistes et de haine.

De plus, dans un contexte déjà marqué par une extrême droitisation brutale du débat politique et public, nous assistons depuis quelques jours à une accélération terrible du processus de banalisation du fascisme et de diabolisation de l’antifascisme et des luttes progressistes et émancipatrices en général. Nous n’acceptons pas l’inversion des valeurs et des responsabilités historiques en cours. Le fascisme est la promotion d’un système politique profondément autoritaire, violent, identitaire, suprémaciste et réactionnaire. C’est aussi une idéologie qui méprise les enjeux écologiques, et promeut des politiques ouvertement écocidaires. Combattre le fascisme est une nécessité. Si les mouvements antifascistes existent, c’est parce que la menace fasciste existe, parce qu’elle est intrinsèquement et structurellement violente et parce que nos responsables politiques et nos institutions laissent trop souvent cette violence-là prospérer.

Nous voyons cet événement tragique être instrumentalisé par l’extrême droite pour servir son agenda politique et son entreprise de dédiabolisation, pour continuer à cibler les minorités et à diviser les citoyen-nes, et être récupéré plus largement pour discréditer globalement les militant·es et acteurs politiques à gauche de l’échiquier politique. Nous voyons cet événement justifier une cristallisation et une escalade des violences politiques et des menaces notamment contre des élu·es, représentant·es et militant·es associatifs, syndicaux ou politiques. Ces derniers jours ont été marqués par une attaque contre les locaux d’une union départementale de Solidaires, des dégradations contre une mosquée ou contre des permanences parlementaires, des menaces de mort contre des militant·es politiques et du mouvement social, une alerte à la bombe au siège de la France Insoumise, etc.

En tant qu’organisation environnementale non-violente, nous avons la conviction qu’il est plus que jamais essentiel de continuer à agir ensemble pour contrer une idéologie d’extrême droite fondée sur le racisme, la xénophobie, les discriminations, la haine de l’autre, la régression des droits et le climatoscepticisme, afin de ne pas laisser la place à encore plus de violence dans notre société. Nous voulons lutter sur le terrain des idées, pour la défense et la construction d’une société plus juste, protectrice du vivant, fondée sur la solidarité, la tolérance et le respect des droits humains.

En savoir plus

 

View this post on Instagram

 

A post shared by France Culture (@franceculture)