Acte I : le cri de deux millions de citoyen·nes à l’Assemblé
Après sept mois d’attente, le débat sur la pétition contre la loi Duplomb s’ouvre enfin à l’Assemblée Nationale. Avec plus de 2,1 millions de signatures, ce texte est devenu la deuxième pétition la plus signée de l’histoire de France.
Cette mobilisation sans précédent exprime le refus clair d’un modèle agricole tourné vers la surproduction agricole au détriment de la santé publique. C’est par la mobilisation que ce débat voit aujourd’hui le jour. Le gouvernement devra s’expliquer sur son soutien à un texte qui aggrave les atteintes à l’environnement, fragilise le monde paysan et sacrifie la préservation de l’eau. Balayer ce débat reviendrait à ignorer une volonté citoyenne historique.
Acte II : l’offensive Duplomb 2
Pourtant, au mépris total de ce signal démocratique, le sénateur Laurent Duplomb a déjà lancé la suite des hostilités. Avant même que le débat sur la pétition n’ait lieu, une nouvelle proposition de loi a été déposée début février 2026.
Le retour programmé des pesticides interdits
La loi Duplomb 2 passe à l’offensive concrète pour lever les verrous que le premier volet n’avait pas réussi à faire sauter. Son objectif principal est d’autoriser à nouveau l’usage de pesticides interdits : deux insecticides néonicotinoïdes, dont l’acétamipride.
Ces substances sont connues pour leurs effets dévastateurs sur les pollinisateurs et la biodiversité, mais le texte cherche à contourner les interdictions françaises au nom d’une compétitivité mal comprise. En multipliant ces dérogations, la loi Duplomb 2 organise un retour en arrière qui expose directement la santé des paysans et des écosystèmes. Cette politique s’inscrit dans un contexte européen inquiétant : la loi « Omnibus » prévoit de déréguler les procédures d’homologation, permettant potentiellement d’autoriser des pesticides de façon illimitée dans le temps.
L’industrialisation à marche forcée
Derrière la loi Duplomb se cache une volonté de verrouiller un système agricole industriel à bout de souffle :
- Élevages industriels : la loi Duplomb facilite désormais l’implantation des « fermes-usines » en relevant les seuils d’autorisation (jusqu’à 85 000 volailles). Elle réduit également au silence les riverains en remplaçant les réunions publiques par de simples permanences en mairie.
- Accaparement de l’eau : le texte privilégie aussi les intérêts économiques d’une minorité d’irrigants (notamment pour le maïs) au détriment de l’intérêt général, alors que la pression sur la ressource en eau est jugée alarmante par la Cour des comptes.
Une alliance politique contre le vivant
Adoptée initialement grâce aux voix du Rassemblement National, des Républicains et d’une partie des centristes, les soutiens des lois Duplomb 1 et 2 illustrent un mépris flagrant pour les premières victimes du système : les paysans et les populations rurales.
Pour Greenpeace, ce sabotage organisé est une fuite en avant. Nous redoublerons de vigilance lors des débats à venir pour dénoncer chaque tentative de recul environnemental. La mobilisation citoyenne, riche de sa diversité et de sa détermination, est loin d’être terminée.