Cet été, nous avons suffoqué. Nous avons vécu la plus longue canicule jamais enregistrée en France, des hôpitaux sous tension, des écoles contraintes de fermer, des incendies d'une rare intensité qui ont consumé des milliers d'hectares, une sécheresse extrême qui menace l'agriculture, la production d'énergie et la biodiversité. Était-ce évitable ? Analysons ensemble pour mieux comprendre, et agir.

Climat

Canicules suffocantes, incendies dévastateurs : ne pas oublier l’été 2026

Cet été, nous avons suffoqué. Nous avons vécu la plus longue canicule jamais enregistrée en France, des hôpitaux sous tension, des écoles contraintes de fermer, des incendies d’une rare intensité qui ont consumé des milliers d’hectares, une sécheresse extrême qui menace l’agriculture, la production d’énergie et la biodiversité. Était-ce évitable ? Analysons ensemble pour mieux comprendre, et agir.

Face à l’urgence climatique actuelle et au manque de moyens pour y faire face, mobilisons-nous :

  • Le 15 septembre à 19h30, devant le ministère de l’Économie et des Finances, à Paris, pour aller chercher l’argent là où il se trouve. Plus d’informations sur le site de l’événement.
  • Le 26 septembre, dans la rue, partout en France. Plus d’informations sur le site de l’événement.

La réalité brûlante du changement climatique

Des canicules meurtrières

Les 23 et 24 juin ont été les deux journées les plus chaudes jamais enregistrées en France. La vague de chaleur de juin a atteint une intensité et une durée inédites, avant que deux nouvelles canicules ne frappent le pays au cours de l’été.

Ces records dépassent largement notre territoire. L’Europe occidentale a connu ses mois de juin et de juillet les plus chauds jamais enregistrés. C’est le continent qui se réchauffe le plus rapidement, à un rythme plus de deux fois supérieur à la moyenne mondiale.

Des températures extrêmes qui ont des effets dramatiques puisque le bilan provisoire de l’été est mortifère : plus de 32 000 personnes sont mortes en Europe à cause des fortes chaleurs, dont plus de 7300 en France et 15 800 en Allemagne sans compter le mois d’août. 

Si les personnes âgées, malades et les nourrissons sont particulièrement vulnérables, ces canicules ont aussi beaucoup impacté les personnes moins concernées habituellement : les moins de 45 ans ont vu leur mortalité augmenter, avec près de 30 % de décès supplémentaires par rapport à une période sans canicule.

Les pertes ne sont pas qu’humaines. Des millions d’animaux sont morts dans les élevages. Plus de 200 millions sont actuellement enfermés dans des fermes-usines françaises ; certaines d’entre elles peuvent contenir plus d’un million de volailles. En Bretagne, la canicule de juin a notamment conduit à l’enfouissement de 5000 tonnes de cadavres. Ces épisodes de chaleur révèlent la vulnérabilité d’un modèle fondé sur la concentration toujours plus importante d’animaux et rappellent surtout l’urgence de sortir d’une industrialisation de l’élevage aussi maltraitante qu’inadaptée au changement climatique.

Depuis la conclusion de l’Accord de Paris, les onze années entre 2015 et 2025 sont les plus chaudes jamais enregistrées au niveau mondial. Alors que les émissions de gaz à effet de serre continuent d’alimenter le réchauffement, l’objectif de 1,5°C est toujours plus menacé.

Cet été n’a rien d’une parenthèse exceptionnelle. C’est un aperçu des conséquences dramatiques du changement climatique, qui vont se faire de plus en plus intenses et fréquentes si nous n’agissons pas dès maintenant.

Des incendies gigantesques

Ces derniers mois ont également été marqués par des incendies d’une rare intensité, favorisés par les vagues de chaleur qui ont créé les conditions propices à leur propagation. En France et en Espagne, plus de 320 000 personnes ont été évacuées à la fin du mois de juillet. À cette période, plus de 580 000 hectares avaient déjà brûlé en Europe. Début août, près de 100 000 hectares sont partis en fumée en France; c’est trois fois la moyenne annuelle, alors même que l’été était loin d’être terminé.

Les flammes ont notamment consumé des dizaines de milliers d’hectares de forêts en Gironde et dans les Landes. Mais ces catastrophes ne concernent plus seulement les territoires historiquement exposés. Des régions jusqu’ici relativement épargnées voient désormais apparaître des risques importants, notamment en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Des pays comme la Belgique ou l’Angleterre, eux aussi peu habitués à des incendies d’une telle ampleur, ont été touchés.

Si les départs de feu sont, dans la plupart des cas, d’origine humaine, le changement climatique joue un rôle majeur dans leur propagation. Il favorise des conditions météorologiques qui facilitent le déclenchement des incendies et les rendent plus difficiles à maîtriser.

Avec le réchauffement planétaire, la sécheresse progresse et rend les forêts particulièrement vulnérables. Entre 2015 et 2024, la surface des sols touchée par la sécheresse était supérieure de 50 % à celle observée sur la période 1961-1990. Des températures élevées, combinées à des sols et une végétation plus secs, forment ainsi un cocktail explosif.

Lorsque les forêts brûlent, ce sont des écosystèmes entiers qui disparaissent, du carbone qui est relâché dans l’atmosphère et des territoires qui peuvent mettre des décennies à se reconstruire. Le coût de ces catastrophes est de plus en plus élevé. À titre d’exemple, les feux qui ont ravagé la Gironde, les Landes et le Var cet été auraient déjà coûté au moins 500 millions d’euros, selon une première estimation de France Assureurs, et il ne s’agit là que des pertes matérielles assurées.

Une France inadaptée au changement climatique

Cet été ne fait que rappeler une chose que nous savons déjà pertinemment : les conséquences du changement climatique bouleversent déjà notre quotidien et notre pays n’est pas préparé pour y faire face

Des services publics en grande difficulté 

Des établissements scolaires incapables d’accueillir leurs élèves dans des conditions acceptables, des épreuves du baccalauréat 2026 reportées, des températures dépassant les 30°C dans certaines salles de classe, le système éducatif a été pris de court par les fortes chaleurs. Face à des bâtiments inadaptés à faire face à de telles températures, les initiatives de parents d’élèves se sont multipliées, se voyant obligés de remplacer l’État pour trouver des solutions pour protéger leurs enfants et le personnel éducatif.

Le constat est similaire dans les hôpitaux, qui se sont retrouvés sous tension face à l’augmentation des urgences de santé en lien avec les canicules. Une situation qui intervient dans un système hospitalier déjà fragilisé par un manque chronique de moyens et de personnel. Les bâtiments se révèlent ici aussi inadaptés : certains établissements ont ainsi enregistré des températures atteignant 38 °C dans des chambres de maternité.

Des réseaux fortement perturbés, des trains supprimés ou retardés, des lignes de métros et de RER sous 40°C : les transports ont eux aussi montré leur vulnérabilité face à ces canicules à répétition. Les infrastructures ferroviaires, parfois vieillissantes, peinent à supporter des températures extrêmes. En juin, plusieurs lignes ont ainsi dû réduire leur vitesse ou leur trafic pour faire face à la chaleur.

Un système énergétique défaillant

Notre système énergétique montre aussi ses failles face à ces événements climatiques extrêmes. Des centrales de production électrique ont vu leur activité réduite ou interrompue, alors même que la demande d’électricité en France a fortement augmenté ces derniers mois, notamment pour alimenter les systèmes de ventilation, de climatisation et de refroidissement.

Le secteur nucléaire a été particulièrement touché, les centrales dépendant de l’eau des rivières pour assurer leur refroidissement. La sécheresse ayant provoqué une baisse du niveau de l’eau disponible et les vagues de chaleur ayant fait augmenter sa température, plusieurs réacteurs ont ainsi été contraints de réduire leur puissance, voire de s’arrêter

Cette situation met en lumière une vulnérabilité structurelle du parc nucléaire face à l’intensification des sécheresses et à la raréfaction de la ressource en eau. Alors que les besoins en électricité augmentent lors des épisodes de chaleur, une partie de notre capacité de production se retrouve fragilisée par ces mêmes conditions climatiques.

Dans le même temps, le solaire a été la seule source d’énergie à continuer de produire plus d’électricité, contribuant à répondre à la hausse de la demande. Ces événements rappellent l’urgence d’engager une véritable transition énergétique basée sur les énergies renouvelables, la sobriété et l’efficacité énergétique, et de cesser de miser massivement sur une énergie aussi dangereuse et dépendante de la ressource en eau que le nucléaire, tout en maintenant notre dépendance aux énergies fossiles qui alimentent le dérèglement climatique.

Peut-on dire qu’il y a des responsables ?

Spoiler : Oui. Les vagues de chaleur et les incendies qui s’intensifient sont les conséquences directes de l’inaction, voire du sabotage, de nos responsables politiques, qui permettent aux entreprises polluantes de faire passer leurs profits avant les populations. 

Les entreprises des énergies fossiles, premiers responsables de la crise climatique

Les multinationales du pétrole et du gaz sont les principales responsables du réchauffement planétaire. Elles connaissent depuis le début des années 70 l’impact désastreux de l’exploitation des énergies fossiles, sur les écosystèmes, le climat et les populations.

Elles ont pourtant délibérément fait le choix de poursuivre dans cette voie pour engranger toujours plus de profits, au détriment de notre avenir, de notre santé et de nos conditions de vie. Elles ont même tout fait pour retarder et affaiblir l’action climatique. Résultat : nous vivons des événements climatiques toujours plus extrêmes, dramatiques et meurtriers, comme les incendies qui ont ravagé la France cet été.

Alors, quand le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, annonce prendre en charge le carburant nécessaire aux pompiers pour leurs interventions, en se présentant en sauveur, il oublie de préciser une chose essentielle : les activités de son groupe sont la cause du dérèglement climatique qui aggrave les conditions dans lesquelles ces incendies se déclenchent et se propagent. 

Une capture d’écran d’un tweet de Patrick Pouyanné annonçant la prise en charge du carburant pour les interventions des pompiers.

Pendant que des milliers de pompiers risquent leur vie pour éteindre les flammes allumées par les multinationales pétro-gazières, ces dernières continuent d’empocher des milliards de bénéfices. La représentante française a réalisé 5,4 milliards de dollars de profits rien qu’au deuxième trimestre 2026, soit plus du double de ceux enregistrés un an auparavant, en grande partie grâce à la guerre au Moyen-Orient.

Si ce coup de communication permet d’apporter une aide, même minimale, à des services de secours qui manquent cruellement de moyens, tant mieux. Mais il ne doit pas faire oublier l’essentiel : qui va payer les coûts des dégâts causés par ces méga-feux, déjà estimés à au moins 500 millions d’euros ?

C’est bien là qu’il est nécessaire de questionner la responsabilité des entreprises comme TotalEnergies, qui doivent payer pour réparer les dégâts qu’elles causent. Vous êtes d’accord ? Signez notre pétition pour pousser cette demande auprès de nos responsables politiques !

Le sabotage climatique de nos responsables politiques

Si les entreprises des énergies fossiles accentuent de jour en jour la crise climatique, c’est en grande partie la responsabilité des gouvernements qui les laissent poursuivre leurs activités sans les réguler et tardent à organiser la fin de notre dépendance au pétrole et au gaz. 

En France, nos responsables politiques continuent d’ignorer la réalité du réchauffement planétaire au lieu de prendre les mesures nécessaires pour nous en protéger. Les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron portent une lourde responsabilité dans la catastrophe en cours.

Près de 10 ans de sabotage climatique qui se traduit par une absence de mesures concrètes pour agir sur les causes de la crise climatique, en réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et en mettant notamment en place une réelle trajectoire de sortie du pétrole et du gaz. Rappelons qu’Emmanuel Macron avait promis en 2022 de faire de la France « le premier grand pays à sortir de la dépendance aux énergies fossiles ».

Mais si agir sur les causes reste essentiel, cela ne suffit plus. Face à la réalité de l’urgence climatique, il devient vital aujourd’hui d’adapter notre société aux conséquences du changement climatique pour protéger la population. Cela implique de rénover les logements, les bâtiments et les infrastructures, mais aussi de donner aux services publics et aux services de secours les moyens de faire face aux catastrophes climatiques. Là encore, les pouvoirs publics sont loin d’être à la hauteur.

Alors que le nombre de sinistré·es climatiques en France continue d’augmenter, l’urgence écologique disparaît des priorités politiques. Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), dont le gouvernement s’est récemment félicité, est une illustration de cet échec persistant. Les mesures qui y sont présentées sont insuffisantes et incohérentes, et ne permettent ni de renforcer la résilience de nos territoires, ni de protéger les personnes les plus vulnérables.

Les financements consacrés à l’adaptation ne cessent de diminuer. Le Fonds vert, qui permet notamment aux collectivités de financer des projets de rénovation énergétique et d’adaptation des bâtiments publics, a été fortement réduit ces dernières années : de 2,5 milliards d’euros en 2024, il est passé à 1,15 milliard en 2025, puis à 837 millions d’euros en 2026. Des montants dérisoires au regard des investissements nécessaires pour nous adapter à cette crise.

Même constat du côté des moyens alloués aux pompiers et aux services de secours. Entre 2016 et 2024, 345 centres d’incendie et de secours ont été fermés. Suite aux incendies de la Teste-de-Buch en 2022, les 12 canadairs actuellement en service, dont l’âge moyen est de 28 ans, devaient être remplacés et quatre nouveaux appareils devaient rejoindre la flotte. Au final, seuls quatre ont été commandés, et leur livraison va se faire attendre encore quelques années.

Nous le savons depuis plusieurs décennies : l’inaction climatique coûte au moins cinq fois plus cher que l’action. Plus nos responsables politiques réduiront les moyens consacrés à lutter contre le réchauffement planétaire et à adapter nos territoires, plus ils nous condamneront à payer le prix fort des catastrophes qu’ils auraient pu contribuer à éviter.

L’extrême droite instrumentalise les drames pour maquiller sa responsabilité

Face aux catastrophes que nous avons vécues cet été, l’extrême droite a tenté de se réapproprier la question climatique pour masquer sa part de responsabilité. Derrière ce nouveau discours, ses votes et ses propositions racontent une tout autre histoire.

À chaque fois qu’il a été question de mieux prévenir les feux de forêt, d’adapter nos écosystèmes et nos infrastructures au changement climatique ou de renforcer les moyens pour y faire face, l’extrême droite s’est positionnée contre ou a préféré botter en touche.

Quelques exemples : en 2015, les eurodéputé·es du Front national se sont abstenu·es lors du vote sur l’Accord de Paris. En 2022, les député·es du Rassemblement national ont refusé une proposition visant à renforcer les effectifs de sapeurs-pompiers professionnels. En 2023, le parti s’est positionné contre la création de pare-feux naturels pour ralentir la propagation des incendies. Plus récemment, il s’est opposé à plusieurs mesures permettant la rénovation énergétique des logements et la protection des locataires contraint·es de vivre dans des passoires thermiques et a proposé, dans son contre-budget pour 2026, de supprimer le Fonds vert.

L’extrême droite ne cherche pas à agir contre le changement climatique, ni à protéger la population de ses conséquences. Nous avons besoin de responsables politiques qui votent à la hauteur des enjeux et de l’urgence.

La crise climatique est bien le résultat de choix économiques et politiques faits par quelques personnes au pouvoir. Les conséquences que nous subirons demain dépendront aussi des choix que nous ferons dans les urnes dans quelques mois, lors de l’élection présidentielle de 2027.

Comment agir après cet été dramatique ?

Cet été ne doit pas être oublié. Nous ne pouvons plus attendre et continuer de dresser des bilans mortifères et alarmants. Il est encore possible de changer les choses, des solutions existent : augmentation du fonds vert pour les collectivités, taxation des entreprises des énergies fossiles, mise en place d’un plan grand chaud… L’inaction politique n’est plus une option.

C’est pour cette raison que Greenpeace France lance un appel à se mobiliser pour exiger des moyens à la hauteur de l’urgence et des enjeux, aux côtés de syndicats de pompiers, d’infirmier·es et de travailleur·euses, et d’associations de protection de l’environnement et des animaux, de solidarité internationale et de défense des droits humains.

Deux rendez-vous à venir : 

  • Le 15 septembre à 19h30, devant le ministère de l’Économie et des Finances, à Paris, pour aller chercher l’argent là où il se trouve. Plus d’informations sur le site de l’événement.
  • Le 26 septembre, dans la rue, partout en France. plus d’informations sur le site de l’événement.

D’ici là, la mobilisation continue en ligne. Avec les organisations de l’Affaire du Siècle, nous avons lancé un grand comptage citoyen des personnes touchées par le changement climatique, pour se rendre plus visibles et ne pas être ignoré·es. Plus de 140 000 personnes ont déjà répondu. Vous aussi, signalez-vous en quelques clics :