Une triple offensive sans précédent
Le sabotage du RDUE : l’Europe renie sa parole
C’est un coup de Trafalgar venu de Bruxelles. Alors que le Règlement européen contre la déforestation (RDUE) devait entrer en vigueur en décembre 2024 et garantir aux consommateurs européens que leur café, leur chocolat ou leurs meubles en bois ne détruiraient plus de forêts, les député·es de droite et d’extrême droite ont voté son report pour la deuxième année consécutive, et la Commission européenne pourrait bientôt discuter d’un moyen de le vider le RDUE de sa substance.
En retardant et en affaiblissant le RDUE, l’Union européenne récompenserait les entreprises les moins vertueuses et pénaliserait celles qui ont déjà investi pour protéger les forêts. Ce recul politique laisserait le champ libre à la destruction de la nature pour alimenter le marché européen.
UE-Mercosur : la prime à la destruction
Parallèlement, la Commission européenne et certains États membres tentent d’imposer l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur avant même que ce traité ne soit voté au Parlement européen. Faire entrer en vigueur ce traité malgré l’opposition de pays comme la France, c’est privilégier un commerce d’un autre âge au mépris des agriculteur·trices et de l’urgence climatique.
Mais malgré tout, l’espoir de voir cet accord disparaître demeure. En tentant de contourner les parlements nationaux par des artifices juridiques, la Commission a déclenché une riposte sans précédent, et a poussé les députés européens à saisir la Cour de justice de l’UE. Ce répit est une chance de mobiliser massivement pour convaincre les eurodéputé·es de rejeter définitivement ce texte une fois que la Cour aura rendu sa décision, probablement avant le printemps 2027.
Le message est clair : nous ne laisserons pas le libre-échange dicter la fin de l’Amazonie.
Brésil : le lobby du soja brise le moratoire anti-déforestation
Pour couronner le tout, le 5 janvier dernier, ABIOVE, le lobby brésilien du soja, a annoncé son intention de se retirer du moratoire sur le soja en Amazonie. Cet accord historique, signé en 2006, avait pourtant permis de faire chuter la déforestation liée au soja à moins de 4 % en 2025. En retombant sous le seul régime du Code forestier brésilien, la déforestation pourrait bondir de 30 % d’ici 2045.
- Pour les consommateurs, cela signifierait la fin de la garantie d’un soja “zéro déforestation” en Amazonie.
- Pour la forêt amazonienne, le risque serait qu’elle soit poussée au-delà de son point de basculement, transformant cette immense réserve de carbone et de biodiversité en un écosystème aride.
Ne laissons pas 2026 être l’année du chaos
L’Amazonie est un commun qui nous concerne tous et toutes. Face à l’hypocrisie climatique de l’Union européenne et à la cupidité des lobbies, nous devons faire bloc.
Ce que nous demandons :
- Le mise en œuvre rapide et stricte du RDUE sans exemptions pour les lobbyistes.
- Le rejet définitif de l’accord UE-Mercosur par le Parlement européen et pas de déploiement temporaire par la Commission.
- Le maintien du moratoire sur le soja en Amazonie (et de la protection qu’il permet)