Climat

Terminal charbonnier de Cherbourg, le ministre de l’environnement doit dire non ! Greenpeace lance une mobilisation sur internet

Paris, le 4 juin 2009 : Alors que le rapport d’enquête publique concernant le projet de terminal charbonnier de Cherbourg devrait être rendu public dans les jours prochains, le ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo –à même d’autoriser ou non le projet- ne s’est toujours pas positionné. Greenpeace lance une « consultation » sur Internet et demande à tous les citoyens se sentant concernés par le changement climatique et souhaitant souligner l’incohérence de ce projet de se manifester. Les internautes pourront signer, supporter voire directement financer une action destinée à transmettre très concrètement leur message au ministre dans les semaines à venir.

« On ne peut plus laisser passer de tels projets à l’heure où des négociations ont débuté à Bonn, en vue du Sommet de Copenhague sur le climat de la fin d’année, à l’heure où la France, au travers des discours du Ministre de l’environnement et du Président de la République, s’affiche comme exemplaire en termes de lutte contre les changements climatiques » explique Emilie Johann, chargée de campagne climat pour Greenpeace France.

Un projet controversé au niveau local, incohérent au niveau national, international et qui va à contre-sens de l’histoire

Participez à la mobilisation Stop Charbon !

Le projet déchaine les passions à Cherbourg et dans sa région. L’enquête publique a pu faire émerger de nombreuses oppositions de la part des pêcheurs, riverains, plaisanciers. De l’autre coté, les élus locaux, la firme Louis Dreyfus Armateur –qui doit implémenter le projet- avancent l’argument économique et les emplois que générerait ce terminal (une cinquantaine). On peut même parler de mépris et de « chantage à l’emploi » au vu des prises de position récentes d’un dirigeant de Louis Dreyfus Armateur qui fustigeait les opposants au projet dans la presse locale.

« La crise économique mondiale, l’objectif de relancer les activités d’un port ne doit pas faire oublier l’incohérence du projet à tous les échelons. Le sens de l’histoire n’est pas de développer la filière charbon, l’énergie de la révolution industrielle, une des énergies fossiles qui nous ont conduits là où nous sommes en termes de changement climatique. Le charbon, c’est la matière première du changement climatique. Il est prouvé que des investissements massifs dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique permettraient de créer beaucoup plus d’emplois que les 50 projets charbonniers à l’étude actuellement en Europe ne créeront jamais » ajoute Emilie Johann.

Pour rappel, le terminal charbonnier de Cherbourg devrait –s’il est autorisé par le Ministre de l’Environnement et le préfet de la Manche- voir transiter à partir d’octobre jusqu’à 4,5 millions de tonnes de charbon en provenance de Colombie et à destination des centrales à charbon anglaises. Cela représente jusqu’à 11 millions de tonnes de CO2 émises dans l’atmosphère. Le charbon représente 30% des émissions mondiales de CO2 et 25% des émissions européennes. L’Angleterre affiche des objectifs très ambitieux de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, totalement incohérents avec une relance des centrales à charbon. Quand à l’Union Européenne, elle avance en vue de Copenhague un objectif d’au moins 20% de réduction de ses émissions d’ici 2020, objectif qui demeure totalement incompatible avec le développement du charbon.

Greenpeace propose à ses adhérents, sympathisants ou tout simplement à tous ceux qui veulent que la France assument et respectent ses engagement de se mobiliser sur
https://www.greenpeace.fr/stop-charbon/

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