Qui veut réduire au silence les défenseurs de la forêt?

Nous avons appris avec consternation en fin de semaine dernière la condamnation pour diffamation de Marc Ona, à 6 mois de prison avec sursis et au paiement de 5 millions de francs CFA (7 600 euros environ).


Cette condamnation ne peut qu’être liée au travail de Marc Ona pour dénoncer les impacts d’immenses plantations de palmier à huile au Gabon par la société OLAM.

Marc Ona est un pilier de la lutte contre la déforestation en Afrique. Il a été récompensé en 2009 par le Prix Goldman pour l’environnement. Au Gabon, Marc est le fondateur de l’ONG Brainforest, et un partenaire de longue date de Greenpeace. Il est également le coordinateur de la plateforme de la société civile « Publiez ce que vous Payez. » Et à ce titre, il a déjà fait l’objet d’intimidations.

Son courage et sa détermination en on fait un exemple pour de nombreux activistes environnementaux en Afrique et à travers le monde.

Des militants sous étroite surveillance

Ces moyens de pression sont typiques de ceux utilisés contre les défenseurs de la forêt en Afrique, notamment depuis que cette dernière est devenue la « dernière frontière de l’huile de palme » et de l’agro-industrie.

En Novembre, c’était Nasako Besingi, opposant au projet Herakles farms au Cameroun dont nous rapportions l’arrestation arbitraire, et en juillet 2012, Greenpeace, aux côtés de Survie et d’autres organisations, dénonçait la visite en France du président gabonais Ali Bongo, quelques semaines après que Marc Ona et d’autres militants avaient été arrêtés lors d’un rassemblement pacifique.

Pour Greenpeace, l’intérêt général du public à l’information doit prévaloir sur la protection de la réputation individuelle ou industrielle. La condamnation de Marc Ona entre ainsi en contradiction totale et regrettable avec de nombreux textes internationaux protégeant la liberté d’expression.

C’est pourquoi nous relayons l’appel de 5 ONG au gouvernement français lui demandant d’exprimer « publiquement sa préoccupation suite à cette atteinte aux libertés publiques au Gabon« .
Le silence ne saurait être une réponse acceptable au courage des activistes du bassin du Congo qui luttent pour la défense du second poumon de la planète.

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