Pure Salmon, c’est non !

Un projet hors normes

Baptisée “Pure Salmon”, du nom de la multinationale qui porte le projet (basée à Abu Dhabi et détenue par un fonds d’investissement singapourien), cette ferme-usine de saumons s’étendrait sur 75 000 m², à l’extrémité de l’estuaire de la Gironde. Avec une production annuelle de 10 000 tonnes de saumons, elle deviendrait la plus grosse installation du genre en Europe. Les risques liés à ce projet démesuré sont importants pour l’environnement, mais aussi pour la santé des habitant·es, l’approvisionnement en eau et les activités économiques (pêche et conchyliculture artisanales, loisirs, tourisme…) du territoire des deux côtés de l’estuaire, en Gironde et en Charente-Maritime.

 

La contestation s’organise

Manifestation à Verdon-sur-Mer le 18 octobre.
© Groupe local de Greenpeace de Bordeaux

La contestation du projet dépasse largement le cercle des associations environnementales. Habitant·es, élu·es, professionnels de la pêche et de la conchyliculture, acteurs économiques et collectifs citoyens expriment leurs inquiétudes sur l’avenir du territoire – et passent à l’action.

Un territoire mobilisé

Dimanche 18 octobre, une manifestation pacifique a eu lieu sur la presqu’île du Médoc, rejointe par des participant·es des deux rives de l’estuaire. Environ 2000 personnes étaient présentes, dont des membres du groupe local de Greenpeace de Bordeaux.

Une enquête publique organisée du 15 décembre 2025 au 19janvier 2026 sur le projet avait recueilli près de 23 000 contributions ! Selon les chiffres repris dans une question écrite à l’Assemblée nationale, 63 % des contributions étaient défavorables au projet. Dix-sept communes de l’estuaire ont également délibéré contre cette implantation. Au cours de cette enquête publique, la commission locale de l’eau, le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) et le Conseil scientifique de l’estuaire, opposés au projet, avaient pointé un déficit d’information derrière les « affirmations rassurantes » de la multinationale Pure Salmon. Malgré cela, la commission d’enquête avait rendu un avis favorable.

Deux recours en justice contre le projet

Le 6 octobre dernier, un collectif de 13 associations (dont Greenpeace France), quatre entreprises locales et 17 riverains·es a annoncé avoir déposé deux recours contre les décisions permettant la réalisation de cette ferme-usine au Verdon-sur-mer (un contre l’autorisation environnementale, un contre le permis de construire). L’audience devrait avoir lieu au plus tôt au printemps 2027.

Les parlementaires s’en mêlent

En mars 2025, une proposition de loi a été déposée par une centaine de député·es (de tous les bords de l’échiquier politique, à l’exception de l’extrême-droite) pour réclamer un moratoire de dix ans sur ces fermes-usines de saumons. À ce jour, elle n’a pas encore été examinée à l’Assemblée nationale. Une sénatrice de Gironde a également déposé une proposition allant dans le même sens au Sénat en septembre dernier.

Manifestation à Verdon-sur-Mer le 18 octobre.
© Groupe local de Greenpeace de Bordeaux

Cette mobilisation exceptionnelle révèle l’ampleur des enjeux. Au-delà des impacts sanitaires, environnementaux et économiques que ce projet pourrait avoir sur le territoire, la question démocratique est tout aussi centrale. Comment la décision d’autorisation, cruciale pour l’avenir du territoire, peut-elle être considérée comme légitime lorsque le projet suscite une opposition aussi importante ?
 
En définitive, ce sont deux visions irréconciliables de l’avenir qui s’opposent ici et qui reflètent, à l’échelle d’un territoire, les antagonismes qui secouent l’ensemble de notre société aujourd’hui. D’un côté, une vision du monde où la croissance industrielle illimitée, l’intensification à outrance de la production et la quête de rentabilité pour des capitaux étrangers justifient toujours davantage l’artificialisation des territoires et l’exploitation des ressources. De l’autre, une volonté de préserver les écosystèmes, de défendre la santé publique, de maintenir des activités locales vivantes et de redonner aux citoyens le pouvoir de décider de leur avenir et de celui du territoire où ils vivent. 
 

Que faire à mon niveau ?

  • En 20 ans, la production mondiale de saumon a triplé. En France, on en consomme 4,2 kg par an et par personne, ce qui fait de nous le premier consommateur européen de saumons. Il faut commencer par manger moins mais mieux de poisson : téléchargez notre guide de la consommation de poisson
  • Signez la pétition. pour demander la suspension du projet.
  • Rejoignez le Groupe local de Greenpeace de Bordeaux.