Pesticides : toutes nos colères convergent vers Syngenta

C’est la rentrée. Au cœur de l’été brûlant, une nouvelle offensive législative a été menée en faveur des pesticides, avec l’adoption en juillet de la très controversée loi d’urgence agricole, grâce aux votes des parlementaires de droite, d’extrême droite et du camp gouvernemental. Au niveau européen, la droite et l’extrême droite s’apprêtent à soutenir un texte extrêmement dangereux pour la santé et la biodiversité qui vise à autoriser de manière illimitée des pesticides. 

À chaque fois, derrière ces décisions se sont les lobbies de l’agro-industrie et de la chimie qui poussent pour moins de protection pour notre santé et plus de profits pour leurs actionnaires. C’est pourquoi Greenpeace France soutient les mobilisations qui dénoncent ces grands groupes de l’agro-chimie. 

Le 3 octobre 2026, faisons converger nos colères et nos luttes à Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure, pour une mobilisation internationale contre l’industrie des pesticides et l’usine de Syngenta (géant mondial de l’agrochimie.)

Pourquoi converger vers Syngenta ?

À Saint-Pierre-la-Garenne, Syngenta y produit de nombreux pesticides dangereux. Autour du site, les nappes phréatiques sont fortement contaminées par des pesticides.

Syngenta est l’une des principales multinationales mondiales de l’agrochimie. Basé en Suisse et contrôlé par le groupe public chinois Sinochem, le groupe commercialise notamment des pesticides et des semences dans plus de 90 pays. Son histoire est jalonnée de scandales sanitaires, environnementaux et judiciaires. À proximité du site de Saint-Pierre-la-Garenne, les nappes phréatiques sont durablement contaminées par des substances toxiques, dont plusieurs sont interdites depuis des années. 

Syngenta représente une industrie dont nous connaissons désormais les ravages : des produits dangereux continuent d’être fabriqués et exportés, tandis que les conséquences sanitaires, sociales et environnementales sont supportées par les personnes exposées et par la collectivité.

Les profits sont privés, les coûts, eux, sont laissés aux travailleurs et travailleuses, aux paysan·nes, aux malades, aux riverain·es et aux services publics.

 

Une année de scandales et de reculs

Cette mobilisation intervient après une année saturée d’alertes et de scandales liés aux pesticides : captages et nappes contaminés, personnes malades contraintes de se battre pour faire reconnaître leur exposition, salarié·es insuffisamment protégé·es, pesticides interdits en France mais toujours fabriqués ou exportés vers d’autres continents.

À cela s’est ajoutée, en juillet, l’adoption de la très controversée loi d’urgence agricole, grâce aux voix de la droite, de l’extrême droite et du camp gouvernemental.

Cette loi ouvre notamment la possibilité de dérogations permettant l’utilisation de deux néonicotinoïdes interdits en France : l’acétamipride et le flupyradifurone. Ces insecticides agissent sur le système nerveux des insectes et présentent des risques majeurs pour la biodiversité, en particulier pour les pollinisateurs, ainsi que pour la qualité de l’eau, des sols et la santé humaine.

Alors que les pollinisateurs disparaissent, que l’eau et les sols sont contaminés et que les alertes sanitaires s’accumulent, l’urgence pour nos dirigeants était donc encore de lever des contraintes pour préserver un modèle agro-industriel à bout de souffle.

Climat, pesticides : la même impréparation politique

Cette offensive législative a été menée au cœur d’un été marqué par les canicules, la sécheresse, les incendies et les restrictions d’eau.

Avec une température moyenne nationale de 24,9 °C, juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures, en 1900.

Face au changement climatique comme face aux pesticides, les alertes scientifiques existent depuis longtemps. Pourtant, les responsables politiques continuent trop souvent de protéger les intérêts économiques au détriment de notre santé, de la biodiversité et de nos conditions de vie.

 

 

Le 3 octobre, toutes nos colères et toutes nos luttes convergeront devant Syngenta.

Paysan·nes, salarié·es agricoles, personnes malades, riverain·es de territoires contaminés, citoyennes et citoyens : venez.

Cette mobilisation est co-construite par la Confédération paysanne, Cancer Colère, le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest et les Soulèvements de la Terre. Elle est soutenue par de nombreuses associations, syndicats, collectifs. 

Et si on y allait ensemble, à vélo ?

Pour rejoindre la mobilisation au départ de la région parisienne, une convergence à vélo s’organise, avec MC Danse pour le Climat et Les Amis de la Terre Nous voulons faire du trajet un cortège joyeux, visible et déterminé : des vélos, de la musique, des rencontres en chemin et une destination commune, Saint-Pierre-la-Garenne.

Vous voulez pédaler avec nous ?

Réservez votre samedi 3 octobre. Le départ est prévu à 8 heures, à Mantes-la-Jolie. Le parcours, les horaires détaillés et les conditions de participation seront communiqués prochainement.

 

Toutes les informations pratiques

 

Le 3 octobre, faisons nombre. Face à l’industrie des pesticides, notre meilleure réponse est la mobilisation. Le 3 octobre, rendez-vous dans l’Eure. Et si vous le pouvez, venez pédaler avec nous.