Pesticides : c’est notre santé qui est en jeu !

 

Depuis les années 1950, l’agriculture industrielle a banalisé l’utilisation massive de pesticides chimiques de synthèse. Dans de nombreux cas, ils sont répandus de façon préventive, alors même que les cultures ne sont victimes d’aucune maladie ou d’aucun parasite !

Nous sommes tous exposés à ces pesticides à travers notre alimentation, l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons et même à travers la poussière dans nos maisons.

Les agriculteurs et leurs familles parmi les plus touchés

Les agriculteurs, par la nature de leur travail, ainsi que leurs familles, sont les plus touchés par ces substances toxiques. Il est honteux que ceux qui nous nourrissent souffrent le plus de l’usage intensif des pesticides !
Ce rapport compile et analyse les résultats de 150 études qui ont été publiées dans des revues scientifiques de référence. Bien que certaines de ces études présentent des résultats contrastés, le nombre d’éléments à charge est accablant. Il faut cesser de se voiler la face : l’usage des pesticides dans l’agriculture industrielle affecte la santé des agriculteurs.

Les femmes enceintes sont également très vulnérables car les pesticides peuvent impacter le bon développement du fœtus. De même, les enfants en bas âge ne sont pas épargnés par les effets dévastateurs de ces substances toxiques. Leur corps en pleine croissance ne peut métaboliser certaines substances de la manière dont les adultes le font. Par ailleurs, les terrains d’exposition sont plus nombreux : à travers ce qu’ils touchent et ingèrent ou mettent simplement dans leur bouche.

Concernant les adultes, les études montrent des liens évidents entre une exposition régulière aux pesticides et le développement de nombreux cancers (cancer de la prostate et des poumons, notamment), ainsi que des maladies neurodégénératives, comme la maladie de Parkinson ou encore Alzheimer.

Certaines personnes, du fait de leur patrimoine génétique, seraient plus sensibles que d’autres à l’impact toxique des pesticides, qui peut être transgénérationnel. Certaines études indiquent que même si les générations futures ne sont pas directement exposées aux pesticides, elles pourraient en subir les conséquences car leurs grands-parents y étaient exposés !

Nous avons rencontré le docteur Charles Sultan, endocrinologue et professeur au CHU de Montpellier. Il nous explique en quoi les pesticides perturbent le développement des jeunes enfants.

Aider les agriculteurs à mettre en place des alternatives

Nous subissons au quotidien une exposition à un cocktail toxique de pesticides de synthèse.
Il existe pourtant des solutions ! Il faut métamorphoser notre modèle agricole actuel, et passer à l’agriculture écologique. Elle est la seule à pouvoir produire une alimentation saine pour aujourd’hui et les générations à venir. Il est donc nécessaire d’aider les agriculteurs à mettre en place ces solutions alternatives aux pesticides chimiques.

Greenpeace demande au gouvernement français et à l’Union européenne d’interdire progressivement l’utilisation des pesticides chimiques de synthèse (en commençant en priorité par les plus dangereux) et de réorienter les dépenses publiques liées à la recherche et à l’accompagnement des agriculteurs afin de favoriser des pratiques agro-écologiques.

Même si le défi parait être de taille, il est très loin d’être impossible à relever ! Ensemble, nous pouvons former un contre-pouvoir qui fera enfin pencher la balance en faveur d’ une agriculture écologique.