Océans

Greenpeace s’invite à la European Seafood Exposition

Bruxelles, le 23 avril 2008 – 80 militants de Greenpeace, originaires de 15 pays ont fermé les stands de cinq grands fournisseurs de thons, à la European Seafood Exposition. L’ONG demande à la filière d’observer un moratoire sur la commercialisation des espèces de thon menacées et des autres thonidés exploités de manière non-durable jusqu’à reconstitution des stocks.

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Les militants de Greenpeace ont recouverts les stands de filets de pêche, s’y sont enchaînés tout en y déployant des banderoles rédigées en 13 langues sur le thème : «Le thon est entré en alerte rouge». Une banderole de 8 mètres sur 11 a été déployée sur le bâtiment phare du palais des expositions. Un message sonore a également été diffusé dans l’enceinte du bâtiment, invitant les visiteurs à limiter leurs achats aux produits de la mer exploités de manière durable.

« Les entreprises visées sont des acteurs majeurs de la filière thonière. Ensemble, elles contribuent à la destruction des stocks via la surpêche et le recours à des méthodes de pêche non durables. Avec la surpêche actuelle, on n’évitera pas l’effondrement des stocks de thonidés dont certains sont à la limite de l’extinction. Si rien ne change dans les faits, ces entreprises n’auront bientôt plus qu’à mettre la clé sous la porte », commente depuis Bruxelles, Stephan Beaucher, responsable de la campagne Océan de Greenpeace France.

Greenpeace a mené l’an dernier une action similaire visant à inciter l’industrie de la pêche à s’orienter résolument vers la pêche durable. L’ONG a depuis lors contacté les acteurs majeurs du secteur de la distribution en leur demandant de limiter leur vente à des produits issus d’une pêche parfaitement légale, durable et équitable.

« Nous ne pouvons cacher notre déception face à la quantité de produits de la mer ne méritant en aucun cas le qualificatif de « durable » qui sont exposés ici alors que certains acteurs de la grande distribution sont sur le point de mettre en place des mesures favorisant une pêche durable », a déclaré Nina Thuellen, responsable du programme « marché des produits de le mer » à Greenpeace International.

Cette action intervient alors que la campagne de pêche en Méditerranée est sur le point de commencer avec un total autorisé de capture qui n’empêchera pas l’effondrement du stock : 28 500 tonnes sont autorisées alors que la communauté scientifique estime qu’il ne faudrait pas pêcher plus de 15 000 tonnes de thon rouge. Aucune refonte de la filière n’a été menée et elle reste surcapacitaire (trop de navires et trop de fermes d’engraissement) et surcapitalisée (elle met en œuvre des investissements trop importants par rapport à la capacité de production de l’écosystème méditerranéen)

Pour faire face à la menace que représente la surpêche et pour permettre la reconstitution des stocks surexploités, Greenpeace préconise la création d’un réseau de réserves marines, protégeant 40% des océans.