Glyphosate : vers la fin de la saga ?

La « saga » glyphosate en quelques dates clés

Manifestation contre le glyphosate devant la Commission européenne à Bruxelles, février 2017 © Eric De Mildt / Greenpeace

Dernier rebondissement : les eurodéputés demandent l’interdiction

Mardi 24 octobre, le Parlement européen a voté en faveur d’une interdiction du glyphosate d’ici à cinq ans.  Bien que la proposition de la commission santé et environnement tablait initialement sur une interdiction dès 2017,le message des eurodéputés est clair : il faut bannir le glyphosate.

Bien que cette résolution du Parlement ne soit pas contraignante, elle n’en va pas moins à l’encontre des aspirations de la Commission et fait peser la pression sur Bruxelles en vue du vote de demain.

Les eurodéputés ne sont pas les seuls à aller dans ce sens : une pétition lancée dans le cadre de l’initiative citoyenne européenne contre le glyphosate a dépassé, en moins de cinq mois, le seuil du million de signatures requis pour être examiné par les instances européennes !

Mais alors pourquoi la Commission s’entête ?

Tout d’abord les enjeux économiques (et les pressions) sont énormes…

Connu sous la marque commerciale RoundUp vendue par Monsanto, le glyphosate est l’herbicide le plus vendu et le plus utilisé dans le monde : 700 000 tonnes par an chaque année, dont environ 8500 en France. En septembre dernier, 53,3 % des échantillons alimentaires testés par l’association Générations Futures présentaient des résidus de l’herbicide…. Le glyphosate est partout. Autant dire que Monsanto joue gros dans cette affaire… et qu’elle n’hésite pas à interférer avec les organismes de réglementation.

Ensuite, parce que la Commission redoute que le géant américain ne la traîne devant la Cour de justice européenne si elle ne parvient pas à trouver une issue dans les délais impartis.

Action de Greenpeace Allemagne à Berlin contre le maïs OGM © Paul-Langrock / Greenpeace

Les demandes de Greenpeace

Aujourd’hui, outre l’opposition de la population, nous disposons de tous les éléments scientifiques nécessaires pour exiger d’appliquer le principe de précaution et d’interdire tous les usages du glyphosate.

En revanche il faut que cette interdiction soit accompagnée pour permettre aux agriculteurs une transition. Des expériences nous montrent que c’est possible.

Le gouvernement français doit absolument s’opposer à la proposition de renouvellement de l’autorisation de la Commission.

En France, il doit mettre en place un plan d’action pour accompagner les agriculteurs et interdire le glyphosate au plus vite. Rappelons qu’en France, certains usages du glyphosate ont d’ores et déjà été interdits et/ou vont bientôt l’être :

Vendredi 20 octobre, Greenpeace s’est associée à 33 autres ONG pour interpeller le président Macron dans une lettre ouverte et lui demander de tenir sa promesse de campagne et d’interdire le glyphosate.

Rendez-vous donc mercredi 25 octobre 2017, jour du vote, pour un nouvel épisode de la saga du glyphosate et de l’Union européenne.