Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, la leçon est claire : le risque nucléaire est durable et difficile à maîtriser. Dans le monde instable d’aujourd’hui, ce risque s’accroît.
“La catastrophe de Tchernobyl est gravée dans nos mémoires, mais aussi et surtout dans la terre et la chair des populations les plus impactées par l’accident. Comme toutes les catastrophes nucléaires, elle a un début, mais pas de fin. Cet anniversaire et la frappe de drone russe sur la centrale nous rappellent la dangerosité constante de l’énergie nucléaire, et de l’opacité qui a toujours régné et qui règne encore dans le domaine atomique”, souligne Pauline Boyer, chargée de campagne Nucléaire – Transition énergétique pour Greenpeace France. Les centrales nucléaires comportent des risques qui leur sont inhérents, et ces risques s’aggravent dans un monde en guerre, marqué par de fortes tensions géopolitiques et l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes”.
➡️A la suite de ses déplacements en Ukraine, Pauline Boyer publie un carnet de mission au cœur des sites nucléaires ukrainiens.
“Quarante ans après le début de la catastrophe de Tchernobyl, nous en subissons encore les conséquences. Les graves risques liés à l’énergie nucléaire, mis en évidence par Tchernobyl, sont délibérément utilisés par la Russie comme une arme de guerre”, rappelle Polina Kolodiazhna, chargée de campagne pour Greenpeace Ukraine, depuis Kyiv.
➡️ Rapport de Greenpeace Ukraine sur l’arche de confinement qui abrite le sarcophage et les vestiges du réacteur n° 4 de Tchernobyl, gravement compromise par la frappe d’un drone russe de l’année dernière.
➡️ Photos d’avril 2026, visite de Greenpeace à la centrale nucléaire de Tchernobyl
Depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, l’énergie solaire, combinée au stockage par batteries, a permis de maintenir le fonctionnement d’hôpitaux, d’écoles et de municipalités pendant les coupures de courant. Ces systèmes sont plus difficiles à mettre hors service, plus rapides à réparer et continuent à produire de l’électricité même lorsque des portions du réseau sont endommagées.
➡️ Quelques exemples des actions de Greenpeace en Ukraine :
- La clinique ambulatoire écologique de Horenka, un village près de Kyiv. Après les importants dégâts causés par l’occupation russe de la région, cette clinique a été reconstruite et équipée d’un système hybride solaire et d’une pompe à chaleur.
- Le projet « Solar Women Power » a formé 30 femmes à l’installation de panneaux solaires ; 13 hôpitaux ukrainiens ont ainsi été équipés.
- 50 kW d’énergie solaire ont été installés à l’hôpital de Tchernivtsi. Cette centrale solaire devrait permettre à l’hôpital d’économiser environ un demi-million de hryvnias (la monnaie ukrainienne) par an et de réduire sa dépendance aux fluctuations des tarifs d’électricité.
Greenpeace rappelle l’importance fondamentale d’empêcher la Russie de militariser les centrales nucléaires. La politique de la France et de l’Union européenne est contradictoire : d’une part, elle soutient l’Ukraine, et d’autre part, elle poursuit ses échanges nucléaires avec Rosatom, qui finance directement la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. Des sanctions totales mettant fin aux activités nucléaires européennes avec la Russie devraient constituer une priorité de sécurité pour l’Europe.