LUA : le gouvernement et ses alliés piétinent la science, la santé, l’environnement et la volonté citoyenne
L’Assemblée nationale a voté cette nuit la loi d’urgence agricole. À 296 votes pour et 224 votes contre, la majorité des député·es du RN, des Républicains et une partie des macronistes ont voté en sa faveur, alors que le gouvernement avait au préalable refusé la présentation d’amendements de suppression de l’article concernant les pesticides, y compris ceux provenant de son propre camp. À quelques mois de l’élection présidentielle, les organisations de la société civile et les électeurs se souviendront des votes de ces député·es, qui tournent le dos à la science et aux attentes de nombreux citoyens, et mettent en danger notre santé, notre environnement et l’avenir du monde paysan.
“Comment, en 2026, certains parlementaires peuvent-ils encore jouer ainsi avec notre futur, notre santé et notre environnement, au regard de toutes les connaissances scientifiques dont nous disposons concernant les néonicotinoïdes et la ressource en eau ? s’indigne Julien Rivoire, chargé de campagne Agriculture à Greenpeace France. Leur mépris est irresponsable et les générations futures paieront le prix fort. Préserver notre environnement pour préserver notre santé n’est pas une option. Ces deux enjeux sont intimement liés : la santé environnementale doit être la boussole qui guide des politiques publiques protectrices, notamment les politiques agricoles et alimentaires, pour ainsi faire du principe de précaution une réalité.”
Malgré le vote de cette loi, Greenpeace souligne la difficulté pour le gouvernement de réussir à faire voter des lois de plus en plus dangereuses pour l’environnement et à rebours d’une grande partie de l’opinion publique, à l’instar de la quarantaine de mobilisations contre les pesticides qui ont encore eu lieu ce week end dans toute la France. Les hésitations de certains députés, et les contorsions du gouvernement jusqu’à la dernière minute, confirment que la mobilisation citoyenne peut réellement peser : la colère et l’engagement de milliers de citoyens n’est qu’un début et le mouvement doit s’amplifier en prévision des présidentielles.
Bien que l’eau soit essentielle en agriculture, Greenpeace rappelle que dans un contexte de sécheresses répétées et de stress hydrique, aucun usage ne peut être placé au-dessus des autres. La gestion de cette ressource doit être guidée par sa disponibilité réelle et l’intérêt général, et non par les besoins croissants d’un modèle agricole intensif.
Julien Rivoire explique : “Au lieu d’accompagner les agriculteurs à s’orienter vers des pratiques moins dépendantes de l’irrigation, cette loi a pour objectif de doubler les volumes de stockage d’eau pour les usages agricoles, bien que ce type d’ouvrages soit inaccessible à une large majorité des agriculteurs. La Cour des comptes ou France Stratégie ont prouvé que la seule perspective était la réduction de la consommation de l’eau. En continuant à agir comme si l’eau était une ressource illimitée, nous allons tout droit vers une intensification des conflits d’usage dans les prochains années. L’accaparement de ce patrimoine commun ne peut pas être la seule option pour l’avenir de l’agriculture !”
Concernant l’élevage, Greenpeace rappelle qu’avec cette loi, les plus grosses exploitations d’élevage (ICPE) vont pouvoir échapper aux procédures d’autorisations en préfecture et de consultation du public alors que ce sont ces exploitations qui ont des conséquences sur l’environnement et doivent faire l’objet d’une procédure spécifique.
“À rebours des impératifs climatiques et sanitaires et des enjeux de renouvellement des générations agricoles, ces dispositions favorisent le développement de fermes-usines, alors que ces installations sont responsables de pollutions de l’eau et de l’air et aggravent le dérèglement climatique, précise Julien Rivoire.”
En amont de l’élection présidentielle de 2027, Greenpeace appelle d’ores et déjà tous les citoyens et citoyennes à rester mobilisés pour faire connaître les responsables de ce vote irresponsable et à s’engager auprès d’associations et de collectifs pour porter des politiques qui protègent la santé, l’environnement et le monde paysan.