J-100 avant le Sommet de Copenhague pour le Climat: Quand les négociations bloquent, le futur de l'Asie fond...

Climat

Beijing, le 28 août 2009 – Greenpeace a déposé aujourd’hui les sculptures de 100 enfants au temple de la Terre, à Pékin, symbolisant le sombre avenir de plus d’un milliard de personnes en Asie, menacées par les pénuries d’eau liées au dérèglement du climat.

Conçues à partie de l’eau fondue du Gange, du Fleuve jaune et du Fleuve Yangtze, les sculptures en glace marquent le début du compte à rebours J-100 avant le Sommet des Nations unies pour le Climat de Copenhague, et le lancement de la campagne TckTckTck, qui appelle les gouvernements à négocier un accord juste, contraignant et ambitieux lors de ce Sommet.

C’est au temple de la Terre que les empereurs chinois priaient pour la préservation de la planète et de bonnes récoltes. « Nous sommes là aujourd’hui pour mettre en lumière les dangers catastrophiques qui menacent notre planète. La disparition des glaciers himalayens met en danger l’approvisionnement en eau d’un cinquième de la population mondiale. Si les leaders mondiaux ne s’accordent pas pour stopper le dérèglement du climat, nos enfants vont devoir grandir en luttant constamment pour sécuriser l’accès à l’eau potable », a déclaré Yang Ailun, responsable de la campagne climat / énergie de Greenpeace en Chine.

« C’est cette inquiétude réelle pour les impacts des changements climatiques, comme la menace sur notre approvisionnement en eau,  qui poussent la Chine et l’Inde à poursuivre un développement sobre en carbone, répondant aux enjeux de développement et de protection de l’environnement », a déclaré Vinuta Gopal, chargé de la campagne en Inde.

« La Chine construit une éolienne toutes les deux heures et double chaque année sa capacité à produire de l’énergie solaire depuis 5 ans. Et si la Chine devient le premier pollueur mondial, il n’en reste pas moins que ce sont les pays industrialisés qui sont responsables de plus de 60% des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère », a ajouté Karine Gavand, de la campagne climat de Greenpeace en France. « Encore aujourd’hui, un américain pollue chaque année 10 fois plus qu’un indien ! Mais les pays industrialisés refusent de reconnaitre cette dette climatique… bloquant ainsi les négociations internationales sur le climat ».

Alors qu’il reste seulement 3 semaines de négociations à l’ONU avant le Sommet de Copenhague, l’état des négociations est inquiétant. Les

discussions sont dans l’impasse sur deux questions essentielles :

  • Les pays industrialisés vont-ils s’accorder sur des objectifs ambitieux de réduction de leurs émissions à moyen terme ?
  • Les pays industrialisés vont-ils fournir les financements nécessaires au monde en développement pour qu’il s’adapte et atténue son impact sur le climat ?

Pour l’heure, si les pays en développement se disent prêts à faire leur part d’efforts, équitablement, ils ne sont pas disposés à discuter l’ampleur et les détails de leurs actions avant que les pays industrialisés respectent leurs promesses. Or il n’y a eu aucune avancée lors du G8, du Forum des grandes économies et du G20 à Londres sur ces deux questions cruciales:

Greenpeace appelle les pays industrialisés, en tant que groupe, à s’accorder sur une réduction de 40% de leurs émissions d’ici à 2020 par rapport à 1990. Quant à eux les pays en développement doivent réduire la croissance prévue de leurs émissions de 15 à 30% d’ici à 2020. Pour soutenir ces réductions, des financements des pays industrialisés sont nécessaires, à hauteur de 110 milliards d’euros chaque année.

Notes
[1] Les glaciers dans la région du Haut Himalaya (incluant le Plateau Qinghan-Tibet) fournissent 8.6 millions de m3 d’eau douce chaque année pour le continent. Cette région abrite les sources du Gange, du Mékong, des Fleuve Jaune, Yangtze, Brahmaputra, la Salween et l’Indus. A cause du dérèglement climatique, les glaciers d’Himalaya diminuent plus vite que partout ailleurs dans le monde. Le rapport du GIEC indique que si les températures mondiales continuent à se réchauffer à cette rythme, 80% des glaciers himalayens auront disparu d’ici à 30 ans.

[2] Tcktcktck, dont Greenpeace est membre, est une campagne de mobilisation online et offline qui rassemble une alliance inédite de groupes à base religieuse, d’organisations non gouvernementales, de syndicats et d’individus pour appeler à la négociation d’un traité international sur le climat ambitieux lors du Sommet de Copenhague qui se tiendra en décembre prochain à Copenhague : www.tcktcktck.org