EPR2 de Gravelines: le gouvernement s’obstine en ignorant la crise climatique

Au cœur de l’été, le gouvernement a publié hier samedi en catimini un décret autorisant les travaux préparatoires de deux EPR2 à la centrale nucléaire de Gravelines.

Si vulnérable et inadapté, Gravelines est pourtant devenue le symbole de l’inadaptation des centrales nucléaires à un monde qui se réchauffe.

  • Il y a 15 jours à peine, des méduses entraînaient de nouveau l’arrêt de plusieurs réacteurs dans cette même centrale.
  • Il y a quelques mois, l’ASNR publiait un avis accablant sur le projet des EPR2 à Gravelines [1]. Aux risques déjà identifiés de submersion et d’inondations de la centrale, construite sur un polder, la Direction de l’expertise en sûreté de l’ASNR y soulignait le risque de tassements et de liquéfaction du sol.
  • A travers un travail de cartographie projetant la montée des eaux sur le territoire de Gravelines jusqu’à la fin de la durée de vie des réacteurs, un rapport de Greenpeace a démontré qu’en 2100 et 2120, l’ensemble du site de la centrale de Gravelines pourrait se retrouver temporairement sous le niveau de la mer [2].

Le sens du timing du gouvernement pourrait faire sourire s’il n’était pas si déconnecté de la réalité. La France a atteint un record de puissance indisponible de ses réacteurs nucléaires cet été : 13 réacteurs nucléaires ont déjà été à l’arrêt ou au ralenti depuis le début de la saison estivale.

L’obsession du pouvoir pour le nucléaire semble le priver de tout esprit critique”, souligne Roger Spautz, chargé de campagne Nucléaire pour Greenpeace France et Luxembourg. “L’été sec et caniculaire que nous traversons devrait encourager les autorités à remettre en question des décisions iniques, et les encourager à investir dans la filière des énergies renouvelables, au lieu de vouloir construire à tout prix des réacteurs”.

Notes aux rédactions

[1] Censé soutenir le poids des nouveaux réacteurs EPR2, le sol présente des “caractéristiques mécaniques médiocres”, posant un défi technique sans précédent concernant la robustesse des fondations dans le temps et face aux aléas sismiques pouvant compromettre la sûreté nucléaire.

Greenpeace a produit un document analysant les principaux éléments listés par l’ASNR

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/gravelines-lavis-accablant-de-lasnr-remet-en-cause-les-epr2/

[2] Dans son rapport, Greenpeace a publié des cartes basées sur les prévisions du GIEC qui montrent qu’en 2100, l’ensemble du site de la centrale de Gravelines pourrait se retrouver temporairement sous le niveau de la mer. Ce risque s’ajoute à ceux déjà existants à Gravelines : inondations par les terres, sites SEVESO alentour, débordement du réseau des wateringues lors des dernières crues…

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/rapport-gravelines-la-vulnerabilite-du-nucleaire-a-la-montee-des-eaux/