Enquête publique Cigéo avancée : nous refusons catégoriquement cette accélération injustifiable 

Cigéo est le nom d’un projet qui vise à stocker en profondeur les déchets radioactifs les plus dangereux pour des millénaires. Ce chantier est un des plus importants à venir en Europe. De nombreuses et graves lacunes pèsent encore pour démontrer sa faisabilité et sa sûreté. Alors que l’enquête publique au sujet de son autorisation était programmée pour l’automne 2026, elle pourrait être avancée au printemps. 

Nos organisations ont appris avec effarement et par voie de presse le 13 mars 2026 que l’enquête publique sur la demande d’autorisation de création de Cigéo pourrait avoir lieu dès le mois de mai à la demande du Premier Ministre, alors qu’elle était prévue pour fin 2026. Elles dénoncent un nouveau passage en force inadmissible et demandent le report de cette enquête publique.

Nos organisations ont déjà largement alerté sur l’insuffisance du dossier et son incapacité à être présenté en enquête publique. Au stade de la demande d’autorisation de création (DAC), le dossier ne démontre pas que le projet serait faisable et sûr. Ce seul constat devrait conduire à reporter l’enquête publique et nous en avons fait la demande à plusieurs reprises – en vain.

Des avis déterminants ne sont toujours pas rendus à ce stade. Le Haut Comité pour la Transparence et la Sécurité Nucléaire (HCTISN) devait prochainement présenter les conditions d’une enquête publique qui soit à la hauteur des enjeux d’un tel projet. Par ailleurs, l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) est encore en cours d’étude de ce dossier faramineux. Pour toute réponse, le Gouvernement sollicite l’avancement de l’enquête de six mois !

Il démontre une fois de plus son mépris de la démocratie et sa volonté de passage en force sur les dossiers du nucléaire, y compris en écrasant le processus institutionnel.

Cette démarche répond à un calendrier électoral : l’objectif est d’entériner Cigeo avant les présidentielles. Le Premier Ministre a annoncé que le « calendrier de Cigéo allait être resserré » car le gouvernement espère signer le décret d’autorisation avant les élections de 2027.

Nombre de nos organisations ont toujours respecté la pratique de la participation institutionnelle et s’impliquent avec constance et sincérité dans les instances consultatives. Elles refusent donc légitimement et catégoriquement qu’une enquête publique sur un tel projet se déroule dans ces conditions et soit avancée pour de telles motivations. Nous nous y opposerons par tous les moyens démocratiques à notre disposition.

Nos organisations exigent à minima :

  • que l’enquête publique soit reportée et certainement pas réalisée au pas de course : l’accès à une information complète et la participation du public ne doivent pas être sabordées pour des raisons exclusivement politiques.
  • que le périmètre de l’enquête publique soit national, et pas seulement de manière dématérialisée,
  • que la durée de l’enquête soit portée à 3 mois.

A défaut, nous nous réservons la possibilité de contester sur le terrain ou devant les tribunaux le maintien de cette enquête publique aux dates soudainement imposées.

Signataires

– Amis de la Terre – France
– Attac France
– Coordination Stop Cigeo
– CRIIRAD
– European Environmental Bureau
– France Nature Environnement
– Global Chance
– Greenpeace France
– Réseau Sortir du nucléaire