Hier, à 22h30 heure française, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté à une écrasante majorité une résolution historique, présentée par le Vanuatu et douze autres pays, qui fera progresser la mise en œuvre de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur les changements climatiques et la responsabilité des États.
La résolution a été adoptée avec 141 voix pour, 8 contre et 28 abstentions. Le texte réaffirme formellement les conclusions de la CIJ et appelle les gouvernements à aligner leurs politiques sur leurs obligations juridiques de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, notamment en réduisant drastiquement, rapidement et durablement leurs émissions, en réglementant les entreprises du secteur des énergies fossiles et en protégeant le droit à un environnement sain. La résolution demande également au Secrétaire général de l’ONU de présenter un rapport en 2027 sur les moyens de favoriser le respect de toutes les obligations découlant des conclusions de la Cour, garantissant ainsi le maintien de la pression et du contrôle sur les gouvernements quant à la mise en oeuvre de leurs obligations juridiques.[1]
Pour Shiva Gounden, responsable de la zone Pacifique pour Greenpeace Australie Pacifique : « Le monde a suivi l’exemple du Pacifique. Le Vanuatu et les nations du Pacifique ont une fois de plus fait avancer l’agenda climatique mondial ».
« Les gouvernements qui soutiennent l’expansion de l’industrie des énergies fossiles ne peuvent plus ignorer leurs responsabilités juridiques. Les communautés du Pacifique se sont battues pour ce résultat car nous subissons déjà les conséquences de la crise climatique, et nous continuerons à lutter jusqu’à ce qu’une sortie rapide, équitable et financée des énergies fossiles soit mise en œuvre. Cette décision est essentielle à la protection des droits humains des générations actuelles et futures, pour qu’elles puissent vivre dans la dignité et perpétuer leurs cultures »
Pour Rebecca Newsom, responsable politique pour Greenpeace International : « La plus haute juridiction du monde a clairement établi que l’action climatique était une obligation juridique incontestable, et la décision d’aujourd’hui montre que les gouvernements sont de plus en plus déterminés à prendre des mesures concrètes en ce sens. »
« Approuvé par la grande majorité des gouvernements du monde, cette résolution appelle à une transition juste hors des énergies fossiles, moins d’un mois après le sommet international de Santa Marta (Colombie) sur la sortie des énergies fossiles, qui a réuni 57 pays. venus réaffirmer leur engagement à mettre fin à la dépendance au charbon, au pétrole et au gaz. La dynamique politique s’intensifie clairement. »
« Les gouvernements doivent désormais traduire cette résolution en feuilles de route concrètes pour sortir progressivement et équitablement de l’exploitation, la production et la consommation d’énergies fossiles. Cette transition doit être financée par une hausse des taxes sur les grandes entreprises polluantes et sur les ultra-riches, afin qu’ils paient pour les dommages qu’ils causent au climat, en complément des obligations financières internationales des pays du Nord en matière de climat. Il est temps que prenne fin l’ère où les entreprises d’énergies fossiles engrangent des milliards tandis que les populations subissent des catastrophes climatiques et une hausse du coût de la vie. »
En juillet 2025, la CIJ a publié un avis consultatif établissant que les États ont l’obligation juridique, en vertu du droit international, de prendre des mesures urgentes et équitables pour protéger le système climatique, notamment par la réduction des émissions, la coopération internationale, la responsabilisation des entreprises polluantes et la prévention des dommages climatiques.[2]
La résolution de l’Assemblée générale de l’ONU devrait renforcer le poids politique et juridique de cet avis dans les négociations internationales, l’élaboration des politiques nationales et les litiges climatiques, tout en accentuant la pression sur les gouvernements pour qu’ils mettent en cohérence leurs actions avec leur obligation de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.
[1] Greenpeace Media statement: World’s highest court delivers historic protections for climate-impacted communities
[2] A Just Transition Away from Fossil Fuels: Greenpeace Policy Briefing