Avion repeint en vert : les activistes de Greenpeace France condamné·es à des amendes symboliques
Aujourd’hui, la Cour d’appel de Paris a condamné à des amendes symboliques les neuf activistes de Greenpeace France qui s’étaient introduits sur le tarmac de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle et avaient partiellement repeint un avion en vert le 5 mars 2021. Leur objectif était de dénoncer le greenwashing et le manque d’ambition du gouvernement sur la régulation du secteur aérien pour répondre aux enjeux climatiques, ainsi que son obstination à ne miser que sur des solutions technologiques pourtant insuffisantes et au mieux hypothétiques, au détriment de la nécessaire réduction du trafic. Le jugement rendu initialement par le tribunal de Bobigny est allégé.
La cour a reconnu qu’il n’y avait pas eu d’entrave à la circulation d’un avion, que les dégradations n’étaient que légères, et que compte tenu du contexte de l’action non-violente qui visait à alerter sur un sujet d’intérêt général, seule une condamnation à des amendes symboliques pouvait être prononcée. Les activistes sont ainsi condamné·es à des amendes allant de 400 euros avec sursis à 500 euros et la peine d’interdiction de paraître dans ces aéroports sous peine d’emprisonnement ferme, qui les privait de facto de leur liberté de circuler, a été infirmée.
« L’intensification de la crise climatique et tous les records battus par l’été 2026 sur le plan des canicules, feux et sécheresse, démontrent une fois encore que notre action à Roissy Charles de Gaulle il y a cinq ans était légitime et nécessaire. Depuis la crise du Covid, la croissance du trafic aérien a repris à un rythme effréné, augmentant les émissions de gaz à effet de serre responsables de l’emballement climatique, alors que chaque secteur devrait au contraire réduire ses émissions au plus vite », explique Sarah Fayolle, chargée de campagne Climat à Greenpeace France.
Par ailleurs, l’industrie aéronautique a depuis reconnu que l’avion vert ne verrait pas le jour avant longtemps, confirmant ainsi l’analyse de Greenpeace France : Airbus a annoncé en 2025 que le projet d’avion à hydrogène pourrait être décalé de 5 à 10 ans tandis que Safran a affirmé que ce serait une réalité “pour le XXIIème siècle”.
Pour Sacha Ruello-Jossic, chargée de campagne contre l’extension de l’aéroport de Roissy à Rester sur Terre, « cinq ans après l’action à Roissy Charles de Gaulle, le gouvernement se rend directement responsable de la croissance du trafic aérien en soutenant le mégaprojet d’ADP d’extension de l’aéroport Roissy. Ce mégaprojet d’extension représente plus que le nombre de vols de l’aéroport de Marseille et impliquerait une augmentation de 28 % des émissions de CO2 de l’aéroport, ce qui en fait actuellement le projet le plus climaticide de France. Le gouvernement doit faire annuler cette extension, comme il l’a déjà fait pour le Terminal 4 et comme le recommande le Haut Conseil pour le Climat. »