À Paris, et ailleurs, une réaction en chaîne humaine contre le nucléaire

Ce 9 mars 2013, nous étions 20 000 à Paris, à encercler les lieux de pouvoir qui contribuent à promouvoir l’énergie nucléaire, comme l’Assemblée Nationale et le Sénat, le Ministère des Finances et de l’Industrie, les sièges d’EDF, d’Areva et les banques.
Cette vaste chaîne humaine, seconde édition rassemblait non seulement des militants anti-nucléaire, mais aussi des citoyens, de tous âges, venus de la France entière.

Réunis pour signifier notre indignation aux décideurs du nucléaire, qui choisissent la politique énergétique de la France sans aucune concertation citoyenne et démocratique, dans une totale opacité.
Pour signifier notre colère face à l’irresponsabilité des industriels du nucléaire qui n’assument pas les coûts exorbitants du risque nucléaire alors même qu’un rapport de l’IRSN, dévoilé par « Le Journal du dimanche », indique que les répercussions d’un incident nucléaire majeur pourraient atteindre trois fois le PIB.
Pour marquer notre solidarité aux habitants de Fukushima, aujourd’hui évacués loin de leurs maisons, sans indemnisation, et devant, en tant que contribuables assumer la charge financière de l’accident.

Greenpeace a symboliquement accroché, au Ministère des Finances, 1000 grues en origami. Parce que la grue est un symbole puissant au Japon : la légende des mille grues (千羽鶴, せんばづる, senbazuru ou zenbazuru) raconte que si l’on plie mille grues en papier, on peut voir son vœu de santé, longévité, d’amour ou de bonheur exaucé. C’est une sortie du nucléaire que nous avons souhaitée.

À Fukushima, deux ans après, le cauchemar nucléaire est toujours en cours

La situation de la centrale n’est que stabilisée aujourd’hui. L’incident nucléaire, lui, est toujours en cours. Tepco, l’opérateur de la centrale dévastée par le tsunami ne sait toujours pas à quel point les coeurs des réacteurs ont été endommagés.

Depuis la fin de l’année 2011, le refroidissement des réacteurs est enfin stabilisé grâce à l’injection d’eau douce froide, et non plus par de l’eau de mer qui augmente les risques de corrosion. Cet arrêt à froid, permet de limiter les rejets dans l’environnement par les fuites du confinement. Mais la situation reste très complexe dans la centrale, et les incidents se sont multipliés depuis : « fuites de circuit d’eau, pertes temporaires de refroidissement, départs d’incendies, découverte de corps étranger dans les pompes de refroidissement« , peut-on ainsi lire dans un bilan établi par l’IRSN.

La tâche à accomplir dans la centrale sinistrée reste monumentale : une fois les piscines vidées de leur barres d’uranium, il faudra ensuite au moins une dizaine d’années pour retirer les combustibles dégradés dans les trois réacteurs. Le démantèlement total de toutes les installations de Fukushima Daiichi prendra au moins entre 30 et 40 ans.

La Japon est en colère

11 mars 2011 – 11 mars 2013. Un terrible anniversaire pour le Japon. La tragédie se poursuit pour ceux qui souffrent encore des effets de la contamination radioactive. De nombreuses zones restent inhabitables, laissant 160.000 personnes évacuées incapables de rentrer chez elles, mais aussi incapables de reconstruire leurs vies sans compensation adéquate ni soutien.

Les familles et les communautés se disloquent, les difficultés financières sont nombreuses. Des estimations récentes suggèrent que les taux de cancer sont susceptibles d’augmenter à Fukushima, une épée de Damoclès qui pèse lourdement sur l’esprit des gens.

Les Japonais sont en colère. D’abord face à la décision du gouvernement précédent de redémarrer une centrale nucléaire après que tous les réacteurs aient été arrêtés après la catastrophe de Fukushima, mais aussi face aux projets du gouvernement actuel de redémarrer plusieurs réacteurs, et de reprendre leur construction.(lire l’article du monde : Deux ans après Fukushima, où en est l’énergie nucléaire au Japon ? )

Les Japonais se sont donc fait entendre. Leur mobilisation a déjà eu un certain succès, puisque seulement deux des réacteurs du Japon sont actuellement en fonctionnement.
L’espoir aujourd’hui, à Fukushima et dans l’ensemble de l’archipel, c’est que les citoyens continuent de parler haut et fort, continuent à exprimer leur opposition à l’énergie nucléaire.

Au cours de la semaine dernière, ils ont été rejoints par des citoyens, des militants, en Argentine, en Belgique, au Canada, Chili, Colombie, en France, Allemagne, à Hong Kong, en Afrique du Sud, Corée du Sud, Suède, Suisse, Autriche, Danemark, Finlande, Inde, Jordanie, Luxembourg, Slovénie, Espagne, Turquie et aux Etats-Unis.
Cette vague de soutien, de protestation doit continuer. Car nous ne pouvons pas empêcher les séismes, les tsunamis et les autres catastrophes naturelles. Mais la catastrophe industrielle, nucléaire, peut et doit être évitée.

Nous ne pouvons pas rendre aux habitants de Fukushima ce qu’ils ont perdu, mais nous pouvons nous lever, tous ensemble et s’assurer que plus personne n’aura à subir et à souffrir d’une catastrophe nucléaire et de ses conséquences. Jamais. Nulle part.

Sortir du Nucléaire, mais comment, en combien de temps, à quel prix ? Lire le scénario de Transition énergétique proposé par Greenpeace

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