Une victoire pour les forêts africaines : la Socfin s’engage enfin sur le Zéro Déforestation

Vous êtes plus de 100 000 à avoir signé une pétition de Greenpeace demandant l’adoption d’une politique Zéro Déforestation par la Socfin. Près d’un an après le lancement de la campagne de Greenpeace, votre engagement a porté ses fruits et contribue aujourd’hui à faire changer une des principales entreprises de plantations sur le continent africain.

La Socfin reprend les éléments clés d’une politique Zéro Déforestation

Les politiques Zéro Déforestation sont essentielles pour briser le lien entre plantations et déforestation, changements climatiques et conflits sociaux.

Il s’agit ainsi de préserver l’ensemble des forêts et des zones riches en carbone : les forêts tropicales mais également les tourbières, ces zones humides colonisées par la végétation qui constituent également des puits de carbone très efficaces. Doivent aussi être protégées les zones riches en biodiversité ou d’une importance particulière pour les communautés locales.

Autre élément clé d’une politique Zéro Déforestation : l’exigence du consentement libre, préalable et informé des populations locales. Nous savons aujourd’hui que l’expansion des plantations de palmiers à huile peut priver les populations locales de leurs terres et de certaines ressources dont elles ont besoin pour vivre.

Ces populations doivent avoir leur mot à dire sur le développement de toute plantation sur leur territoire et être impliquées dans les projets. Une politique Zéro Déforestation doit permettre le respect inconditionnel des droits humains, en particulier le droit du travail et les droits fonciers coutumiers.

La politique de « gestion responsable » publiée par la Socfin* pour ses plantations de palmiers à huile et d’hévéas reprend ces éléments. Mais seule une mise en œuvre sur le terrain nous convaincra de l’engagement réel de l’entreprise. La Socfin doit donc maintenant mettre en place un plan d’action solide pour que cette nouvelle politique soit appliquée dans sa totalité sans plus tarder.

La Socfin s’aligne sur la méthodologie HCS  pour protéger les forêts tropicales

Depuis février, Greenpeace avait publié les résultats de plusieurs investigations menées en République démocratique du Congo, à Sao Tomé-et-Principe, au Cameroun et au Liberia, démontrant que les concessions de la Socfin incluaient des forêts primaires, mais aussi des forêts secondaires stockant d’importantes quantités de carbone, rendant nécessaire l’adoption d’une politique Zéro Déforestation par la société.

On parle pour désigner ces zones de “High Carbon Stock” (HCS). Cette expression a donné son nom à une méthodologie, la méthodologie HCS, qui permet de différencier les terres dégradées, potentiellement propices à l’établissement de plantations et de cultures, des zones forestières qui nécessitent d’être absolument protégées.

Le document publié par la Socfin comporte des engagements basés sur cette méthodologie HCS, qui est en train de devenir la norme dans tout le secteur. C’est la seule à permettre de mettre le “Zéro Déforestation” en pratique dans les zones tropicales.

Cartographie et respect des droits humains : Greenpeace exhorte la Socfin à la transparence

Pour préserver ces zones HCS, il est essentiel de les cartographier : la Socfin devrait maintenant entreprendre un processus de cartographie participative de ses concessions. C’est avec les communautés locales que l’entreprise doit identifier les terres utilisées par les riverains, ainsi que les zones à conserver qui ne pourront pas être converties en plantations.

La Socfin s’est également engagée à ne pas développer ses activités tant que ces procédures ne seraient pas finalisées et publiques, et tant qu’il reste des conflits avec les communautés locales. L’entreprise fait toujours face à de nombreux conflits sociaux et doit y répondre. Greenpeace restera particulièrement vigilante sur le respect de ce moratoire.

Les engagements de la Socfin, qui possède plus de 180 000 hectares de plantations en Afrique et en Asie, sont une étape importante. Elle rejoint ainsi les géants de l’huile de palme en Asie du Sud-Est qui se sont déjà engagés suite à la pression de la société civile, notamment de Greenpeace. Nous exhortons maintenant la Socfin à rester transparente sur la mise en œuvre (publication des cartes et des rapports d’avancement) pour évaluer l’impact de cette politique sur la préservation des forêts africaines.

 

 

Un an après le lancement de notre campagne, la pression exercée par Greenpeace et l’implication citoyenne ont fait bouger la Socfin. Cette mobilisation participe à l’évolution de tout un secteur industriel. Ces engagements doivent maintenant se traduire sur le terrain, et nous resterons vigilants sur cette mise en œuvre.

*Pour accéder au document de la politique Gestion Reponsable de la Socfin, cliquez ici.