Quotas de pêche 2008 : La base du marchandage est sur la table.

Paris, le 12/12/07 – À une semaine de l’ouverture du traditionnel « marathon » de Bruxelles sur les droits de pêche, la Commission européenne a rendu public ses propositions de TACs (Totaux Autorisés de Captures) pour la campagne 2008.

« Dans le processus de décision à 3 niveaux, les scientifiques livrent leur diagnostic, la Commission propose et les ministres des pêches disposent. Le grand marchandage entre États-membres va mettre en pièces les recommandations de la Commission et s’asseoir allègrement sur l’expertise scientifique. C’est tous les ans la même chose; c’est comme cela que les pêcheries européennes fonctionnent depuis plus de 20 ans. » explique Stephan Beaucher, chargé de campagne Océans de Greenpeace France.

Les propositions de TACs s’appliquent à 96 stocks (combinaison entre espèce et zone géographique). Sur 96 propositions, par rapport à la campagne 2007, la Commission propose :

Pour le merlan bleu : (6 800 000 tonnes en 2007), la Commission propose une réduction d’un tiers de ce tonnage reconnaissant ainsi qu’elle avait laissé « filer » le tonnage l’an dernier.
Autre stock stratégique, le hareng : suivant les zones, la Commission propose des réductions comprises entre 8 et 25%, ce qui apparaît comme une demande minimale au regard de la pression que subit cette espèce.
Les requins sont présents dans cette liste, avec une demande de réduction de 25% sur le chien de mer (3 669 tonnes en 2007). Pour le requin taupe qui n’était pas soumis à TAC, la Commission propose un tonnage de 422 tonnes, ce qui constitue une reconnaissance tardive du piètre état dans lequel se trouve le stock.

Le marathon de Bruxelles intervient au moment même où un rapport de la Cour des Comptes Européenne met en lumière la faillite totale de l’Europe sur la mise en place d’un système de contrôles des pêcheries.

Quelques exemples de cette gabegie :

« Au-delà du constat factuel, les auditeurs de la Cour des Comptes démontrent que les outils de compilation et de vérification élémentaire n’existent pas. Quand on ne met pas en place les outils, c’est le signe qu’il n’y a aucune volonté politique de contrôler la pêcherie. Greenpeace appelle les ministres à prendre la mesure de leur responsabilité en intégrant pleinement le diagnostic des scientifiques dans leur décision et non simplement les données socio économiques du secteur de la pêche. Il n’y aura pas de pêche durable sans stocks sains et il n’appartient qu’à eux qu’ils le redeviennent. Plutôt que de crise de la pêche on ferait mieux de parler de crise de la ressource, ce serait plus conforme à la réalité » commente Stéphan Beaucher.

Lire les propositions de la commission européenne

Lire le rapport de la cour des comptes