Fukushima : un séisme, un tsunami, une catastrophe nucléaire …

Parler de Fukushima trois ans après cette chaîne de catastrophes, parler de commémoration, parler d’anniversaire, parler de souvenir. C’est le choix que beaucoup font aujourd’hui. Mais à la centrale nucléaire de Fukushima, nous ne sommes pas après la catastrophe. On est en plein dedans.

C’est pourquoi, depuis trois ans, nous avons suivi le dossier de la centrale de Fukushima de près, régulièrement, sur ses aspects techniques comme sur ses terribles conséquences humaines et politiques. Greenpeace a des équipes sur place : experts en mesures et radioprotection, spécialistes de la sûreté nucléaire. Vous pouvez consulter les relevés documentés sur la page Radiation surveys – Fukushima (analyse des radiations – Fukushima page en anglais). Vous pouvez également suivre les mises à jour de l’équipe de Greenpeace à Fukushima, en anglais, sur le blog Nuclear Reaction (en anglais)

L’état de la centrale : tout « bilan » ne pourrait être que provisoire

La centrale de Fukushima et ses réacteurs font face à une catastrophe nucléaire, la situation évolue quotidiennement et disons-le, répétons-le, elle est irréversible. Les réacteurs 1 à 4 ont tous été touchés et sont tous en situation d’accident nucléaire.

Les réacteurs 1, 2 et 3 sont dans une situation critique confirmée, l’enjeu principal restant toujours le même depuis trois ans : refroidir par arrosage continuel les cœurs de réacteurs fondus.
Dans le réacteur numéro 4, qui était vide au moment de la catastrophe naturelle, les travaux de retrait des 1.533 assemblages de combustible qui se trouvaient dans la piscine de désactivation progressent : le réacteur n°4 est en effet le seul dont les ouvriers peuvent aujourd’hui s’approcher pour travailler, la radioactivité n’étant pas (trop) élevée.

L’eau reste un problème de taille

Les réacteurs de la centrale sont, depuis trois ans, refroidis continuellement afin d’éviter que les combustibles fondus ne se remettent à chauffer et ne dispersent des gaz et aérosols radioactifs. L’eau de refroidissement, après s’être fortement contaminée au contact des combustibles, s’écoule de la cuve et de l’enceinte de confinement, percées, dans les sous-sols inondés. Elle rejoint ensuite les sous-sols des bâtiments réacteur, turbine et toutes les galeries souterraines.
Par conséquent, la contamination de l’eau des nappes phréatiques atteint des records : jusqu’à 3,1 millions de becquerels par litre en bêta total dans le puits 1-16.

Les cuves de stockage de l’eau contaminée continuent d’être construites au rythme d’une tous les deux jours. À la va-vite, avec des matériaux de mauvaise qualité… TEPCO rencontre également d’énormes difficultés avec la station de traitement des eaux contaminées « ALPS ». L’unité, initialement prévue pour septembre 2012, est toujours en cours de test. Elle devrait avoir une performance de traitement de 750 m3 par jour, mais la réalité est plus proche de 560 m3 par jour, en raison des nombreux arrêts de maintenance et de contrôle. Elle génère aussi d’énormes quantités de déchets radioactifs pour lesquels il n’y a pas de solution, car elle ne traite notamment pas le tritium.

Pour des mises à jour quotidiennes de la situation à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, consultez le site de l’ACRO

La population reste mobilisée, gardons les yeux ouverts !

Des dizaines de milliers de personnes ont participé à une manifestation antinucléaire à Tokyo dimanche dernier. Dans le monde entier, des citoyens se rassemblent.

Familles, agriculteurs, maires de villes devenues inhabitables … Tous veulent témoigner, encore et encore pour ne pas parler de la catastrophe de Fukushima au passé, pour que le monde se rappelle ! Car la catastrophe nucléaire, environnementale, et humaine continue, elle ne s’est pas arrêtée le 12 mars 2011.

Lire ou relire les récits des rencontres de Jean-François Julliard à Fukushima