FarmErasmus : des agriculteurs belges et italiens invités par leurs collègues français

Notre programme « FarmErasmus », dont l’objectif est de permettre à des agriculteur-trice-s de différents pays européens de partager leurs connaissances sur l’agriculture écologique, a débuté la semaine dernière. Nous avons chaussé nos bottes pour suivre Anne-France, Giorgia, Marteen et Raphaël, quatre fermiers de Belgique et d’Italie en visite dans une ferme vendéenne.

Giorgia et Raphaël examinent les semis du GAEC Ursule. © Théophile Trossat / Greenpeace

Échange de bonnes pratiques

C’est Sébastien, l’un des quatre associés, qui nous a accueillis au sein du GAEC (Groupement agricole d’exploitation en commun) Ursule, à Chantonnay en Vendée. Cette ferme, qui s’étend sur 270 hectares, emploie 4 à 5 personnes. Ils cultivent une grande variété de céréales et d’oléo-protéagineux, élèvent des bovins et de la volaille.

Bien qu’ils aient acquis pas mal de terres ces dernières années, le nombre d’employés par hectare est resté stable. Sébastien, le directeur, et ses collègues ne cherchent pas à maximiser leur production, mais plutôt à l’optimiser. Cette façon de voir les choses, qui va à l’encontre du courant dominant, interpelle Anne-France qui compte convertir sa ferme (culture de céréales et élevage de moutons) à l’agriculture biologique.

Les parents de Maarten ont une exploitation laitière à Stekene (province de Flandre-Orientale) et sont en pleine conversion vers l’agriculture biologique. Maarten voudrait découvrir comment ils peuvent promouvoir la biodiversité sur leurs terres.

Partager les ressources avec ses voisins

Sébastien explique à ses hôtes le fonctionnement du toaster de graines. © Théophile Trossat / Greenpeace

Sébastien partage avec quelques fermiers des environs un appareil innovant qui sert à faire griller diverses graines, ce qui permet de préserver leur valeur nutritive et de faciliter la digestion animale. Grâce à ce toaster, Sébastien et ses collègues sont autonomes pour nourrir leurs animaux, ils ne dépendent pas d’achats extérieurs.

Autre exemple de technologie et de partage : leur tracteur qui est équipé d’un GPS pour travailler avec une précision de 2 cm, a été partagé par plusieurs fermes pour réduire le coût.

Raphaël, éleveur de vaches en bio dans la province de Liège, voudrait resserrer les liens entre agriculteurs au niveau local. Même s’il se rend compte qu’il ne suffira pas de copier fidèlement le modèle que le GAEC Ursule développe depuis 30 ans, il assure qu’il n’oubliera pas ces exemples concrets de partage et la dynamique de groupe qui s’est instaurée autour de Sébastien et ses associés.

Favoriser la biodiversité

Photo de groupe des visiteurs et de leurs hôtes. © Théophile Trossat / Greenpeace

Si le GAEC Ursule est labellisé agriculture biologique, Sébastien et ses collègues vont plus loin que le simple cahier des charges : non seulement ils favorisent la diversité dans les espèces végétales qu’ils cultivent – aussi bien entre les parcelles qu’à l’intérieur même de chaque parcelle – sans oublier dans les races d’animaux qu’ils élèvent. Ils ont également planté au total 45 km de haies, se sont lancés dans l’agroforesterie et ont des ruches pour encourager la pollinisation. Ils pratiquent en permanence la rotation des cultures sur leurs terres pour maintenir le sol en bonne santé et maîtriser les adventices.

Ces méthodes permettent d’enrichir la biodiversité et pourraient être utiles à la famille de Maarten, dont l’exploitation laitière est en pleine transition vers l’agriculture biologique.

« Ah, c’est avant tout une question de volonté ! »

Jacques, fondateur du GAEC Ursule, explique sa démarche à ses visiteurs attentifs. © Théophile Trossat / Greenpeace

Un journaliste du quotidien belge L’Avenir, qui accompagnait les agriculteurs, se demandait si les agriculteurs conventionnels, prisonniers d’un système caractérisé par l’industrialisation et les économies d’échelle, ont le temps et la place nécessaires pour introduire ces techniques écologiques dans leur exploitation. « Ah, c’est avant tout une question de volonté ! », lui a répondu Jacques, le beau-père de Sébastien et fondateur du GAEC, qui a eu le courage de nager à contre-courant il y a trente ans…

À Greenpeace, nous pensons qu’en donnant l’occasion à un plus grand nombre d’agriculteurs conventionnels de s’initier à des pratiques agroécologiques, on permettrait à une agriculture respectueuse de l’environnement de faire un bond en avant. C’est pourquoi les initiatives comme FarmErasmus et bien entendu la plate-forme farmers2farmers.org ont été développées par des agriculteurs, pour les agriculteurs.