Face à l’ultimatum climatique : Sarkozy, leader ou loser ?

Paris, le 18 juin – Hier dans la soirée, juste avant le départ de Nicolas Sarkozy pour le Sommet d’été des Chefs d’Etat de l’Union européenne à Bruxelles, des militants de Greenpeace ont projeté un message à son intention à proximité de la Tour Eiffel. A côté du visage du Président de la République on pouvait lire « Climat. Leader ou loser ? ». Par cette question, Greenpeace interpelle le Chef de l’Etat français qui se rend aujourd’hui à Bruxelles pour discuter avec ses homologues, entre autres sujets, du financement de la lutte contre les changements climatiques.

« Il y a plus de 6 mois l’Union européenne a promis un soutien financier pour les pays en développement, premières victimes des impacts inévitables des changements climatiques… Depuis les réunions s’enchaînent, à Bruxelles, à Bonn, à Londres, à Luxembourg, mais on ne voit toujours rien venir. L’impact sur la négociation du Traité de Copenhague est manifeste : l’Europe, silencieuse, perd son leadership et dans le même temps la confiance des pays en développement, lassés des promesses non tenues des pays riches », constate Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace France.

Nicolas Sarkozy déclarait il y a tout juste un mois lors d’un discours prononcé à Urmatt, dans le Bas-Rhin, à propos du Sommet de Copenhague : « La minute de vérité. On verra à ce moment-là les pays du monde qui sont au rendez-vous de l’histoire ou ceux qui ne le veulent pas et ils devront l’assumer devant l’opinion publique internationale ». Pour l’heure, entre les discours incantatoires et les actes, la distance est immense. « La France et l’Europe ne sont clairement pas prêtes pour honorer ce rendez-vous. Quand d’un côté les Etats-Unis, le Canada, le Japon, l’Australie, la Russie et la Nouvelle-Zélande mettent en péril les chances d’un accord ambitieux à Copenhague, alors que les pays en développement, prêts à s’engager, attendent un signal des principaux pollueurs, l’Europe reste sur la touche. A moins de 6 mois de Copenhague, l’Europe doit choisir son camp ».

Pour aider les pays en développement à faire face à la crise climatique, Greenpeace évalue les besoins à 110 milliards d’euros chaque année. Pour être crédible, un tel engagement devra s’accompagner de la création d’un mécanisme financier contraignant et pérenne pour lever des fonds, comme la mise aux enchères des permis de polluer. « Les pays en développement sont lassés des promesses non respectées », constate Karine Gavand. « Aujourd’hui les pays industrialisés refusent de mettre de l’argent sur la table tant que les pays en développement n’auront pas proposé des plans d’action pour limiter leurs émissions post 2012. Sauf qu’ils n’ont versés que 50% des 172 millions promis pour financer les plans pour l’adaptation des pays les plus vulnérables, prévus dans le cadre de Kyoto avant 2012 ! La France elle-même n’a versé que le quart de sa contribution, soit 4,5 millions sur les 16 promis. Comment exiger de nouvelles actions des pays les plus pauvres sans avoir soutenu leurs premiers pas ? ».

Appel « Ultimatum climatique »
11 ONG, dont Greenpeace ont lancé il y a déjà un mois un appel au Président de la République française, l’Ultimatum climatique, lui demandant de prendre la tête du combat contre les changements climatiques en pesant de tout son poids pour que l’Europe s’engage clairement dans la voie d’un accord ambitieux à Copenhague en fin d’année. Cet appel est totalement inédit puisqu’il est l’œuvre d’organisations de défense de l’environnement, mais aussi d’organisations humanitaires, de défense des droits de l’homme, etc. Il vise à recueillir un million de signatures d’ici à la conférence de Copenhague pour montrer la mobilisation des citoyens français sur ces enjeux cruciaux.

Ultimatum climatique
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