TotalEnergies : une Assemblée générale au coeur de crises climatique, géopolitique et économique

TotalEnergies tient aujourd’hui son assemblée générale annuelle. Si la multinationale pétro-gazière célèbrera certainement auprès de ses actionnaires ses profits exceptionnels, Greenpeace France rappelle qu’elle est au cœur d’un système qui alimente les crises climatique, géopolitique et économique.

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Dernière manifestation visible du changement climatique, la France subit un épisode de canicule inédit pour un mois de mai. La sortie des énergies fossiles se fait donc chaque jour plus urgente. Pourtant, TotalEnergies poursuit une stratégie d’intensification de ses activités hydrocarbures et continue d’investir massivement dans le pétrole et le gaz, au détriment des énergies renouvelables.

Dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, TotalEnergies a profité de la hausse des prix du pétrole pour engranger 5,8 milliards de dollars de profits au premier trimestre 2026, soit près de 2 milliards de dollars supplémentaires (+51 %) qu’à la même période en 2025. L’entreprise a d’ores et déjà annoncé une augmentation des versements de dividendes à ses actionnaires de 5,9 % par rapport à 2025.

« Quand la population française suffoque sous des températures inédites pour un mois de mai et voit son pouvoir d’achat plombé par les factures de carburant et d’énergie, les profits de grandes entreprises polluantes, comme TotalEnergies, explosent. Pendant qu’une poignée d’actionnaires s’enrichit, ce sont les populations qui paient. C’est à l’Etat de remédier à cette situation indigne, en mettant en place des mesures de redistribution fiscale pour faire payer les responsables et protéger les ménages », explique Sarah Roussel, chargée de campagne Climat et Energies fossiles à Greenpeace France.

Greenpeace demande à ce que l’ensemble des profits de l’industrie fossile soit davantage taxé, à l’échelle nationale, européenne et internationale. Au niveau national, le gouvernement doit taxer les profits en faisant mieux que la “contribution temporaire de solidarité” sur les superprofits mise en place en 2022-2023 qui n’avait rapporté que 68 millions d’euros, et taxer les dividendes et les rachats d’actions. Les multinationales comme TotalEnergies ayant encore le choix de la localisation de leurs bénéfices, la France doit porter le sujet au niveau européen lors du sommet des chefs d’Etat qui aura lieu les 18 et 19 juin et changer de position pour défendre de nouvelles règles fiscales internationales lors de négociations sur la Convention en matière de coopération fiscale, à l’ONU, au mois d’août.

« Ce sont tous les profits des multinationales polluantes qui doivent être davantage taxés. Parce que ces profits ont un coût climatique, social et humain immense et que les personnes en première ligne doivent être protégées. Parce qu’il est essentiel de rendre les activités polluantes moins rentables pour réorienter les investissements vers des alternatives durables et accélérer la fin de notre dépendance aux énergies fossiles. Cela doit passer par une véritable justice fiscale et une redistribution des richesses à la hauteur des enjeux climatiques et sociaux », plaide Sarah Roussel.  

Note aux rédactions 

Des représentantes de Greenpeace France seront présentes à l’Assemblée générale de TotalEnergies pour y poser des questions.