Ce 29 octobre 2026, l’Alliance écologique et sociale (AES), collectif d’organisations syndicales et écologistes, publie son Manifeste pour une écologie protectrice. Une écologie qui protège à la fois les travailleurs et les travailleuses, les plus précaires et l’environnement, tout en dessinant un avenir de progrès social et d’émancipation.
À travers ce manifeste, l’AES formule cinq priorités pour répondre à l’urgence sociale et écologique : l’emploi, les services publics, les transports, la santé et le logement. Parce que les enjeux écologiques et sociaux sont intimement liés, l’AES appelle à agir sur l’ensemble des conditions de vie et de travail : de l’emploi aux services publics, en passant par les transports, la santé et le logement. Cinq priorités qui, ensemble, dessinent les contours d’une bifurcation écologique juste et protectrice ; ainsi qu’un plan de financement de 70 milliards. Ce sont cinq propositions qui sont versées au débat de 2027, cinq propositions qui serviront de support aux mobilisations que nous construirons avec nos alliés dans les neuf prochains mois.
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Reconvertir l’économie en prenant soin des salarié·es
La reconversion de l’appareil productif ne peut se faire au prix de l’emploi et des droits des salarié·es. Elle doit au contraire leur donner de nouveaux pouvoirs collectifs pour décider des transformations de leur entreprise, avec des garanties sur l’emploi, les salaires, la formation et les droits acquis. L’AES propose ainsi un nouveau statut du salarié fondé sur une sécurité sociale professionnelle, garantissant la continuité du salaire et des droits d’un emploi à l’autre, en évitant la case chômage. Les entreprises et les pouvoirs publics doivent prendre en charge les coûts de ces reconversions.
Rendre accessibles les services publics
Une écologie protectrice passe par des services publics de qualité et de proximité. Ils doivent être accessibles à toutes et tous, partout sur le territoire. Leur prix doit rester inférieur à celui du secteur privé, et certaines missions d’intérêt général doivent leur être réservées pour les émanciper du marché. C’est une condition essentielle de la justice sociale et de la bifurcation écologique. Alors que les services publics reculent dans de nombreux territoires, l’AES propose de réorienter les financements de projets inutiles et coûteux vers leur renforcement. Cela passe par des recrutements et par des moyens supplémentaires, notamment pour les opérateurs essentiels à la transition écologique et sociale, comme l’Office français de la biodiversité (OFB) et l’Ademe.
Réinvestir dans les transports en commun
Dans les territoires ruraux et périurbains, le manque d’alternatives à la voiture enferme des millions de ménages dans une dépendance aux énergies fossiles. Plus de 70 % des salarié·es utilisent leur voiture pour se rendre au travail, selon l’Insee. Pour une transition juste, il faut donc développer une offre de transport accessible, fiable et abordable. Le train doit en redevenir la colonne vertébrale. L’AES propose de réorienter les investissements publics consacrés aux projets routiers vers le ferroviaire, notamment les lignes de desserte fine des territoires, et vers les transports en commun.
S’affranchir des pesticides
Les dangers des pesticides pour la santé et la biodiversité ne sont plus à démontrer. Sortir de cette dépendance est un impératif pour construire un autre modèle agricole, qui protège les paysan·nes, les travailleur·euses, la santé et l’environnement.Un modèle au service de la souveraineté alimentaire et non des profits de l’agro-industrie. L’AES propose d’interdire les pesticides les plus dangereux et les perturbateurs endocriniens, de protéger les ressources en eau potable et de renforcer la recherche publique sur les alternatives. Cette transition doit aussi garantir de nouveaux droits pour les travailleur·euses des secteurs concernés et reconnaître la responsabilité des entreprises et des décideurs qui mettent en danger la santé et l’environnement au nom des profits.
Engager une rénovation énergétique juste des logements
La France compte 5,8 millions de passoires thermiques. Pour leurs habitant·es, elles sont synonymes de précarité énergétique, de logements difficiles à chauffer l’hiver et à refroidir l’été, ainsi que de factures élevées. Elles sont aussi un enjeu climatique majeur : le secteur résidentiel représente une part importante de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre. Rénover massivement les logements est donc une urgence sociale et climatique. L’AES propose une rénovation financée par les pouvoirs publics, sans répercussion sur les loyers et sans reste à charge pour les ménages les plus modestes.
Pour financer la bifurcation sociale et écologique, l’AES explore six mesures prioritaires pour dégager près de 70 milliards d’euros chaque année, faire baisser les inégalités, réduire la capacité de polluer des plus riches et renforcer le consentement à l’impôt, pilier de la démocratie.
L’Alliance écologique et sociale (AES) est née en janvier 2020 de la volonté de syndicats et d’associations de changer les termes du débat et de défendre une vision profondément sociale et environnementale de notre société. Ce collectif était initialement baptisé Plus jamais ça (PJC). Convaincu·es que préservation de la planète et création d’emplois, fin du mois et fin du monde ne s’opposent pas, nous avons décidé de porter ensemble des propositions fortes de rupture avec le système capitaliste défaillant.
Nos combats sont basés sur des actions concrètes, collectives et ancrées dans la réalité des luttes. Ils apportent une réponse aux crises que notre société traverse, qu’elles soient sociales, environnementales, sanitaires, économiques ou démocratiques. Rassemblant des collectifs locaux, des syndicats et des associations, l’AES est pilotée par sept organisations : les Amis de la Terre, Attac, la Confédération paysanne, la FSU, Greenpeace France, Oxfam France et Solidaires.