Greenpeace France prend acte de la démission de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, à la suite de son échec cuisant à peser contre le vote de la loi d’urgence agricole. Pour Greenpeace, cette démission est surtout symptomatique du bilan désastreux d’une décennie de macronisme concernant l’écologie.
Lundi soir, lors du vote de la loi d’urgence agricole à l’Assemblée nationale, Monique Barbut a brillé par son absence – tout comme Sébastien Lecornu, à l’initiative de cette loi. Une absence remarquée et contestée, qui en dit long sur la politique d’Emmanuel Macron et de ses gouvernements successifs sur l’écologie : un mépris total et des reculs qui marqueront l’histoire. Même Agnès Pannier-Runacher et Elisabeth Borne, anciennes ministres de la Transition écologique, étaient opposées à l’introduction des néonicotinoïdes dans cette loi mais n’ont pas pu faire entendre raison à leur propre camp.
“Le gouvernement a refusé d’étudier l’amendement de retrait de l’article sur la réintroduction de pesticides interdits : c’est une gifle pour la ministre, qui en tire les conséquences, explique Julien Rivoire, chargé de campagne Agriculture à Greenpeace. Le retour de pesticides nocifs pour le développement humain, notamment des enfants, était l’unique ligne rouge de Monique Barbut, qui avait cédé sur la préservation de l’eau dès la version initiale de ce texte. Cette démission d’une ministre, totalement fantomatique depuis son arrivée au gouvernement, est le résultat d’arbitrages du macronisme à sens unique, toujours en faveur des lobbies et, en l’espèce, de l’agro-industrie, contre la santé, l’environnement et la justice sociale.”
Force est de constater que sur les trois lois agricoles votées ces dernières années, le ministère de l’Agriculture n’a fait que piétiner les périmètres d’autres ministères (ministères de la Transition écologique ou encore de la Santé) sur des sujets tels que les pesticides, l’ANSES, les ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement) ou la politique de l’eau. Pour Greenpeace, le message est très clair : les agro-industriels dictent leurs lois à un ministère de l’Agriculture qui s’empresse de dérouler le tapis rouge à un modèle agricole toujours plus industriel et à bout de souffle.
Pour rappel, lors de sa campagne de 2022, Emmanuel Macron promettait de « faire de la France une grande nation écologique », de mener un “quinquennat (qui) sera écologique ou ne sera pas”, en brandissant la notion de « planification écologique ». Sur la page “écologie” du site de l’Elysée, il est indiqué, en grosses lettres : “L’écologie, combat du siècle”. Des mots qui laissent un goût amer lorsque l’on tente de faire le bilan des ministres successifs de la Transition écologique.